EE
(1) Annalen des klinischen instituts in Berlin , 1 701.
(2) Autenrieth. Versuche fur die praktische Heilkund auf der klinischen anstalten vor Tubingen , 1807 , 1909.
(3) Wendts, Annalen des klinischen instituts auf der Akademie zu Erlangen, 1208.
(4) Clarus. Annalen des klinischen instituts in $. Jacobs hospitale in Leipsig, 1810.
(5) Remer. Annalen ji Klinischenanstall zu Helmslad! , 1809, in-8?.
EA
XXXY] DISCOURS
Dans plusieurs villes de l'empire de Russie , on trouve également aujourd'hui des écoles de clinique. Celle de Pétersbourg a été pendant quelques années dirigée par l'illustre J. Pierre Frank ; celle de Wilna, fondée en 1805, eut pour professeur Joseph Frank, qui occupe encore maintenant cette chaire avec distinction.
Il a publié une description des principales maladies qu'il y a observées depuis 1805 jusqu'en 1812. ( Acta instituti. clinici Wilnensis, 1808, 1812, in-8*.) Dans la préface de cet ouvrage, ce célèbre médecin abjure la doctrine de Brown, qu'il avait enseignée avec trop de zèle à Pavie pendant sa jeunesse.
Enfin, l'Amérique a aussi suivi cette noble impulsion donnée en Europe à létude de la Médecine-pratique. On a établi à New-York et dans plusieurs autres villes des Etats-Unis des cliniques très-bien dirigées.
Îl y avait déjà depuis long-temps des cliniques ; RR en Îtalie, en Hollande, en Angleterre, en Allemagne, et
PRÉLIMINAIRE. XXXVIJ la France était encore privée de ces utiles établissemens à l'époque de la révolution.
En vain plusieurs voix éloquentes s'étaient élevées pour en réclamer l'institution. La Société royale de Médecine avait présenté en 1790 un plan trés-sage sur cet objet. Il existait à la vérité une sorte d'enseignement clinique dans les hópitaux militaires de quelques villes du royaume. Les élèves à la fin de leurs cours avaient aussi la coutume de suivre dans leurs visites les médecins des hópitaux: quelques-uns de ces médecins cherchaient autant qu'ils le pouvaient à leur faciliter les moyens de s’instruire.
Combien ne doit-on pas d'éloges au zèle de M. Desbois de Rochefort, qui donnait à l'hospice de la Charité des lecons de clinique long-temps avant l'établissement des nouvelles écoles! L'illustre Corvisart, Son successeur et son ami , suivit dignement ses traces plusieurs années avant d'étre nommé professeur. De nombreux élèves vinrent s'instruire à cette école, qui fut si célébre dés sa naissance. On
Xxxviij DISCOURS
admirait le talent rare de l'illustre médecin dans le diagnostic des maladies les plus obscures, et sur-tout des affections organiques. Avec quelle sagacité ne prédisait-il pas d'avance le siége , l'étendue, la nature des lésions que l'on devait trouver dans les cadavres?
Enfin, lorganisation des nouvelles écoles de Médecine eut lieu en l'an 3, et l'enseignement clinique en fit partie.
L'école de Paris eut trois cliniques, l'une consacrée à la Médecine interne, l'autre à la Médecine externe, et la troisième aux cas rares et aux nouvelles méthodes de traitement.
La clinique interne établie à la Charité, eut pour professeurs MM. Corvisart et Leroux. Une salle de vingt-six lits y est destinée pour les hommes, et une de quatorze pour les femmes. Le professeur a le droit de choisir, parmi les malades recus dans l'hospice, ceux qui lui paraissent le plus propres pour l'instruction ; il les visite et les interroge chaque jour, et leur prescrit les médica-
PRÉLIMINAIRE. XXXIX mens en présence des élèves. On se réunit ensuite dans la salle des conférences , et li, le professeur fait une lecon sur les malades qu'on vient d'observer. ( Voyez les Réglemens de la Société d'instruction médicale , 1818, in-4?. )
La clinique chirurgicale fut confiée à MM. Boyer et Pelletan ; et ensuite à M. Dupuytren. On sait quels grands progrès ces hommes celébres ont fait faire à la chirurgie.
La clinique de perfectionnement eut pour professeurs MM. Dubois et Petit- Radel.
