A ROBERT BRADY
Sur les Maladies épidémiques depuis l'an 1670
jusqu'à l'an 1680.
JMlONSIEUR ,
T. Si j’ai acquis quelque connaissance dans le traitement des maladies , je crois être plus obligé que personne d’en faire volontiers part aux autres, moi qui , étant tourmenté de la goutte depuis environ trente ans , et de la gravelle depuis longtemps, serais charmé d’apprendre des autres quelque remède à mes maux.
Il n’est donné qu’à un très-petit nombre de génies heureux de pouvoir contribuer à la conservation publique , en découvrant une méthode sure de guérir quelque maladie , ne fut-ce qu’une maladie des plus légères ; et si j’y avais réussi , je serais plus content que si j’avais amassé les plus grands trésors,
2. Nous ne sommes pas nés seulement pour nousmêmes , mais encore pour le prochain ; et un homme sage et vertueux , comme dit si bien Cicéron*
a Robert Brady. &
aussi grand Philosophe que grand orateur (i) , préférera toujours Futilité commune à son intérêt particulier. C’est un devoir que la raison et la religion nous enseignent également. Mais ce n est pas assez pour un Médecin d'être utile aux hommes pendant sa vie ; il doit tâcher , si cela se peut , de leur être encore utile après sa mort, en laissant des écrits qui perpétuent ses connaissances. Ceux qui disent qu ils ne s’embarrassent pas que le monde périsse , quand une fois ils seront morts , sont assurément des gens cruels et détestables.
3. Mais , laissant-là maintenant ces réflexions morales , je ne saurais me dispenser de condescendre à ce que vous demandez de moi , quelque peu considérables que soient les éclaircissemens que je puis vous donner au sujet des maladies sur lesquelles vous me faites Flionneur de me consulter. Je dois cela à la place que vous occupez et que vous remplissez si dignement ; je le dois a votre vertu , à votre probité , à votre condition , et à toutes ces rares qualités qui vous attirent les plus grand éloges de la part de tous ceux qui ont
l’avantage de vous connaître.
D’ailleurs , quelles obligations ne vous an je pas *
à cause de l’intérêt que vous prenez à ce qui me les mauvais regarde ? Car je sais combien vous êtes affligé des Scours, mauvais discours que certaines gens mal intentionnés tiennent contre moi , sans que j aie rien fait qui ait pu m’attirer leur haine, n’ayant jamais offensé personne , ni de paroles , ni autrement.
Aussi comme je suis entièrement innocent de ce côté-là , et que j’espère de l’être toujours , je ne veux nullement me chagriner des fautes d autrui,
(i) Cicero de fin . bon » et mal .
Repoivse be Thomas Sydenham
mais penser uniquement à remplir les devoirs d’un honnête homme , et ceux d’un bon Médecin , autant que j’en suis capable.
Be quelles fièvres il parlera d’abord.
4- Je vais donc, Monsieur, vous communiquer les observations que j’ai faites sur la nature et le traitement des maladies sur lesquelles vous me demandez des éclaircissemens. Je parlerai d’abord des fièvres intermittentes qui sont maintenant épidémiques parmi nous. Pour cet effet , je parcourrai brièvement par ordre les années qui ont suivi celle où j’ai terminé l’histoire des maladies aiguës , lesquelles avaient régné pendant les quinze années précédentes ; et je toucherai en passant certaines choses que j’ai déjà remarquées dans le traitement de ces maladies. De cette manière on verra mieux le progrès des fièvres d’aujourd’hui , et par quels degrés elles sont parvenues à l’état où elles se trouvent présentement.
Maladies de 2676 , les mêmes que celles des trois années précédentes.
