Tome IL i
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niées, et avec d’autres semblables , 011 peut composer différentes formes de remèdes qui tendront au meme but.
Pour moi , je préfère à toutes les autres laforme d’électuaire , et je la crois la meilleure de toutes, parce que la fermentation que souffrent les divers ingrédiens mêlés ensemble , augmente leur vertu , et les rend plus efficaces qu’ils ne seraient chacun séparément; mais je laisse volontiers à la prudence du Médecin le choix de ces ingrédiens, et la composition des formules sous lesquelles il convient de les employer ; car j’ai toujours pensé que mon devoir était de marquer les véritables indications que l’on doit suivre dans le traitement des maladies , et non pas de donner des recettes. Les Médecins n’ayant pas toujours eu cette attention , ont donné par là occasion aux Empiriques de s’ériger en grands Médecins.
Cependant , en faveur des jeunes Praticiens , je mettrai ici le remède dont j’ai coutume de me servir , et dont voici la composition.
Électuaire ai- Prenez des racines d angélique , de roseau aro - €ebtlf' matique , d impèratoire , d année ; des feuilles d absinthe commune , de petite centaurée , de marrube blanc , de germandrèe , d dette , de scordium , de calament commun , de matricaire , de saxifrage des prés , de millepertuis , de verge dor , de serpolet , de menthe , de sauge , de rue , de chardon bénit , de pouliot , daurône ; des fleurs de camomille , de tanesie , de muguet , de safran ; des graines de thlaspi , de cochlèaria des jardins , de card et des baies de genièvre , de chacune quantité suffisante . On aura soin de cueillir les feuilles , les
de remplir la même vue par un petit nombre de drogues bien choisies , cela marque beaucoup plus d’habileté dans le Médecin.
be la Goutte.
fleurs et les racines dans le temps quelles ont le plus de vertu ; on les fera sécher > et on les gardera dans des sacs de papier , jusqu à ce quon les réduise en poudre très-fine . On prendra six onces de chacun des ingrédiens , et on mêlera le tout dans stiff santé quantité d excellent miel et de vin de Canarie , pour faire un èlectuaire de consistance requise. Le malade en avalera deux drachmes matin et soir.
En place de cet èlectuaire , on pourra se servir du suivant ;
Prenez de la conserve de cochléaria , une once et Èlectuaire demie ; de celle dabsinthe romaine et de celle stomachi'iu‘'d écorce d orange , de chacune une once ; racine d angélique confite , et noix muscade confite , de chacune demi-once ; thériaque y trois.gros ; poudre d arum composée , deux gros ; et avec suffisante quantité de sirop d or ange , faites un èlectuaire dont le malade prendra deux gros deux fois par jour , et par-dessus il avalera cinq ou six cuillerées de ïeau suivante.
Prenez de la racine de raifort sauvage coupé Eau 3l!t*scor» menu , trois onces ; des feuilles de cochléaria , douze poignées ; de celles de cresson d’eau , de hecahunga y de sauge et de menthe 5 de chacune quatre poignées \ les écorces de six oranges ; deux noix muscades concassées , et douze livres de forte bière : distillez tout cela > et tirez-en seulement six livres deau que vous garderez pour F usage.
2. Entre les remèdes les plus connus , la thé- Tliériaffue } riaque est le meilleur pour fortifier les digestions ; afOUif néanmoins comme elle contient plusieurs ingré- neùre à nucdiens trop échauffans ? et outre cela beaucoup u^Yan(!fcat d’opium , il vaut mieux se servir d’un èlectuaire semblable à celui que nous avons décrit , et qui £$t composé de plantes fortifiantes , et médio-
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crement chaudes ; mais il faut avoir soin de choisir celles qui sont les plus agréables au goût du malade ; car comme on doit continuer fort longtemps , et meme presque toute la vie , l’usage de cet électuaire , il est très-à-propos de le rendre le moins désagréable qu’il est possible.
Entre les remèdes simples le quinquina tient le premier rang , car il exalte le sang et lui donne de la vigueur , si l’on en prend quelques grains matin et soir (i).
utilité des 33. Ce n’est pas seulement dans la goutte , mais
remèdes forti- ^ i A i -i ii*°i
dans dans les encore dans la plupart de maladies chroniques, maladies chro- qUe }es remèdes forbiians sont les meilleurs ,
mqiies. 1 î i i • i i
pourvu que leur chaleur ne consiste pas dans des esprits ardens , et cela par les raisons que nous rapporterons ci-après ; car toutes les maladies chroniques dépendent , si je ne me trompe , d’une même cause universelle , qui est l’indigestion des humeurs.
