‹ Médecine pratiqueChapitre 1 sur 63 · TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

TRADUCTEUR

L'ouvrace dont j'offre au Public la traduction , a pour titre en latin : Ratio medendi in schold practicá Vindobonensi.

J'ai rendu ces mots par ceux de Médecinepratique , pour suivre l'exemple des traducteurs de l'ouvrage de Stoll, dont celui-ci est une continuation, comme l'auteur l'annonce lui-méme dans sa Préface.

En effet, Stoll a décrit les maladies qu'il avait observées depuis 1776 jusqu'en 1779 (1) , dans l'hospice de clinique de Vienne , où il était professeur de Médecine-pratique ; Hildenbrand, son successeur, a suivi son exemple, et nous a donné la description des maladies observées en 1807 , 1808 et 1809.

(1) Les éphémérides des années 1780 , 1781 et 1782, n'ont été publiées qu'après la mort de Stoll par Eyerel,-

ij DISCOURS

La Médecine- pratique de Stoll a acquis une juste célébrité; celle de son successeur et de son éléve ne peut manquer de fixer l'attention des médecins.

Jai cru me rendre utile en publiant la traduction d'un ouvrage peu connu en France, et qui cependant mérite de l’être* La pratique sage et prudente de lauteur , contraste d'une manière frappante, avec cette pratique perturbatrice et téméraire de plusieurs de ses compatriotes qui se sont laissé égarer par de fausses théories. On ne verra dans cet ouvrage aucune de ces hypothéses brillantes qui ont fait tant de bruit en Allemagne dans ces derniers temps ; on n'y trouvera par-tout que les résultats de l'expérience la plus sévère. ;

Hildenbrand s'éléve sans cesse contre la théorie et sur-tout contre la pratique funeste des sectateurs de Brown, qui ont tant prodigué les stimulans. Il a certainement très-bien connu tous lesabus que l'on faisait des toniques dans les affections fébriles.

PRÉLIMINAIRE, . . ij

Il commence dans cet ouvrage par décrire les maladies épidémiques et sporadiques de chaque mois ; les cas particuliers les plus remarquables sont rapportés : viennent ensuite les ouvertures de cadavres qui sont toujours accompagnées de réflexions pratiques pleines d'intérêt.

Enfin , l'auteur termine par des observations sur certaines maladies , et sur différens points obscurs de pathologie et de thérapeutique.

On doit bien regretter qu'il n'ait pas continué cet ouvrage, et quil n'ait publié que pendant trois années les résultats de sa pratique. On y aurait trouvé une source féconde de faits instructifs et d'observations exactes bien propres à enrichir la Médecine.

Quand on écrivait les livres de Médecine en latin, les productions les plus remarquables qui paraissaient dans un pays, étaient de suite répandues par-tout.

Aujourd'hui que chaque peuple écrit dans sa langue naturelle, nos libraires ne font plus venir les livres étrangers; et le petit

lv | DISCOURS

nombre méme de ceux qui sont publiés en latin deviennent rares chez nous : il est difficile de se les procurer. Ainsi , les ouvrages les plus dignes d’être appréciés restent 1nconnus. Les traductions sont donc bien utiles, en mettant entre les mains de tout le monde des livres qui sans cela ne seraient connus que d'un trés-petit nombre.

Le devoir principal d'un traducteur est d’être fidèle : j'ai donc tâché de rendre aussi exactement qu'il m'a été possible les pensées de mon auteur. Dans un ouvrage tel que celui-ci, on doit toujours sacrifier l'élégance à la fidélité. On y trouvera peut-étre, dans un très- petit nombre d'endroits , duel vues subtiles de la théorie dynamique, et quelques points un peu obscurs. Je prie donc ceux qui me liront de ne pas oublier que .je traduis un auteur étranger, dont les idées ne peuvent pas étre toujours en harmonie parfaite avec les nôtres.

J'ai joint quelques notes à cette traduction: il eût été facile de les multi-

Ve

PRÉLIMINAIRE. v plier; j'ai cru au contraire devoir les réduire. Tantót jai ajouté quelques faits

pratiques à ceux que rapporte l'auteur ;

d'autres fois j'ai rapproché ses opinions de celles des plus célébres médecins francais et étrangers. Enfin, j'ai extrait de ses autres ouvrages quelques passagesqui pouvaient éclaircir ou compléter sa doctrine.

