‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 117 sur 156 · DE LA GONORRHÉE VIRULENTE · texte numérisé non relu

DE LA GONORRHÉE VIRULENTE

1. On ressent une douleur extraordinaire aux parties génitales , et une espèce de tournoiement aux testicules. Dans ceux qui ne sont pas circoncis , on observe sur le gland une tache semblable aune pustule de rougeole; et dès qu’elle paraît il sort une liqueur qui ressemble à la semence , et qui, changeant de jour en jour de couleur et de consistance , devient d’un jaune clair ; et quand la gonorrhée est plus mauvaise , cette liqueur est verdâtre , et mêlée avec une sérosité teinte de sang.

2. La pustule qui est sur le gland dégénère en ulcère semblable aux aphthes des enfans. Cet ulcère augmente chaque jour en largeur et en pro-

Méthode complète

fondeur, et ses bords deviennent calleux. Ceux qui sont circoncis n’ont jamais d’ulcère au gland; il survient de plus une grande douleur à la verge dans le temps de l’érection , en sorte qu’il semble qu’on serre fortement cette partie avec la main. La douleur est plus grande la nuit que le jour , quand le malade est échauffé par la chaleur du lit.

3. La contraction du frein fait courber la verge. On sent une ardeur d’urine , moins pendant que l’urine s’écoule qu’après avoir uriné ; car pour lors on sent une douleur brûlante le long du canal de l’urèthre, principalement à l’endroit du gland où finit ce canal. Il arrive aussi quelquefois que des carnosités empêchent l’écoulement de l’urine , et qu’il y a douleur et inflammation au scrotum.

Prenez masse de pilules cochées , trois gros ; extrait de Rudius , un gros ; résine de jalap et de scammonée , de chacune demi-gros ; et avec ce qu il faut de baume de la Mecque , faites de chaque drachme six pilules.

4. Le malade en prendra quatre tous les matins , jusqu’à ce que l’ardeur d’urine et la couleur jaune de la matière soient fort diminuées ; ensuite il en prendra encore de deux jours l’un pendant deux semaines, et après cela seulement deuxfois la semaine, jusqu’à ce que l’écoulement soit tout-à-fait arrêté.

5. Quand les malades sont difficiles à purger , on peut donner de temps en temps une potion purgative ordinaire, en y ajoutant deux gros de sirop de nerprun , et pareille quantité d’électuaire de suc de roses. Ou si la maladie résiste à ces remèdes, on peut donner deux ou trois fois jusqu’à huit grains de turbit minéral , laissant quatre jours d’intervalle entre chaque dose, Ou bien, au lieu de turbit minéral ,

Prenez pilules de duobus ? demi-gros ; mercure

doux , un scrupule ; et avec ce qu il faut de baume de la Mecque , faites quatre pilules qui seront prises de grand matin.

6. Si le malade a de l’aversion pour ce purgatif, il faut qu’apres avoir usé des pilules premièrement décrites, et les avoir prises trois matins de suite , il reçoive tous les jours dans la matinée , et à cinq heures après-midi, le lavement suivant; si ce n’est qu’une fois ou deux la semaine , laissant le lavement, il prendra le purgatif.

Prenez électuaire de suc de roses , six drachmes ; térébenthine de F enise, dissoute avec le jaune d'œufs demi-once. Dissolvez cela dans une livre de décoction d'orge ; puis ajoutez à la colature deux onces de sirop violât pour un lavement .

7. Le malade prendra, tous les soirs, vingt-cinq gouttes de baume de la Mecque, incorporéesavec du sucre en poudre ; ou, au défaut de ce baume, la grosseur d’une aveline de térébenthine de Chypre.

Il boira du lait coupé, le long de la journée, et de la petite-bière à ses repas.

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