échoir k 34* Pour montrer que la chose est ainsi, je vais différence en- exposer la différence qu’il y a entre les maladies dies aiguè’s et les maladies chroniques ; et pour cela les chroni- le lecteur me permettra de faire une petite digresaues‘ sion.
Les maladies aiguës sont celles qui se terminent bientôt , soit par la mort , soit par la prompte cochon de la matière peccante. Les chroniques sont celles où la coction ne se fait point du tout , ou bien se fait très-lentement. Tout cela est évident par les termes seuls. Mais il n’est pas si facile de découvrir la différence qui se trouve entre ces
(i) Le Docteur Cheyne est du même sentiment , et il recommande une forte infusion de quinquina dans de bon vin , comme un remède excellent pour fortifier les fibres relâchées de l’eslomac et des intestins, sur-tout si on le joint aux martiaux, et à quelques drogues propres à coniger son mauvais goût. Cheyne, Essais sur la go a tie , p. 2/|.
de la Goutte.
deux genres de maladies. C’est un point qui mérite d’etre examiné, et dont la connaissance claire et distincte peut beaucoup servir à trouver les véritables indications que l’on doit suivre dans le traitement des maladies , tant aiguës que chroniques.
35. Soit que l’intérieur de la terre subisse divers Comment sont
-, 1 ,v .. , , , -, produites les
changemens , et qu a cette occasion il s exhale des maladies aïvapeurs nuisibles qui infectent l’air , ce qui me 8llts’ parait le plus vraisemblale ; soit que la conjonction particulière de quelques corps célestes altère l’atmosphère ; toujours est-il vrai que Fair en certain temps se trouve rempli de corpuscules qui sont contraires à l’économie du corps humain , et qu’en d’autres temps il est rempli d’autres sortes de corpuscules qui sont nuisibles à certaines espèces d’animaux. L’air ainsi infecté et porté dans le sang par le moyen de la respiration , donne naissance aux maladies épidémiques. Alors la fièvre s’allume , et la nature s’en sert pour expulser la matière morbifique. Ces sortes de maladies sont aiguës et de courte durée , parce que les humeurs sont dans un mouvement violent.
Outre ce genre de maladies aiguës qui viennent d’une cause externe et générale qui est l’air, il y en a d’autres pareillement aiguës , qui dépendent uniquement d’une inflammation particulière du sang , ou d’une indisposition particulière à certains sujets. Ce sont les fièvres que j’appelle intermittentes et sporadiques , parce qu’on les voit presque tous les ans.
36 Les maladies chroniques sont d’une nature b’où v{rn, bien différente. A la vérité , un air malsain eon- “jaies ^rônitribue à les produire. Cependant elles doivent Témoins leur origine à Fair qu’à l’indigestion des humeurs* En effet , lorsqu’un corps a été affaibli
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et épuisé par la vieillesse , ou par un abus continuel des six choses non naturelles , sur-tout à l’égard du boire et du manger; ou bien lorsque les organes secrétoires sont tellement débilités , qu’ils ne peuvent plus s’acquitter de leurs fonctions qui consistent à dépurer le sang en le séparant de ses recrémens ; dans ce cas-là , il s’amasse une plus grande quantité d’humeurs que la personne n’en peut digérer. Ces humeurs , ainsi accumulées , subissent avec le temps diverses fermentations et altérations , se jettent sur telle ou telle partie , suivant qu’elles ont acquis telle ou telle qualité , et suivant que la partie est disposée à les recevoir, et produisent différentes sortes de maladies , avec une infinité de symptômes, lesquels proviennent également de la qualité des sucs et de la lésion des parties. Ces deux causes jointes ensemble , je veux dire la dépravation des liquides et la lésion des solides, constituent ce dérangement de l'économie animale, que l’on appelle maladie.
37. Or, que l’impuissance de la nature à digérer les humeurs soit la principale cause de la plupart des maladies chroniques , c’est de quoi Ton se convaincra aisément , si l’on fait attention que les vieillards , dont les cochons sont lésées et les esprits dissipés par l’âge , sont plus sujets à ces maladies que les jeunes gens , qui ont assez de force et de chaleur naturelle pour dissiper les humeurs nuisibles , et dont les organes secrétoires destinés à dépurer le sang s’acquittent bien de leurs fonctions , à moins qu’ils ne soient surchargés , et comme accablés par l’abondance excessive des mauvais sucs.
