DE LA PHTHISIE
Sa Description et manière de la traiter.
1. IL y a plusieurs espèces de pli daisies. La première et îa principale est le plus souvent causée par le froid de l’hiver. Peu de temps avant le solstice d’hiver un grand nombre de gens sont attaqués de la toux, à cause de la rigueur de la saison. Ce sont des gens qui ont naturellement les poumons faibles; et. les efforts réitérés qu’ils font pour tousser , affaiblissent encore davantage cette partie. Les poumons ainsi mal disposés, ne peuvent s’assimiler la nourriture qui leur est nécessaire. De là un grand amas de pituite crue qui accable la poitrine, et que l’agitation continuelle des poumons, et les efforts violens pour tousser , font sortir abondamment par les crachats. Il se forme ensuite des ulcères dans les poumons , et la matière purulente rentrant dans le sang, l’infecte et le corrompt, ce cpii produit une fièvre habituelle et putride. Cette fièvre redouble sur le soir , et le redouble-
ment finit le matin par une sueur abondante qui affaiblit beaucoup le malade.
2. Pour comble de maux , la diarrhée survient à cause de l’humeur purulente que les artères mésentériques déposent sur les intestins, et parce que le ressort de ces parties est entièrement détruit. Cette diarrhée épuise bientôt le malade , et la phthisie qui s’est formée pendant l’hiver, se termine l’été suivant par la mort.
3. Comme en hiver le sang abonde extrêmement en pituite, et que la transpiration arrêtée tout à coup produit une difficulté de respirer , il arrive de là que les sérosités se jettent sur les poumons par les rameaux de la veine artérielle , où , au moyen des conduits salivaires , elles s’accumulent dans les glandes du gosier, d’où elles tombent dans les poumons par la trachée artère. Ainsi elles les affaiblissent , les irritent continuellement, et cause une toux fréquente et violente , avec les autres symptômes dont nous avons parlé. Les poumons étant déchus de leur état naturel , et ayant perdu leur ressort, il s y forme d’ordinaire des engorgemens et des tubercules que l’on trouve le plus souvent remplis d’une sanie purulente lorsqu’on examine les poumons" de ceux qui sont morts de cette maladie.
4* Quand une fois la phthisie est avancée , elle résiste presque toujours à toute sorte de remèdes. On peut néanmoins tenter de la guérir en diminuant la quantité de l’humeur caîarrheuse qui se jette sur les poumons. Pour cela il faut employer la saignée du bras, les doux purgatifs, les remèdes pectoraux appropriés aux différens états de la maladie, c’est-à-dire, les incrassans lorsque l’humeur étant trop claire ne peut s’évacuer comme il faut par la toux et par les crachats ; et les aüénuans
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lorsque l’humeur trop épaisse nesortqu avec beaucoup de peine et d’incommodité.
5. Ensuite il faut détruire la fièvre hectique par le moyen des remèdes tempérans et rafraîchissans. Tels que sont le lait danesse , le. lait distillé , les émulsions avec les amandes douces , les semences froides, et la graine de pavot blanc, Teau de fleurs de primevère , etc.
Enfin il s’agit de déterger l’ulcère du poumon. On regarde le baume blanc , ou baume de la Mecque , comme excellent pour cela.
6. Voici donc , selon moi , la meilleure manière de traiter la phthisie. On commencera d’abord par une saignée du bras , ensuite on purgera le malade trois jours de suite , soit avec les pilules cochées majeures , soit avec notre potion purgative ordinaire. Le soir du troisième jour on donnera une demi-once de sirop diacode. Deux ou trois jours apres on purgera de nouveau , et on réitérera encore la purgation autanr de fois qu’on le jugera nécessaire, jusqu’à ce que les symptômes aient entièrement disparu , ou du moins soient fort adoucis.
7. Après que chaque purgation aura cessé d’agir, on donneraau malade vingt gouttes de baume blanc, mêlées dans du sucre pulvérisé , ou bien une pilule faite avec la térébenthine de chio , et le sucre candi , et le malade ne boira rien par-dessus. Le baume blanc ne doit être employé qu’après avoir fait précéder les évacuations convenables. On peut substituer à ce baume un électuaire composé de baume de leucatel , de réglisse et de graine d’anis en poudre , et de térébenthine.
8. Lorsqu’on a évacué suffisamment, il faut travailler à appaiser la toux , de peur que les poumons ne s’affaiblissent par les secousses conti-
nuelles qu’ils souffrent. Le meilleur remède pour appaiser la toux, est le sirop diacode que l’on peut donner de la manière suivante.