5. L’année 1676 produisit les mêmes maladies qu’avait fait la constitution des années 1673 , 1674 et 1675. Cette constitution avait commencé pendant l’automne de 1673, et quand elle fut finie , les maladies qui parurent alors , c’est-àdire en 1676 , furent moins violentes et moins épidémiques qu’elles le sont ordinairement, quoique les qualités manifestes de l’air fussent très-différentes de celles des années précédentes ; car je ne me souviens presque pas qu’il y ait jamais eu tin hiver, à beaucoup près, aussi froid, et un été, à beaucoup près , aussi chaud , qu’il y eut cette année-là, Ou vit cependant des maladies semblables à celles qui avaient régné les autres années : ce qui prouve bien que les maladies épidémiques 11e viennent pas des qualités sensibles de fair, mais dune certaine température secrète de cet élé-
a PtOBERT Brady. 7
ment /i). Il est vrai que quelques-uns des symptômes des maladies épidémiques dépendent quelquefois de la disposition manifeste de Fair , comme on voit par les rougeoles et les cholera morbus qui régnèrent cette année , et dont je vais parler en peu de mots.
6. Les rougeoles qui parurent au commencement de Fan 1676 n’étaient pas fort épidémiques ; mais elles avaient cela de particulier , qu’elles duraient beaucoup plus long-temps qu’à l’ordinaire. Les rougeoies ont coutume de commencer au mois de Janvier ; elles vont en augmentant jusqu’à l’équinoxe du printemps , ensuite elles diminuent peu à peu , et finissent vers le solstice d’été. Mais celles dont il s’agit maintenant , durèrent jusque vers l’équinoxe d’automne. Apparemment que les grandes chaleurs de l’été de cette année-là furent cause d'une si grande durée. Quoiqu’il en soit, le traitement que demandaient ces rougeoles était le même que celui des rougeoles ordinaires.
7. Dès la fin de l’été le choléra morbus était épidémique ; et comme la chaleur extraordinaire de
(1) L’Auteur donne peut-être trop ici et ailleurs à la température secrète de Fair , qui vraisemblablement a beaucoup de part dans la production des maladies contagieuses; maison n’a pas encore jusqu’ici démontré clairement qu’elle influe sur les autres. Au contraire’, il est évident que les qualités manifestes ou sensibles de l’air , comme sa ebaieur , sa froideur , sa sécheresse , son humidité , etc. , influent beaucoup sur les maladies épidémiques , dont les symptômes semblent être produits , et souffrir de grandes variarious , par cette disposition manifeste de l’air , soif celle qui a précédé , soit celle qui règne alors , soit toutes deux ensèmble ; aussi explique-t-ou assez bien par ce moyen les symptômes de ces maladies. Les différentes saisons de l’année , la diversité des vents , la situation de lieux , la nature des eaux , et la manière de vivre des habitant , doivent être considérées , parce que toutes ces choses contribuent beaucoup à produire et à entretenir les maladies épidémiques. Pour preuve de cela , on peut consulter Wintringham , comme ntarium nosol. Huocham. de aère et morb. èpid. Hillary , of the principal 'variations of the airf ets* llamaz&ini , const » epid. Mutinens. Hoffman , med. rat. syst, etak
Rougeoles duraient longtemps cette année-là.
Violent clioïéra-morbus à la fin de l’été.
8 • Réponse de Thomas Sydenham
la saison augmentait sa violence, il se trouvait accompagné de convulsions si terribles, et qui duraient ssi loiÉg-temps' , que je n’en avais jamais vu auparavant^ semblables. Elles n’attaquaient pas seulement fé- ventre , comme il est ordinaire dans cette maladie , mais encore tous les muscles du corps , et principalement ceux des bras et des jambes ; en sorte que le malade , pour s’en garantir , se jetait quelquefois hors du lit , et faisait tous les efforts imaginables.