Une autre preuve que l’indigestion des humeurs est la principale cause des maladies chroniques, c’est qu’elles arrivent beaucoup plus eq hiver
de la Goutte. 23 f
qu’en été. Quelques-unes , il est vrai, ne paraissent qu’à la fin de fhiver ; mais les mauvais sucs dont elles dépendent se sont accumulés durant toute cette saison à la faveur du froid qui affaiblit la nature , et la met hors d’état de s’acquitter des fonctions de l’économie animale. Il arrive de là que les gens qui se portent très-bien en été , évitent rarement en hiver les maladies auxquelles ils sont le plus sujets , comme l’asthme , le rhume, la toux , etc.
De là vient aussi que les voyages dans des pays chauds sont si efficaces pour la guérison de certaines maladies dont on ne pouvait venir à bout dans des pays froids.
38. La vérité de ce que j’avance touchant la cause générale des maladies chroniques , paraîtra encore dans un nouveau jour , si l’on considère les effets merveilleux et incroyables de l’exercice du cheval dans la plupart des maladies chroniques, et sur- tout dans la phthisie. En effet, cet exercice , par les secousses continuelles qu’il cause , ranime fe chaleur naturelle , donne du ressort aux fibres, rétablit les digestions , fortifie les viscères , dissipe les mauvaises humeurs , facilite la transpiration , et renouvelle , pour ainsi dire , toute la machine (i).
Il s’ensuit de tout cela que les plantes échauffantes doivent être d’un très-grand secours , non-
(i) Toutes les raisons que l’Auteur allègue pour montrer que les maladies chroniques viennent de l’indigestion des humeurs , semblent plutôt prouver qu’elles viennent d’un défaut de transpiration. En effet , puisque , suivant notre Auteur , elles attaquent principalement les vieillards , qu’ci Ses arrivent beaucoup plus en hiver qu’en été , qu’elles se guérissent plus aisément dans les pays chauds que dans les pays froids , et que 1 exercice du corps y est extrêmement utile , tout cela ne montre-t-il pas clairement quelles doivent principalement leur naissance au défaut de la transpiration ?
Utilité de l’exercice du cheval dans les maladies chroniques.
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seulement dans la goutte , mais encore dans les autres maladies chroniques , pourvu qu’il n’y ait point de contr’indication : car ces plantes raniment la chaleur naturelle , même au milieu de l’hiver. Mais si on en fait un usage habituel en été, elles préviendront encore mieux les accidens que cause la mauvaise saison ; au lieu que si on attend jusqu’à l’hiver , qui est le temps auquel les humeurs s’accumulent , il sera peut-être trop tard pour y avoir recours , et le remède deviendra inutile,
Stomaciùques 4°- J’ai montré ci-dessus que les purgatifs étaient Üssm! nuisibles dans la goutte. Néanmoins dans la plu- «terruption. part des autres maladies chroniques, il est nécessaire de saigner et de purguer plus ou moins , avant que d’employer les remèdes fortifians et digestifs que j’ai recommandés. Mais quand une fois le malade en aura commencé l’usage , il faudra qu’il les continue sans y entremêler aucune évacuation. Car on doit tenir pour certain, que toute évacuation serait très-nuisible en pareil cas (1). Au reste , je ne prétends pas que les remèdes fortifians dont j’ai parlé , l’emportent sur tous les autres; je veux dire seulement que le remède qui remplira mieux l’indication de fortifier les digestions, sera le meilleur dans les maladies chroniques, et qu’avec un tel remède on pourra faire des choses auxquelles on ne s’attendait peut-être pas.
(i) Ceci doit assurément être entendu avec quelque limitation ; car il peut se trouver des cas où il soit non-seulement convenable, mais encore absolument nécessaire de recourir aux évacuans pendant l’usage des fortifians. Les circonstances doivent décider quand et de quelle manière il faut les employer, et on ne doit pas par une déférence servile à l’autorité de quelque grand nom que ce soit , s’empêcher de les mettre en usage dans le besoin. Combien de fois , par exemple , les joint-on utilement au quinquina , au mars , et à d’autres remèdes semblables qui alor# produisent des effets qu’ils n’auraient pas produits sans cela.
de la Goutte.
