PRECAUTIONS PENDANT [./OPERATION
mènes, auxquels contribuent le shock opératoire et l'action directe et indirecte de l'opération rénale.
D'autres phénomènes que l'oligurie plus ou moins prononcée démontrent l'action du chloroforme sur les reins, tels l'albuminurie et la cylindrurie transitoires qu'il n'est pas rare d'observer. On a même dit que l'albuminurie avec desquamation épithéliale plus ou moins abondante est constatée après la chloroformisation. Dans un travail, fait avec la collaboration d'Erlzbischoff, je démontrerai prochainement que ces phénomènes manquent souvent lorsque les reins ne sont pas malades et qu'on ne les observe même pas toujours, malgré des lésions chirurgicales importantes des reins.
Quoique variable dans ses manifestations, l'action nuisible du chloroforme sur les reins n'est pas douteuse ; elle nous indique de ne pas prolonger l'aneslhésie au delà du strict nécessaire. Dans ce but, sauf lorsque le malade est très craintif, je fais endormir le patient sur la table môme d'opération ; la toilette du champ opératoire se fait pendant l'anesthésie, avant qu'elle soit complète, et je fais arrêter la chloroformisation avant de finir complètement l'opération, lorsque je pense que le malade dormira suffisamment de temps pour ce qui me reste à faire.
D'habitude, je donne le chloroforme avec de l'oxygène, en me servant de l'appareil de Roth.
Chez les malades très nerveux, on peut faire, avec avantage, une injection sous-cutanée de 1 centigramme de morphine une demi-heure avant la chloroformisation. Il est classique de dire que l'emploi de la morphine est dangereux en chirurgie rénale, parce que ce médicament diminue la sécrétion rénale. Une longue expérience m'a au contraire démontré que l'emploi modéré de la morphine ne présente aucun inconvénient, soit avant, soit après l'opération.
.lai essayé systématiquement d'endormir les malades au chloroforme après injection sous-cutanée de 1 centigramme de morphine et de 1 milligramme de seopolamine : je n'ai trouvé aucun avantage à ce mode d'anesthésie; pendant l'opération, le saignement est plus abondant; après l'opération, la torpeur du malade est parfois trop grande.
.le ne saurais préciser la valeur de la rachistovaïnisation en chirurgie rénale. J'ai employé ce mode d'anesthésie chez 110 urinaires. Sur ce nombre 7 n'ont pas eu d'anesthésie ou, insuffisamment insensibilisés, ont dû être endormis au chloroforme. Dans les autres cas, l'anesthésie a été bonne, et de durée suffisante, mémo chez des malades oui oui subi des résections costales.
A la suite de l'anesthésie, j'ai constaté que les malades n'avaient pas de shock opératoire, ce dont j'ai eu surtout à me louer chez ceux qui ont été opérés pour anurie.
D'un autre côté, mes opérés, que nous avons systématiquement étudiés avec Ertzbischoff, ont souvent présenté de l'albuminurie et de la cylindrurie (42 cas sur 62).
Chez de rares malades, nous avons observé une céphalée persistante, malgré l'emploi de la ponction lombaire qui réussit le plus souvent à calmer les maux de tète.
Deux fois, nous avons vu des phénomènes syncopaux pendant l'anesthésie; une seule fois, ils ont présenté un tel caractère de gravité que nous avons cru perdre le malade : dans tous les cas, les injections souscutanées de caféine et l'injection intraveineuse de sérum ont eu raison des accidents.
Il est difficile de porter aujourd'hui un jugement sur la valeur comparée de la chloroformisation et de la stovaïnisalion en chirurgie générale ; mais il faut tenir grand compte de la série d'accidents qui ont été signalés à la Société de Chirurgie de Paris, dans la discussion de 1908. Mon expérience personnelle ne me permet pas de préciser la valeur de la rachistovaïnisation en chirurgie rénale. Pour le moment ce procédé d'anesthésie me parait surtout utile dans le cas d'anurie.
Voici le procédé que J'ai employé : ponction lombaire entre la 5e et la 4e ou la c2e et la 3e vertèbre lombaire; laisser écouler en moyenne 15 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien (plus, s'il s'écoule en jet montrant une forte tension) injecter ô à 7 centigrammes de stovaïne Billon, à l'aide d'une seringue à piston en verre, de Liïer. La solution injectée est à la concentration de 10 centigrammes par centimètre cube. L'anesthésie est habituellement complète dix minutes après "mjeclion; elle se prolonge, en moyenne, pendant trois quarts d'heure. Môme lorsque l'insensibilité est complète, il n'est pas rare que le malade se plaigne un peu si Ton attire le rein à l'extérieur.
Antisepsie pendant l'opération. — L'asepsie est suffisante dans la presque totalité des opérations rénales, comme elle l'est en chirurgie générale. On ne doit qu'exceptionnellement se servir des antiseptiques: ces médicaments ont ici une action nuisible particulière sur les délicats éléments histologiques du rein. Les antiseptiques toxiques tels que le sublimé, l'acide phénique ou l'iodoforme, peuvent encore présenter de graves inconvénients par la facilité extrême de leur absorption, au niveau du rein et de l'atmosphère périrénale : il va quelques années, lorsque l'antisepsie régnait en maîtresse en chirurgie, on a eu a déplorer des intoxications graves el des morts en opérant sur les reins.
Lorsque pendant l'opération il est utile de laver le bassinet ouvert et infecté, je me sers habituellement de la solution de nitrate d'argent au I pour 1000, efficace et inoiïensive. Lorsque après l'opération il est nécessaire de laver la plaie infectée, IVau oxygénée, non toxique, esl le
ni antiseptique que j'emploie.
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