fis desnaîS* 8. Quoique le traitement de ce choléra morbus ^an^usJge* ne demandât rien d’extraordinaire , cependant on des narcoti- était obligé d’y employer des narcotiques en plus qu(autrél es grande dose , et plus souvent réitérée qu’à l’ordinaire, En voici un exemple,
Exemple, Je fus appelé dans ce temps-là pour traiter un homme attaqué de cette maladie. J’étais accompagné du Docteur Charles Goodall , mon intime ami, très-habile Médecin , homme d’une candeur admirable, d’une probité à toute épreuve, et dont la mémoire me sera toujours infiniment chère. Le malade n’en pouvait plus , et était à l’extrémité. Il avait des convulsions horribles , et un vomissement affreux , avec une sueur froide , et un pouls qui se faisait à peine sentir,
Je lui donnai vingt-cinq gouttes de mon laudanum liquide dans une cuillerée d’eau de canelle spiritueuse, craignant qu’une plus grande quantité de véhicule ne fit revomir le remede , comme il arrive très-souvent dans cette maladie Ensuite je me tins l’espace d’environ une demi heure auprès du malade ; et voyant que mes vingt-cinq gouttes de laudanum liquide ne suffisaient pas encore pour arrêter le vomissement et appaiser les convulsions, je fus obligé de réitérer plusieurs fois le remède, €t d’en augmenter toujours la dose , ayant soin de
a Robert Brady.
kisser assez d’intervalle entre chaque prise , pour voir ce que je pouvais espérer de la. précédente $ avant que d’en donner une nouvelle.
Par ce moyen , je calmai enfin les cruëls^ÿhàptômes dont il s’agit: mais comme ils étaient prêts: à revenir dès le moindre mouvement que faisait le malade, je lui ordonnai bien expressément de së tenir parfaitement en repos durant quelques jours.
Je voulus qu’il prîtde temps en temps du laudanum liquide, mais en moindre dose, et qu’il le continuât, même après qu’il serait guéri, afin de prévenir la rechute ; et cela me réussit comme je le souhaitais.
9, On aurait tort de m’accuser de témérité pour Raisons de avoir donné à ce malade une si grande quantité
de laudanum liquide. L’expérience me justifiera, <u*um en
1 • ^ A 1 r grande dose.
et rera voir clairement que dans les trois cas ou les remèdes tirés de l’opium sont indiqués, savoir, dans les douleurs violentes , dans les vomissemens ou les déjections excessives , et dans les grands troubles des esprits animaux , il est absolument nécessaire de proportionner la quantité du narcotique et le nombre des doses , à la grandeur du symptôme que l’on veut combattre. Une dose qui pourrait calmer un symptôme moins violent , ne fera rien contre un autre plus violent ; et une dose qui, en certain cas, mettrait le malade dans un danger manifeste, le sauvera en d’autres cas.
10. Voilà les maladies qui régnaient en 1 676, iineputobet qui sont les mêmes que celles de trois années îadLTdeiby/," précédentes , comme j’ai déjà dit. Quant aux mala- i)arce <iui! ^
1 • i 1 ■> , •./»*'., . tait malade.
dies de 1 annee suivante *077 , je n en saurais rien dire: car au commencement de cette année-là je fus attaqué d’un > issement de sang , qui me fatigua beaucoup , et qui revenait dès que je faisais le moindre mouvement. Peu de temps après j’eus la goutte , qui occupait encore plus les viscères
jo Réponse i>e Thomas Sydenham
que les extrémités , et me causait de très-cruelles douleurs. Outre cela , je perdis les forces et l’appétit ; mes jambes enflèrent ; et il me survint plusieurs autres symptômes aussi dangereux : enfin , j’étais dans un si triste état , que la vie m’était à charge.
Je fus donc obligé de demeurer trois mois sans sortir, et de passer ensuite à peu près autant de temps à la campagne pour me rétablir. Etant revenu à Londres , en automne , j'appris de mes amis qu’il régnait en cette ville des fièvres intermittentes , dont néanmoins la plupart avaient commencé à la campagne. Mais comme l’état de ma santé ne me permettait pas de voir des malades, je ne saurais rien dire des maladies de cette année-là.
jPièrres inter- il. La constitution de l’année suivante 1678 fut en entièrement différente ; car les fièvres intermittentes que l’on n’avait presque pas vues à Londres depuis 1664 , c’est-à-dire depuis treize ans , à l’exception de quelques-unes qui n’avaient été que sporadiques , ou que les malades avaient apportées de la campagne , devinrent fréquentes au point d’etre épidémiques. Elles ne demeurent pas même à présent dans les bornes où elles se tenaient alors ; et elles s’étendront encore davantage dans la suite , jusqu’à ce que la constitution de l’air dont elles dépendent , soit arrivée à son plus haut degré.