4i. La principale attention qu’il faut avoir dans le traitement de la goutte, c’est que les remèdes fortifians , sob qu’on les tire de la matière médicale, ou du régime , ou de l’exercice , doivent être mis en usage pendant long-temps , et avec tout le soin imaginable. Car comme la cause de cette maladie et de la plupart des maladies chroniques a passé en habitude, et qu’elle est devenue, pour ainsi dire , une seconde nature , il n’y aurait pas de bon sens à croire qu’un changement léger et momentané, produit dans l’état du sang ou des humeurs par les remèdes ou le régime, put suffire pour la guérison. Il faut , pour cet effet , renouveler la masse des humeurs , et en quelque façon toute la machine.
Il n’en est pas de la goutte comme de certaines maladies aiguës. Celles-ci attaquent tout d’un coup , et jettent dans le plus grand danger un homme qui, peu de temps auparavant, se portait à merveille. La goutte agit lentement , et ne se déclare qu’au bout d’un certain temps, savoir, lorsque par les débauches et des excès de vin continués durant plusieurs années, par la cessation des exercices ordinaires , par une vie oisive et fainéante, ou bien par trop d’étude et d’application ; ou enfin de quelque autre manière, les différens levains se trouvent corrompus, les digestions ruinées, les fibres relâchées et flasques, le ressort des parties anéanti , 1 économie animale bouleversée, la nature déconcertée : alors les humeurs nuisibles s’accumulent, se développent, s’exalent, et ne trouvant point de résistance dans les articulations affaiblies, elles s’y jettent avec impétuosité , et y exercent toute leur violence ; de là les accès de la goutte.
Tous ces vices des liquides et des solides étant
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passés en habitude , il s’agit d’y remédier en rétablissant peu à peu les digestions, et en redonnant de l'élasticité aux fibres, à proportion de l’état où les unes et les autres étaient avant la maladie. On voit assez qu’une telle entreprise 11’est pa£ facile, et que pour en venir à bout il est nécessaire de continuer très-long- temps l’usage des remèdes; encore ne peut-on pas espérer de réussir pleinement, non-seulement parce qu’il est toujours extrêmement difficile de changer une habitude, quelle qu’elle soit, en son contraire ; mais aussi parce que la vieillesse , qui le plus souvent accompagne la goutte, met de fort grands obstacles à la guérison. On doit néanmoins la tenter autant que î age et les forces du malade le permettent ; car elle est plus ou moins violente , suivant que le malade est plus ou moins avancé en âge (i).
Remèdes di- Les remèdes digestifs, soit qu’ils soient tirés
gestifs doivent -, , , . P -, j : \ \ . *
être employés de la pharmacie ou de la dicte , doivent etre surraSes djsnter" tout empl°yês dans les intervalles des accès , et le plus loin qu’il est possible de l’accès futur : car à cause de l’obstacle qu’apporte la vieillesse , il n’est pas possible de fortifier les digestions , de rétablir les levains affaiblis , et de remettre le sang et les viscères dans l’état où ils doivent être, sans y employer beaucoup de temps , et un usage opiniâtre des remèdes.
43. Mais quel qu’utiles que soient les remèdes proprement dits , ils ne suffisent pas seuls pour
çes.
Il faut y joindre un régime co n vena x le.
(1) Cet avis est fondé sur le bon sens et la nature des choses ; car il serait absurde d’espérer qu’une maladie ancienne et profondément enracinée jpùt être guérie en peu de temps. Riais si l’usage des remèdes apporte du soulagement , cela doit encourager le malade à les continuer , puisque pour communiquer Uur vertu au sang et aux. humeurs de façon à en corriger les vices et le mauvais état , et pour rétablir le tou et le mouvement des solides , il leur faut nécessairement beaucoup de temps et de persévérance.
de la Goutte.
guérir la goutte , ni aucune autre maladie chronique, et il faut, outre cela, avoir grande attention aux choses non naturelles, sans quoi tout ce qu’on tenterait d’ailleurs serait absolument inutile.
D’abord il est nécessaire d’observer une certaine modération dans le boire et le manger, en sorte que d’un côté on ne prenne pas plus de nourriture que l’estomac n’en peut digérer, ce qui fournirait matière à la goutte ; et que d’un autre côté on ne s’affaiblisse pas encore davantage par trop* d’abstinence : deux extrémités qui sont également nuisibles , comme je l’ai plus d’une fois éprouvé, tant dans moi-même que dans les autres.