Prenez décoction pectorale , une lune ; sirop dit co de et sirop de capillaire , de chacun deux onces . Adèlez cela ensemble. Le malade prendra cinq cuillerées trois fois par jour .
9. Ce remède , pris ainsi fréquemment, arrêtera peu à peu le flux de l’humeur catarrheuse , et l’empêchera de tomber sur les poumons , lesquels par ce moyen se rétabliront dans leur premier état , à moins qu’ils ne soient extrêmement endommagés. Le narcotique aidera aussi la coction de la matière purulente qui s’est formée dans les poumons.
10. Mais de tous les moyens de guérir la phthisie, il n’en est point qui égale l’exercice du cheval continué tous les jours. Les malades qui choisissent ce moyen de guérison , n’ont plus besoin d’être asservis à aucun régime particulier , et ils peuvent boire et manger de tout ce qui leur plaît ; parce que cet exercice leur tient lieu de tout. Quelques-uns de ceux qui sont revenus en santé par cette méthode , ont été attaqués d’une tumeur au col, laquelle ressemblait fort aux tumeurs scrophuleuses.
1 1. Il y a une autre sorte de phthisie qui vient de la toux , mais qui commence dans une autre saison que la précédente , savoir , au commencement de l’été. Elle attaque le plus souvent les jeunes gens délicats , dont le sang est âcre et échauffé , qui en crachent en toussant , et qui se sont échauffés par des excès de vin. Les malades sentent une douleur ou un embarras dans les poumons ; et si on ne remédie promptement à ces symptômes par des remèdes convenables.
464 Metii. compl. pour guérir les Maladies.
il survient bientôt un ulcère, et le malade crache le pus.
12. On guérit aisément cette sorte de phthisie par la saignée et la purgation alternativement réitérées , sur-tout dans le commencement de la maladie, joignant à cela un régime rafraîchissant et incrassant , et s’abstenant tout-à-fait de viande.
13. La troisième espèce de phthisie arrive lorsque sur la fin d’une fièvre la matière fébrile s’étant jetée sur les poumons , les affaiblit , et donne lieu aux funestes symptômes dont nous avons fait mention.
14. Elle est produite aussi quelquefois par la suppuration d une pleurésie , lorsque la matière purulente n’a pas été assez abondamment évacuée par l’expectoration.
15. il y a aussi des gens qui , pour avoir été extrêmement affaiblis par des évacuations trop abondantes et trop fréquentes , tombent dans une sorte de phthisie que je nomme la quatrième. Ces malades ont , le soir après souper , un redoublement de chaleur et de fièvre , et ils sont particulièrement attaqués d’aphthes.
Fin du second et dernier Volume,
TABLE
DES MATIÈRES
Contenues dans les deux Volumes.
Abdomen. Tumeur de l’abdomen dans une femme hydropique , provevenant de l’irritation causée par les purgatifs, et ressemblant à celles qu’au rait produites un nouvel amas d’eau , tom. 11 , page 280. Cette tumeur guérie par le sirop Diacode, 282.
Tumeur de l’abdornen, surtout vers la rate , dans les enfans qui ont eu en automne de longues fièvres intermittentes , signe principal de guérison , t. 1 , p. 96.
Tumeur de l'abdomen est différente suivant les différentes fièvres, 98.
Abcès. C’est un moyen dont se sert la nature pour débarrasser les chairs de ce qui leur est nuisible, t. 1, p. 189. Xes abcès allument la fièvre par le moyen du pus qui entre dans le sang , ibid L’art n’est pas maître de les produire pour la guérison de la peste , 120. Les abcès pestilentiels étant parvenus à maturité , peuvent bien débarrasser le sang de la matière morbifique ; la guérison n’en est pas pour cela moins incertaine , i36.
Accès. Description de l’accès des fièvres intermittentes , t. 1, p. 66. Ses trois différens temps , 65. Multiplicité d’accès , et causes de cette multiplicité , 69.
Cause du retour des accès des fièvres intermittentes, t. 11 , p. 10, ir ; pourquoi ils reviennent en des temps réglés, t. 1, p. 65, 66. L'Auteur avoue qu’il ignore pourquoi ils sont plus long-temps à revenir dans une fièvre intermittente que dans une autre , 67 , 68. Pie doivent pas être arrêtés tout d’un coup par la quinquina , mais peu à peu , 86 , 87 , 88.