Hildenbrand suivit à Vienne dans sa jeunesse les lecons de Stoll. On peut voir dans son premier chapitre , quel tribut de reconnaissance il paye à son illustre maitre. Ensuite il pratiqua la. Médecine

en Galicie , où il enseigna la Clinique

pendant treize ans. Appelé enfin à Vienne en 1806 , il y fut nommé professeur de Clinique , et s'acquitta de ses fonctions avec une grande distinction. Mais les louanges d'un traducteur pourraient peutêtre paraître suspectes, je préfère m'appuyer du témoignage d'un de nos plus célèbres médecins , de M. le professeur Pinel, dont voiciles paroles: « Les ou- » vrages publiés par De Haen, Storck , » Stoll, attestent combien l'école de

v] DISCOURS

» Vienne s'est distinguée par la sévérité » de son goût ; et elle fleurit encore par » les soins et le savoir profond du pros » fesseur Hildenbrand. Ce savant mé:

» decin a soin d'indiquer dans ses ins- » titutions l'ordre à établir dans les » écoles cliniques, la méthode d'explo- » rer les caractères distinctifs des mala- » dies, de parvenir à les déterminer avec » précision, et de fixer les règles du trai- » tement.» (Nosographie philosophique, 5.* édition, tom. 1, pag. xcv]. )

Aprés avoir contribué par sesouvrages et le nombre de ses élèves à la gloire de l'école de Vienne, déjà si célèbre , Hildenbrand mourut en 1818 , ayant été professeur de Clinique pendant vingt-six ans, tant en Galicie que dans la capitale de l'Autriche.

Voici la liste de ses principaux écrits :

Un Traité de la rage, Vienne 1797; un autre Sur la peste , Vienne 1798: tous deux en allemand.

Institutiones Pharmacologie sive materiæ medice , Viennae 1802 , 1n-0*.

PRÉLIMINAIRE. vij

Initia institutionum clinicarum, 1807 , in-6°. |

Ratio medendi in scholá practicd Vindobonensi , Vienna 1809, 1814, 2 volumes in-8°.

Traité du Typhus,en allemand, Vienne 1810, traduit en français par M. Gasc, Paris 1811, in-8*. |

Institutiones practico Medicæ | rudimenta. nosologiæ et therapiæ specialis complectantes , Viennæ 1816 , 1821 , 1822, 3 volumes in-8°.

Hildenbrand n'a publié lui-même que le tome 1.*' de cet excellent ouvrage. Son fils, qui est maintenant professeur de Clinique à Pavie, s'est chargé de le continuer, d'après les manuscrits de son père ; il en a déjà fait paraître les tomes 2 et 3, qui seront suivis de plusieurs autres.

Dans le 1.* volume l’auteur donne des généralités sur les fièvres; dans le 2.° il traite des fièvres intermittentes et des in-

flammations en général; dans le 3.°, des inflammations en particulier. Par-tout il parle de Dichatet des médecins francais

viij DISCOURS de son école avec les plus grands éloges , comme on peut le voir par quelques passages cités textuellement dans mes notes. | Hildenbrand commence son premier chapitre par faire l'histoire de l'Institut clinique de Vienne. J'ai cru me conformer à son plan, et compléter son travail, en donnant ici un apercu historique sur l'enseignement de la Médecine clinique aux différentes époques de l'art , et sur la fondation des principales cliniques de l'Europe. On ne trouve presque rien sur un sujet aussi intéressant dans les historiens de la Médecine, et dans Sprengel lui-même (1).

Si une science peut se glorifier d'une haute antiquité , c'est certainement la Médecine ; en effet, elle est née immédiatement du besoin. La vue du premier

(1) Il existe cependant sur ce sujet, dans la collection des Thèses de la Faculté de Paris , une Dissertation bien faite, par M. Bruté ,, intitulée : Æssaë sur l'histoire et les avantages des institutions cliniques , 1803 , in-8°,

PRELIMINATRÉ. ‘1x homme qui fut malade dut nécessairement inspirer à ceux qui l'entouraient , l'idée de chercher un remède à ses souffrances. On fit de-là plusieurs tentatives plus ou moins grossières, sans doute :

quand quelques-uns avaient réussi, on en conservait la mémoire ; et ceux qui connurent le plus grand nombre de ces pratiques réputées salutaires, furent les premiers médecins. |

On peut faire remonter l'origine de la Médecine clinique à l'usage qu'avaient les anciens d'exposer leurs malades sur les places publiques, afin de consulter les passans qui s'arrêtaient près d'eux , et de leur demander ce qu'ils avaient fait ou vu faire dans des cas semblables. Cet usage a existé chez plusieurs peuples trés-anciens ; mais principalement chez les Egyptiens, les Dabyloniens , les Grecs, les Espagnols, les Portugais, les Ecossais, comme l’attestent Hérodote, Strabon, Plutarque , Maxime de Tyr et Sozomène. Les Babyloniens en avaient méme fait une loi, au rapport d'Héro-

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