Quanta la qualité des alimens, quoique en général ceux qui sont faciles à digérer doivent être préférés aux autres, il faut néanmoins avoir égard au goût des malades; car souvent une chose indigeste , mais que l’estomac désire fortement , se digérera mieux qu’une autre , qui d’elle-mèmeest plus aisée à digérer, mais que l’estomac abhorre. Cependant il faut user avec beaucoup de modération des alimens qui sont d’une digestion difficile, quoique
l’estomac les demande.
Je crois aussi qu’on doit se contenter à chaque repas d’une seule sorte de mets, parce que si l’on en mange de plusieurs sortes à la fois, elles chargeront davantage l’estomac, que ne ferait une seule dont on mangerait la meme quantité que de toutes les autres ensemble. Au reste, à l’exception de la viande, on pourra user de tout le reste à sa fantaisie, pourvu qu’on évite les choses salées et épicées; car quoiqu'elles aident la digestion, elles ne laissent pas d’être nuisibles en ce qu elles mettent en mouvement le levain morbifique.
44* Pour ce qui est du nombre clçs repas , il faut , . n ne faut
4 * luire qu un
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seul repas par retrancher le souper , et se contenter du dîner, JOUi parce que le temps du sommeil n’est pas propre à
la digestion des alimens; mais c’est alors que les humeurs s’atténuent et se préparent. En place du souper, on boira quelques verres de petite-bière, ou de quelque autre liqueur équivalente. Cette boisson , en rafraîchissant et nettoyant les reins, empêchera la génération de la pierre dans les reins, à quoi les goutteux sont sujets. ïaetmvénien8 /j5. Depuis vingt ans on. s’est mis dans l’usage de diète lactée. donner le lait aux goutteux pour toute nourriture , en y ajoutant seulement une fois le jour un peu de pain. Le lait se prend cru ou cuit. Ce régime a mieux fait que tout le reste à la plupart d’entre eux tant qu’ils s’y sont tenus régulièrement ; mais dès qu’ils s’en sont écartés le moins du monde pour retourner aux alimens ordinaires, quelque légers et salutaires qu’ils fussent d’ailleurs, la goutte est revenue avec plus de fureur que jamais ; car le tempérament ayant été affaibli par la diète lactée, il s’est trouvé encore moins en état qu’au paravant de résister à la maladie , qui en est devenue plus violente , plus longue et plus dangereuse.
Celui donc qui veut entreprendre la diète lactée, doit bien examiner auparavant s’il pourra la eon* tmuer tout le reste de sa vie; chose qui lui sera peu t-être impossible, quelque courage et quelque résolution qu’il ait. Je sais un homme de condition qui, pendant une année entière, n’avait vécu que de Fait ; il n’en avait point été incommodé , et même il l’avait pris avec beaucoup dé plaisir. Durant tout ce temps-là il faisait au moins une selle chaque jour. Mais tout à coup son ventre se resserra, et il eut un si grand dégoût du lait, que malgré l’envie qu’il avait de le continuer , il fut obligé de l’abandonner.
de la Goutte.
Certains hypocondriaques qui sont gros et replets, et qui ont fait un long usage des liqueurs spiritueuses , ne peuvent en aucune façon soutenir le lait ; et même l’avantage passager qu’en retirent ceux qui s’en accommodent, vient de ce qu’il adoucit le sang et en tempère Fâcreté, et sur-tout de ce qu’étant une nourriture très-légère, il empêche le bouillonnement des humeurs qui produit l’accès de la goutte.
Mais, d’un autre coté, le lait ne convient pas à tout le monde; et pour ce qui est de ceux à qui il convient, il ne les exempte de la goutte que durant le temps qu’ils en usent pour toute nourriture, et non au-delà : car comme il ne remédie point à la cause antécédente et primordiale de la maladie, qui est la faiblesse des digestions, et qu’il l’augmente au contraire, il devient plus nuisible à cet égard, qu’il n’est utile par sa qualité d’adoucir l’âcreté des humeurs.
Quelques Médecins, pour n’avoir pas fait cette attention, ont commis d’étranges fautes; car ne „ s’occupant qu’à combattre la cause prochaine de la goutte , savoir , la chaleur et Fâcreté des humeurs , ils ont achevé de ruiner les digestions et toutes les fonctions naturelles. Au reste , je ne doute point que les décoctions d’avoine ne pro* duisent d’aussi bons effets que le lait, pourvu que l’estomac puisse s’en accommoder (i).