Une autre clinique interne fut établie ensuite à l'Hótel-Dieu , et fournit une source abondante d'instruction pratique.
Índépendamment de ces cliniques instituées dans l'école de Paris, plusieurs médecins des hópitaux , Jaloux de contribuer à l'instruction des élèves, donnèrent aussi des leçons de clinique, anims par un zèle au-dessus de tout éloge :
MM. Pinelet Landré-Deauvais montrérent
xl DISCOURS
les premiers , à la Salpétrière , ce noble exemple , qui fut suivi ensuite , pendant trop peu de temps, à l'Hôtel-Dieu par Bichat. Depuis plusieurs années MM. Cullérier, Jadelot, Fouquier , Lerminier, Alibert , Broussais, donnent aussi dans les divers hópitaux de Paris des lecons de clinique qui attirent un grand concours d'éléves. Ainsi, que de ressources n'offre pas cette vaste capitale pour l'étude de la Médecine-pratique! Jamais aucune ville de l'Europe n'en a présenté un aussi grand nombre. Si les étrangers nous ont devancés dans cette carrière , nous n'avons plus rien à leur envier, et nous les avons même bien surpassés.
Combien on doit regretter que tant d'illustres professeurs n'aient pas publié les observations recueillies dans leurs cliniques (1) ! De semblables ouvrages au-
(1) Nous possédons cependant déjà quelques ouvrages de ce genre; entr'autres la Médecine clinique de M. Pinel; l'Annuaire médico-chirurgical des hôpitaux de Paris, 1820,10-4.?;la Clinique chirurgicale de Mont-
PRÉLIMINAIRE. xlj raient sans doute bien puissamment contribué aux progrès de la science.
À Montpellier comme à Paris, il n'y avait point de clinique avant la nouvelle organisation. Plusieurs professeurs de cette illustre école avaient cependant senti depuis long-temps la nécessité de joindre l’enseignement pratique aux préceptes théoriques: ils crurent un instant avoir réussi. En effet, une chaire de Médecine-pratique fut créée dans cette université en 1715 , et confiée à Haguenot, qui devait faire des leçons de clinique à l'hôpital Saint-Éloy (1); mais cet utile
pellier , par M. Delpech ; la Clinique médicale de M.Lerminier, recueillie par M. Audral, etc. On trouve aussi plusieurs observations tirées des cliniques dans les divers journaux de médecine, et dans la collection des thèses de la faculté de Pour La Revue médicale est consacrée en partie, depuis le mois de janvier 1824 , à rendre compte des cliniques de l'Hótel-Dieu et de la Charité de Paris. Dans les cahiers qui ont déjà paru , onu trouve des extraits intéressans des cliniques de MM. Laennec et Récamier.
(1) Journal de l'école de Wr x 12013 Lom. 1 , pag. 38.
xlij DISCOURS établissement n'eut pas lieu : ce ne fut qu'un projet qui ne reçut point d'exécution. Enfin , M. Baumes donna le premier à Montpellier des lecons de clinique dans l'hôpital Saint-Eloi en l'an 2 (x). D'après la loi d'organisation de l'an 3, l'enseignement de la clinique médicale et chirurgicale fut également établi dans les écoles de Montpellier et de Strasbourg. La clinique interne de Montpellier eut pour premiers professeurs MM. Fouquet et Pétiot. On trouve des détails sur ses réglemens et sur la maniére dont on y instruit les élèves, dans le discours que Fouquet y prononca en l'an 2, et dans les programmes des cours de l'école de Montpellier publiés en l'an 3.
Enfin, les médecins des hópitaux donnent aussi dans plusieurs villes de France des lecons de Médecine - pratique au lit des malades.
(1) Baumes. Méthode de guérir les maladies suivant qu'elles paraissent dans le cours de l'année médicinale , efc. Montpellier an 2.
PRÉLIMINAIRE. | xlii
Dans quelques universités étrangères, les professeurs de clinique sont aussi chargés de faire un cours de Médecinepratique : il en est autrement en France, où ces chaires sont séparées.
On trouve de grands détails sur la meilleure construction des hópitaux cliniques , sur leurs avantages, sur l'ordre quil convient d'y établir, dans les ouvrages de Tissot (1), Pierre Frank (2), Comparetti (3), Fouquet (4), Hildenbrand (5), et dans la dissertation de M. Brute. |
Les avantages des cliniques sont trop bien reconnus aujourd'hui, pour quil soit nécessaire de s'étendre sur ce sujet.