Ces fièvres intermittentes attaquèrent seulement quelques personnes au printemps : mais à la fin de l’été et au commencement de l’automne , elles se répandirent tellement, qu’elles effacèrent toute autre maladie épidémique. L’hiver suivant elles diminuèrent un peu , et firent place aux petitesvéroles et à d’autres maladies épidémiques , les-
a Robert Rrady.
quelles eurent le dessus, jusqu’à ce que la saison des lièvres intermittentes fut revenue.
12. Pour parler maintenant de ce que des obser- Tiercesetqm* varions exactes m’ont appris sur la nature et les ^taientkspius causes de ces fièvres, je remarquerai d’abord que fréquentes^ les fièvres quartes étaient les plus fréquentes avant
l’an 1678 , au lieu que cette année-là lesplus communes étaient les tierces ou les quotidiennes (à moins qu’on n’aime mieux donner à ces dernières le nom de doubles tierces. ) De plus, avant l’an 1678 les accès des fièvres tierces et quotidiennes se terminaient de telle manière qu’il ne restait point du tout de fièvre , et ils revenaient au bout d’un certain temps. Mais en 1678 il n’y avait plus dintermission parfaite après le troisième ou le quatrième accès , sur-tout lorsqu’on obligeait les malades de garder le lit, et qu’on les échauffait par des cordiaux , ce qui était , comme on dit , jeter de l'huile sur le feu. La fièvre devenant chaque jour plus approchante de la continue , attaquait le cerveau , et enlevait un assez grand nombre de gens.
13. Quant au traitement, je sais depuis plusieurs Danger de années combien il est dangereux d’employer les J®* tras^0J^ sudorifiques pour la guérison des fièvres tierces et ques.* quotidiennes qui , étant nouvelles, etn’ayantpas encore de type certain, approchent des continues.
Il est vrai que comme la sueur fait disparaître tous les symptômes , et qu’elle est suivie d’une entière cessation de la fièvre, on doit l’aider un peu, ou du moins ne pas l’empecher sur la fin de l’accès. Mais il est très certain que si on excite des sueurs trop abondanles , la fièvre qui était intermittente devient continue, et que les malades sont en danger, puisqu’en effet il en périr quelques-uns.
La raison de cela , si je ne me trompe , est que la
Réponse de Thomas Sydenham
Efficacité du quinquina pour d’autres maladies que les fièvres intermittentes.
Ce qui l’a décrié.
sueur étant trop copieuse à proportion de la quantité de matière fébrile qui se trouve en état d’etre évacuée par un seul accès , elle enflamme le sang après avoir évacué cette portion de matière fébrile.
Ayant donc reconnu l’inefficacité de cette méthode, et les inconvéniens des autres évacuations, par exemple de la saignée et de la purgation , lesquelles en affaiblissant le sang prolongent la maladie , j’ai mis toute ma ressource dans le quinquina; et je puis assurer, malgré le préjugé du vulgaire , et de quelques habiles Médecins que je n’ai jamais vu , ni pu soupçonner avec fondement , que ce remède ait été nuisible aux malades. Tout ce qui arrive, c’est que les personnes qui en font usage pendant long-temps, sont quelquefois attaquées d’une sorte de rhumatisme scorbutique , comme j’ai dit dans le Chapitre où j’ai parlé du rhumatisme(i), encore cet accident arrive-t-il fort rarement par l’usage du quinquina ; et quand il arrive, il cède très-aisément aux remèdes que jai décrits dans ce Chapitre.
i/j. Si j’étais aussi certain de la durée des bons effets du quinquina, que je suis assuré que c’est un remède innocent, je le regarderais sans difficulté comme le premier de tous les remèdes; car loin d’è tre malfaisant , il est d’une efficacité merveilleuse, non-seulement dans les fièvres intermittentes, mais encore dans les maladies de la matrice et de l’estomac.