(i) Les Auteurs Praticiens ont beaucoup écrit pour et contre l’usage des la diète lactée dans la goutte et les autres maladies chroniques ; mais oa ue peut nier que si elle a ses inconvéniens , elie n’ait aussi de grands avantages , et que si elle manque quelquefois de réussir , il n’y ait une infinité de cas où elle produit des effets merveilleux;. Il serait donc à souhaiter que les Auteurs qui ont vanté la diète lactée dans la goutte , et ceux qui l’ont décriée , eussent communiqué exactement et sincèrement leurs observations sur les bons et les mauvais effets de ce remède , qu’ils eussent rapporté en détail les circonstances dans lesquelles il avait été employé , et les effets
s 38 Trait#
Petite bière est 4 6. Quant aux liqueurs qui doivent servir de
égoutte118 la boisson aux goutteux , je crois que les meilleures sont celles qui tiennent un certain milieu entre la force du vin et la faiblesse de l’eau. Telle est , par exemple, la petite-bière houblon née ou sans houblon ; car les liqueurs trop fortes ou trop faibles nuisent également.
Le vin n’y y a un proverbe qui dit : buvez ou né buvez
convient pas. i • r 1 , , , -XT ,
pas du vin , vous aurez egalement la goutte. JNeanmoins c’est une chose certaine et confirmée par une infinité d’expériences, que le vin est nuisible aux goutteux. On croit qu’il aide les digestions , dont les vices , comme je l’ai établi auparavant, sont la cause antécédente de la goutte. Mais il est sûrement nuisible, en ce qu’il échauffe et remue l’humeur morbifique , qui est la cause immédiate de la maladie.
Je ne conviens pas même que le vin pour boisson ordinaire aide les digestions; je soutiens plutôt qu’il les ruine , excepté dans ceux qui y sont accoutumés depuis long-temps. Car quoiqu’il communique une chaleur passagère , il est certain néanmoins qu’il corrompt les levains du corps, et dissipe les esprits. De là vient, si je ne me trompe , que les grands buveurs et les débauchés périssent ordinairement par la goutte , la paralysie, l’hydropisie , ou par d’autres mala* dies froides*
De plus, l’usage immodéré du vin relâche et affaiblit le corps , au lieu que les liqueurs tempérées le fortifient : c’est pourquoi ceux qui ont
qui s’en étaient suivis : de cette manière on saurait pourquoi il a réussi ou n’a pas réussi, et on serait en état de déterminer avec quelque certitude le cas où il convient , et les précautions qu’il faut prendre pour en rendre i’usage salutaire , et au contraire le* cas où il ne convient pas.
de la Goutte. 239
toujours usé de ces sortes de liqueurs, sont trèsrarement attaqués de goutte.
Il faut encore observer que cette maladie arrive principalement aux hommes pléthoriques et sanguins. Or, l’usage du vin augmente encore la pléthore , accumule de nouvelles humeurs , et met en action le levain morbifique. D’ailleurs , comme le sang des goutteux ressemble entièrement à celui que l’on tire dans la pleurésie et dans les autres maladies inflammatoires , on voit assez que les liqueurs spiritueuses ne peuvent que l’enflammer davantage , et que c’est jeter de l’huile sur le feu.
Mais d’un autre côté , les liqueurs trop rafraîchissantes ne valent pas mieux ; car quoiqu’elles n’excitent pas de douleur , elles achèvent de ruiner les digestions, éteignent la chaleur naturelle, et causent meme quelquefois la mort , comme on a vu arriver à ceux qui ayant bu du vin avec excès jusqu’à leur vieillesse , l’ont quitté tout d un coup pour ne boire que de l’eau ou d’autres liqueurs aussi faibles (1).
47. Ainsi les liqueurs qui conviennent pour la boisson ordinaire des goutteux , sont celles qui , quoique prises en grande quantité , n enivrent point , et qui, d’un autre côté , ne sont pas assez froides pour blesser l’estomac. Telle est , comme je l’ai déjà dit, notre petite-bière. Dans le pays où il n’y en a pas , on peut y substituer un mélange de beaucoup d’eau avec un peu de vin.