Tout le monde convient que ce n'est qu'en
(1) Essai sur les moyens de perfectionner les études de Médecine , 1785 , in-8°.
(2) Plan d'une école clinique , Vienne 1790.
(3) Saggio della scuola clinica. di Padova, 1793, in - 8°,
(4) Discours sur la clinique, Montpellier an XI, in - 49.
(5) Znilia institutionum clinicarum , Viennæ 1807.
xliv DISCOURS les fréquentant assidüment qu'on peut devenir praticien. Il est impossible d'y suppléer en suivant les visites d'un médecin , soit dans un hópital, soit en ville:
on n'acquiert par-là que des connaissances imparfaites. Dans les cliniques, les étudians sont exercés à la pratique par un maítre habile; c'est sous ses yeux qu'ils rédigent eux-mêmes les histoires des maladies , et qu'ils font les ouvertures de cadavres: on leur fait ensuite des lecons sur les cas même qu'ils viennent d'observer. Quelle source féconde d'instructions ! Combien on doit regretter qu'elle ait été si long-temps négligée!
Les cliniques ont certainement beaucoup contribué aux progrès de la Médecine dans ces derniers temps ; cependant on est forcé de convenir qu'elles n'ont pas encore eu une influence aussi heureuse qu'on aurait pu le croire: et quelle en a été la cause? la multitude dessystémes qui ont paru successivement:
celui de Brown sur-tout a beaucoup nut à la Médecine d'observation. En France
PRÉLIMINAIRE. xlv on sut cependant en général se garantir . du prestige; mais en Îtalie et en Allemagne , le Brownisme jeta de profondes racines, et il fut ensuite remplacé par des théories également fausses. Les professeurs de clinique qui auraient dà , au milieu de l'égaremeut général , ramener les esprits dans la route de l'observation, se laissèrent également entraîner, et enseignérent eux-mêmes les théories les plus absurdes. « Ce sont, dit M. Pinel » ( Dictionnaire des Sciences médicales , » article clinique) , des disparates les » plus frappans dans presque toutes les » universités de l'Europe; et je citerai » seulement pour exemple celles de l'Al- » lemagne, oü l'enseignement méme de » laclinique est dirigé par les professeurs » les plus célèbres. C'est ainsi qu'à Ber- » lin l'un d'eux prend pour fondement » de son enseignement clinique la sen- » sibilité, lautre lirritabilité; à Tu- » binge on se fonde sur les principes de » la physiologie ; à Wurtzbourg , on se » borne à recueillir des observations par-
xlv DISCOURS » ticuliéres, c'est-à-dire, qu'on prépare » sans cesse des matériaux qui ne seront » jamais mis en œuvre ; à Heidelberg , » on combine un systéme d'explications » chimiques, avec des théories subtiles » sur les forces vitales; à Bamberg, ainsi qu'à Landshut, on applique à la cli- » nique une sorte d'idéologie sous le nom » de philosophie de la nature; mais à » Vienne en Autriche, on suit une mar- » che plus sévère, celle de l'observation » et de la description. graphique des » maladies. »
Comment la Médecine clinique auraitelle pu faire des progrès, étant enseignée par des hommes qui prenaient de semblables systèmes pour base de leur doctrine au lit même des malades? Doit-on être surpris que l'établissement général des cliniques n’ait pas eu une influence aussi heureuse qu'on aurait pu l'attendre sur les progrés de la Médecine? Mais en France on a su éviter toutes ces vaines subtilités; on y cultive aujourd'hui avec zèle la physiologie et l'anatomie patho-
PRÉLIMINAIRE. xlvij logique; espérons qu'on en obtiendra uu jour les plus grands résultats.
Quand on considère l'histoire de l'art de guérir , on est étonné de voir combien a été grand le nombre des médecins qui se sont laissé égarer par des hypothéses; et combien au contraire ont été en petit nombre ceux qui ont pris l'expérience pour guide: chaque siécle a vu naitre et d'sparaitre une multitude de systémes. Ils sonttous tombés aujourd'hui dansun juste oubli; tandis que les vrais médecins méditent encore les écrits qui contiennent des observations bien faites. Au nombre de ces derniers, on doit certainement compter l'ouvrage dont je publie la traduction.
