‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 3 sur 156 · Tome IL i · texte numérisé non relu

Tome IL i

a * Lettre de Robert Brady

lion du sang , et dans l’exercice de tous nos mouve» mens. Quanta la nature de l’air et aux différentes altérations et changemens qui lui arrivent , et que vous appelez, avec raison , constitutions , les Médecins et les Auteurs d’Histoire naturelle , loin d’avoir fait sur cette matière les recherches nécessaires , n’en ont pas meme touché la moindre chose.

Gomme Fair s’insinue dans toutes les parties du corps , meme les plus reculées , il est impossible qu’il ne communique pas au sang et aux humeurs les altérations et les changemens que lui causent les matières dont il est imprégné. De là vient que tel ou tel vice de la constitution de l’air produit très-souvent tel ou tel vice dans le sang. Ainsi c’est avec beaucoup de raison que vous avez fait des observations médicinales sur l’histoire de la ciuation des Maladies aigues , selon les diverses constitutions des années et des saisons ; puisque dans les choses que vous avez dites là-dessus, on voit très-bien quelle est Faction de l’air sur le sang, sur les humeurs , et principalement sur les esprits animaux , si toutefois Fair n’est pas lui-même la matière des esprits. Et je suis persuadé que d’observer la nature des fièvres par rapport à la ternpé® rature des années où elles régnent , c’est le meilleur et peut-être l’unique moyen de les traiter comme il faut. Continuez donc , Monsieur, votre travail; et s’il vous reste encore quelques observations sur les fièvres des dernières années qui viennent de s’écouler , faites-en part au public : vous rendrez en cela un très-grand service au genre humain.

Dans la première section de votre ouvrage , chapitre V , vous avez dit quelque chose de l’usage du quinquina , et de la façon de le donner. Je sais des Médecins célèbres qui le donnent à grandes

a Thomas Sydenham. 3

doses , et réitérées fréquemment ; d’autres qui en font des extraits , des infusions , et de ces infusions des juleps et des émulsions , et qui assurent qu’ils guérissent par-là non-seulement les fièvres intermittentes , mais encore certaines fièvres aigues. Le quinquina est, , sans contredit , un grand remède pour la guérison des fièvres intermittentes. Voici environ vingt ans que je le donne sons différentes formes et différentes préparations, et toujours avec un très-grand succès. Si vous savez quelque chose de particulier sur l’usage de cette écorce , ou si l’expérience vous découvre quelque chose de mieux dans la suite , je vous prie de vouloir en faire part au public.

Dans le traitement du rhumatisme , vous avez proposé comme nécessaire la saignée fréquente et copieuse. Je demande donc si on ne pourrait pas trouver une méthode plus douce , et qui, en épargnant davantage le sang , fût en même temps aussi efficace. En donnant les éclaircissemens que je vous demande , vous ne manquerez pas d’être attaqué par les traits malins de la satire et de Ten vie , et votre réputation ne sera pas pins épargnée qu'autrefois. Mais ceux qui vous attaqueront seront toujours également F objet de la haine et du mépris des honnêtes gens.

Quant à ceux qui ont un désir sincère de connaître Fhistoire , la nature , les causes , les différences des fièvres , et la véritable manière de les traiter , il faut nécessairement qu ils marchent sur vos traces; c’est le seul moyen qu’ils ont de s’instruire sur cette matière. Vous avez frayé le chemin , il s’agit de vous suivre. Ceux qui vous blâment n’ont qu’à donner quelque chose de mieux. Continuez donc , Monsieur , sans vous embarrasser des mauvais discours des faux Sa vans ; et soyez persuadé

Modestie de l’Auteur.

Devoir des

§eus du bien.

4 Réponse de Thomas Sydenham

que vous obligerez tous les vrais Médecins , et principalement celui qui est , avec tout l’attachement possible , etc.

A Cambrige , le 5o Décembre 1679.

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