Je crois que l’eau toute pure est dangereuse , Eu quel cas et je l’ai éprouvé telle sur moi-même. Cependant reaitoatep^
(1) L’expérience montre que les gens sujets à la goutte , ne doivent pas^ user d’une nourriture trop légère ; ainsi il est à propos et même nécessaire de permettre un usage modéré du vin à ceux qui sont avancés eu âge , qui ont l’estomac froid , ou qui sont natureUesqeut faibles.
Traite
elle ne l’est pas quand on en a lui toute sa vie. Encore aujourd’hui la plupart des hommes ne boivent que de l’eau , et iis sont plus heureux dans leur pauvreté que nous avec notre abondance et notre luxe ; car par ce moyen ils sont exempts de la goutte , de la pierre , de l’apoplexie , de la paralysie , et de plusieurs autres maladies qui régnent dans les pays où l’on use de liqueurs spiritueuses.
Nécessité dans 48. Lorsque la goutte est légère et n’attaque que k goutte mvé- }0in en |Qjn q suffit de se réduire à l’usage
tér66 (16 S clDS- ' o
tenir de toute de la petite-bière , ou du vin bien trempé ; mais mtnt<Lr fer" lorsque la maladie est violente , et qu’elle a passé, pour ainsi dire , en nature , il est absolument nécessaire de s’abstenir de toute liqueur fermentée, quelque légère qu’elle soit ; car les liqueurs fermentées les plus légères contiennent toujours des esprits ardens , qui agitent les humeurs , et leur communiquent un certain degré d’acrimonie. Quelle sorte Ainsi on doit prescrire aux goutteux pour convient alors boisson ordinaire , des decoctions de plantes ou tisanes les moins désagréables qu’il se pourra ; mais il faut qu’elles ne soient pas trop chargées et trop fortes , parce qu’elles échaufferaient presqu’autant que le vin ; et qu’elles ne soient pais aussi trop aqueuses et trop faibles , parce qu’elles ruineraient les digestions par trop de rafraîchissement. Une telle boisson dégoûtera d’abord un peu le malade pendant une semaine ou deux; mais ensuite il la trouvera aussi agréable que les autres liqueurs auxquelles il était le plus accoutumé. Son appétit ne diminuera point, augmentera au contraire , et deviendra plus naturel.
Un autre avantage que trouvera le malade dans l’usage habituel de cette boisson , c’est qu’il pourra se donner un peu plus de liberté à l’égard dés
de la Goutte. <i!\ï
alimens , que lorsqu’il buvait du vin ou de la bière ; parce que cette liqueur réparera et corrigera en quelque manière les fautes qui se commettront dans le régime , et qu’il est presque impossible d’éviter entièrement. Mais le principal avantage quelle procurera , c’est qu’elle préviendra la pierre, qui accompagne presque toujours la goutte ; au lieu que le vin , et meme la petitebière , augmentent les douleurs de la pierre , et contribuent à sa génération. La liqueur suivante, qui est agréable au goût et d’une belle couleur, me plaît extrêmement.
Prenez de la salsepareille , six onces ; de (i) * * * * * 7a Bécocyon squine , du sassafras , et de la râpure de corne de pour boisson cerf , de chacune deux onces ; de la réglisse , ordmaire* une once. Faites bouillir le tout dans seize livres d’eau de fontaine pendant une demi-heure . Puis laissez cette décoction pendant douze heures sur les cendres chaudes , le vaisseau bien fermé. Fai tes-la bouillir ensuite jusqu à la diminution du tiers ; et aussitôt que vous V aurez retiiée du feu , mette z-jr infuser une demi-once de graine d’anis .
Deux heures après , coulez la liqueur , laissez-la dépurer par résidence , et mettez-la dans des bouteilles de verre , que vous boucherez exactement (i).
49- Il ne faudra commencer l’usage de cette En quel temp* liqueur qu’a près la fin d’un accès, et non pas llfautcT' dans 1 accès meme , parce que les humeurs étant user, alors en mouvement , il serait dangereux de
(i) La salsepareille est une racine sudorifique , qui divise et atténue les
humeurs grossières et visqueuses ; c’est pourquoi on la regarde comme un
spécifique dans la goutte , la paralysie , et autres maladies chroniques invé¬
térées.
Le Docteur Cheyne observe que sa principale vertu est dans l’écoree qui contient ses parties les plus actives , et qui étant tendre et spontagieuse , les laisse plus aisément échapper dans la décoction; aussi recommande-t-il
dans la goutte une légère décoction de cette éoorce.