t 5. Mais voici principalement , si je ne me trompe, ce qui l’a mis en mauvaise réputation. Premièrement, on attribue au quinquina , dont le malade aura seulement pris une fois , tous les fâcheux symptômes qui accompagnent les fièvres intermittentes anciennes , quoiqu’ils subsistassent
(i) Voyez Sect, 6 , Chap. 5 , num, i3.
a Robert Brady.
déjà avant l’usage de ce remède. Secondement , comme il guérit par une vertu occulte et non par aucune évacuation sensible , la plupart des gens s’imaginent qu’étant astringent , il renferme au dedans la matière peccante qui aurait dû être évacuée ; qu’ainsi le mal n’est que pallié , et que la fièvre ne manque pas de revenir.
Ceux qui raisonnent de la sorte ne font pas assez d’attention , que les sueurs par lesquelles finit un accès , ont emporté toute la matière morbifique qui s’était amassée pendant l’intermission , qu’il reste seulement un levain fébrile caché dans le sang ; et que le quinquina donné immédiatement après l’accès détruit ce levain , qui sans cela n’aurait pas manqué de se développer et de fournir matière à la fièvre. Ainsi on a tort d’accuser le quinquina , comme on fait ordinairement , de causer des engorgemens et des obstructions.
1 6. Mais le quinquina guérit-il les fièvres par sa n ne guérit qualité astringente ? Pour le prouver, il faudrait Pas rar une
J- . .° L . vertu astua-
faire voir auparavant que les autres astringens ont gente. une pareille vertu. J’ai employé les plus puissans, et néanmoins je n’ai pas encore trouvé qu’ils fussent fébrifuges. De plus le quinquina guérit ceux même qui en sont purgés, comme il arrive quelquefois. Il est aussi difficile d’expliquer la manière dont ce remède agit, que d’expliquer en quoi consiste la différence spécifique des choses naturelles.
Aussi tout le soin et toute l’application d’un Médecin doit être de bien connaître l’histoire des maladies , et d’employer les meilleurs remèdes que l’expérience ait découverts pour leur guérison , mais de les employer selon une méthode fondée sur la raison et le bon sens , et non pas sur de hypothèses et de vaines spéculations. Yoici donc en peu de mots ce que l’usage m’a appris
Histoire aLré gée dû.
quinquina.
Ost le meil-
i4 Réponse de Thomas Sydenham
touchant la vraie manière de donner le quinquina**
1 7. Il y a environ vingt-cinq ans que ce remède commença à être célèbre à Londres pour la guérison des fièvres intermittentes , et sur-tout des fièvres quartes : il méritait assurément cette réputation , car auparavant , quelque remède ou quelque méthode qu’on employât, on réussissait trèsrarement à guérir ces sortes de fièvres ; c’est pourquoi on les appelait avec raison l’opprobre de la Médecine.
Mais peu de temps après, le quinquina fut entièrement décrié , et on ne s’en servit plus ; de quoi il y eut deux raisons considérables. La premiere, c’est que comme 011 le donnait alors peu d’heures avant l’accès , il causait quelquefois la mort au malade. Je me souviens que ce malheur arriva à un Citoyen et Magistrat de J^ondres , nommé Un* denvood , et à un Apothicaire nommé Potter , qui logeait dans la rue des Black Frjards . Quoique le quinquina eût très-rarement un si funeste succès , néanmoins les Médecins prudens firent hieh d’en abandonner l’usage.
La seconde raison qui fit tomber la réputation de ce remède, fut que les malades qui , après en avoir pris , n’avaient point eu leur accès ordinaire de fièvre , comme il arrivait le plus souvent, ne manquaient guère d’etre attaqués de nouveau dans la quinzaine, savoir, lorsque la maladie était nouvelle , et n’avait pas encore eu le temps de s’affaiblir d’elle-mème.
Ces raisons furent cause que la plupart des gens perdirent la confiance qu’ils avaient dans le quinquina, ne croyant pas devoir mettre leur vie en danger , pour l’avantage de retarder de quelques jours un accès de fièvre.