« Hildenbrand, disent MM. Jourdan et » Doisseau (1) , ayant observé avec atten- » tion, et décrit les faits avec soin, ses ou- » vrages méritent d'étre lus, et le seront » pendant long-temps. » Les livres qui contiennent des descriptions exactes des maladies, survivent aux systémes et ne
(1) Biographie médicale , tome 5 , art. Hildenbrand.
xlvii] DISCOURS PRÉLIMINAIRE. vieillissent jamais. « 1l n'y a rien de trop » minutieux,dit Stoll, rien qui soit à dé- » daigner dans l'histoire des maladies, si » cestincontestablement l'opération de la » nature elle-méme qui est toujours vraie.
» Un médecin qui a de la sagacité, et qui » aime les observations, auxquellestoute » bonne médecine doit ses progrès, saura » parfaitement que toute observation , » quelque peu importante qu'elle nc«s » paraisse, peut encore contribuer en » quelque chose au perfectionnement de »lart.»
Le travail d'un traducteur est ingrat et pénible: J'ai souvent éprouvé bien des difficultés à rendre, dans notre langue, quelques-unes des phrases de l'auteur.
Je me croirai dignement récompensé de mes efforts, si cet ouvrage peut étre de quelque utilité aux médecins praticiens.
PRÉFACE DE L'AUTEUR
Mss prédécesseurs, Ant. DE Harw et Max.
SroLr , avaient déjà la lonable coutume de publier les actes de la célèbre École Clinique de Vienne , et les méthodes de traitement qu'on y employait.
Je pense quil est du devoir des professeurs de pratique de rendre publics les actes des instituts cliniques qu'ils dirigent, sur - tout quand ces établissemens sont célèbres par le grand nombre des malades et des étudians :
par-là, ce que l'on pratique devant les élèves, dans ces écoles, acquiert la plus grande publicité parmi les médecins.
Tout doit étre commun dans une société d'amis: ainsi, dans les sciences et dans les arts libéraux , on doit non seulement se communiquer les cas heureux, mais encore ceux qui ne sont pas suivis de succés, quand on en peut retirer de l'instruction. On doit aussi se communiquer ce qu'on a trouvé de nuisible ou
bo PRÉFACE
d'insuffisant, ainsi que les expériences malheureuses, afin que ceux qui se livrent à l'exercice de ces arts , aient par la suite des moyens plus sûrs pour se diriger. Il doit certainement en être ainsi dans la Médecine-pratique.
Ces publications auront pour but, d'enrichir de plus en plus la Médecine-pratique d’observalions exactes, Par-là on contribuera de toute part , et sans interruption, à dévoiler la nature des maladies; par.là aussi, ce que l’on aura trouvé de nouveau, de particulier, de surprenant dans certains cas, servira à éclaircir la séméiologie et la thérapeutique. Les secours que l'on aura découverts contre les maladies difficiles, seront de suite connus par -tout, Enfin, l'on déterminera mieux la nature de quelques affections incurables , et l'on excitera les efforts des médecins pour y trouver des remèdes. "T
Tous ces résultats ne pourront s'obtenir qu'à l'aide d'observations exactes, faites dans les écoles pratiques, dans lesquelles les malades et les symptômes morbides doivent être exa-
minés souvent et avec une grande attention,
DE L'AUTEUR. 5t
Si en outre, ce qui est probable, d'aprés la méthode de traiter. les maladies dans ces institutions publiques, la manière d'enseigner et Ja doctrine des professeurs de clinique deviennent connues, en les comparant ensemble, il:en résultera peut-être un jour une méthode plus sáre et plus facile d'enseigner la Médeciue aux élèves. La méthode analytique, qui soutiendra toujours ses droits et ses prérogatives, deviendra plus complète dans toutes ses parties ; et l'on obtiendra peut-être, enfin, cette conformité tant désirée des écoles et des médecins praticiens, par laquelle toute fluctuation sera bannie de l'exercice de notre art.
Enfin, dans les actes des écoles pratiques réunis et conservés, les éléves pourront toujours se rappeler les maladies qu'ils ont observées et les moyens qu'on leur a opposés.
Excité par ces motifs , et voulant contribuer autant que je le puis à ce grand résultat, j'offre au public ce premier volume de la méthode de traiter les maladies dans notre institut clinique , ouvrage déjà commencé par mes prédécesseurs, et que je me propose de continuer ,
Lo dd