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PRÉPARATION DES MALADES A L'OPÉRATION

Chez les arthritiques non infectés, qui éliminent une quantité d'urine insuffisante tirs chargée en sels, il est utile, pendant quelque temps avant l'opération, de leur faire suivre un régime alimentaire sévère, de leur donner des diurétiques aqueux et même des médicaments qui, comme la pipérazine ou le lycétol (de 1 gramme à 1 gr. 50 par jour en trois fois, avant les repas), diminuent la formation de l'acide inique. Dans ces cas, il est avantageux, pendant les 8 jours qui précèdent l'opération, de faire prendre, le malin à jeun, deux ou trois verres d'eau d'Évian, de Contrexéville, de Vittel, ou une autre eau minérale analogue.

Chez les malades dont les urines sont infectées, on s'efforcera, par l'antisepsie interne, de rendre les urines plus propres. Les moyens les plus appropriés sont ici les eaux minérales sus-indiquées prises à jeun; dans la journée, les tisanes diurétiques, telles (pie celles de stigmates de maïs, de chiendent, de queues de cerises. En même temps, on donnera, à l'intérieur, de l'urotropine à la dose de 1 gr. 50 à 2 grammes par jour, prise en trois fois.

Dans certains cas particuliers, il y aura grande utilité à faire directement le lavage du bassinet, au moyen du cathétérisme urétéral, pour opérer dans un milieu moins infecté. Ces lavages pourront être pratiqués, suivant les cas, à plusieurs reprises avant l'opération ou au moment même d'opérer. Je reviendrai sur ce point à propos de la néphrostomie et des opérations plastiques urétéro-rénales.

Avant d'opérer sur un rein, toutes les fois que cela se peut, je pratique le cathétérisme urétéral et je fais l'étude fonctionnelle des deux reins. Cette exploration ne sert pas seulement à préciser le diagnostic et à mieux guider le choix de l'opération, elle donne encore au chirurgien la sécurité nécessaire pour changer, en cours d'opération, le plan qu'il avait conçu : une erreur de diagnostic, un accident opératoire peuvent commander d'enlever le rein lorsqu'on pensait le conserver.

Voici, par exemple, le cas d'un malade, chez qui je pratiquai la néphro-lilhotomie : la pierre contenue dans le bassinet étant enlevée, je sentis, vers le pôle supérieur du rein, une induration suspecte; je l'incisai pour l'explorer et je constatai l'existence d'un épithélioma intra-parenchymateux de la grosseur d'une noisette. J'enlevai immédiatement le rein, au grand bénéfice de mon malade, qui reste guéri depuis six ans; or, si je n'avais pas connu d'avance l'étal de l'autre rein, je n'aurais pu pratiquer la néphrostomie. D'autres fois, on se proposera de pratiquer la simple néphrectomic et l'examen direct du rein pourra faire pencher vers l'extirpation de l'organe : ici la décision, en .cas d'opération, dépendra de ce (pu; l'on sait de l'état de l'autre rein.

Préparation immédiate à l'opération.

La veille de l'opération, on donne an malade une purgation saline — un verre d'eau de Rubinat ou de Carabana, une limonade purgative, etc.

Dans l'après-midi de ce jour, le malade prend un grand bain simple de propreté.

Après le bain, la région opératoire sera, si besoin est, rasée, puis lavée successivement au savon et à la brosse, à l'éther et à l'alcool. On mettra ensuite des compresses aseptiques, un peu de coton et un bandage de flanelle. Ce pansement restera en place jusqu'au moment de l'opération.

Au moment même de l'opération, le malade sera de nouveau lavé au savon, à l'éther et à l'alcool.

Dans tous les cas, l'asepsie de la peau sera faite, en largeur, de la colonne vertébrale au nombril, en hauteur, depuis les 4 ou 5 dernières côtes, jusqu'à l'arcade crurale et au-dessous de la crête iliaque. Il faut toujours prévoir des difficultés opératoires qui peuvent obliger, en cas d'incision lombaire, à agrandir l'incision du côté de l'arcade crurale ou à pratiquer une résection costale.

Comme d'habitude, le champ opératoire sera largement protégé par des champs aseptiques.

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