‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 58 sur 156 · LA FIÈVRE D’HIVER · texte numérisé non relu

LA FIÈVRE D’HIVER

Description I . Lr Lecteur me permettra d’ajouter ici quelque

fnte^ur rente6 chose qui est d’une grande importance pour la nommée fièvre distinction et le traitement des fièvres, et que j’aurais dû dire plus tôt si cela ne m’avait échappé. J’ai observé que tous les ans, depuis le commence» ment de l’hiver jusque vers le milieu du printemps , il règne une certaine fièvre entièrement différente de la fièvre stationnaire ou épidémique de la constitution générale d’alors, et qui demande aussi un traitement tout-à fait différent. Cette fièvre doit être mise au nombre de celles que je nomme intercurrentes.

Ses causes. 2. 11 paraît qu’elle vient d’un air froid, épais et humide, qui, bouchant les pores de la peau et empêchant la transpiration , surcharge le sang d’une abondance de sérosité, laquelle s’y corrompant par le long séjour, cause aisément la fièvre , dès que la personne prend froid, ou à la moindre autre occasion.

Scs symptô- 3. Si l’humeur morbifique est en grande quan- *ftU' tité, elle produit la fièvre que j’ai décrite dans le Traité des maladies aigues , section 6, chapitre 4 s sous le titre de fausse péripneumonie. Mais si cette humeur est moins abondante, elle produit seulement les symptômes que je vais décrire. Un jour ou deux après que la fièvre a commencé, le ma-

Addition touchant la Fièvre d’hiver. 297

îade a tantôt chaud , tantôt froid ; il se plaint d une douleur à la tête et dans les membres, et d’un certain malaise par-îout le corps : la langue est blanche , le pouls n’est pas fort différent de celui des personnes en santé , l’urine' est trouble et fort rouge, le sang que l’on tire ressemble à celui des pleurétiques. Il y a ordinairement de la toux ; mais cette toux n’est pas accompagnée d’une difficulté de respirer, cl’une oppression de poitrine, et d une douleur de tète violente pendant que Ton tousse , comme il arrive dans la fausse péripneumonie. Ainsi cette fièvre n’ayant pas les principaux symptômes de la fausse péripneumonie, quoiqu’elle n’en diffère que du plus au moins , je la nommerai fièvre d hiver.

A- C’est une maladie qui d’elle-même est peu Elle est dange-

•j, il ? . it .a A reuse quand

considerable , n ayant d autres symptômes que ou n traite ceux qui arrivent lorsqu’on a eu froid. Cependant si on la traite mal, elle est suivie d’un grand nombre d’accidens qui sont quelquefois mortels ; car si on oblige le malade de garder le lit, et si outre cela on l’échauffe par des cordiaux, sous prétexte de le faire suer , il arrive très-souvent qu’au lieu de dissiper la fièvre, on attire le délire ou la léthargie ; le pouls se dérange et devient languissant, la langue se sèche, la peau se couvre de taches rouges, et quelquefois même un peu livides.

Ces symptômes et d’autres semblables , que quelques-uns attribuent à une prétendue malignité, car c’est-là leur terme favori , ne sont que l’effet de la mau vaise manière dont on a traité la maladie. Le sang dans cette fièvre n’étant déjà que trop disposé à s’enflammer , si on l’échauffe encore en donnant des cordiaux, et en obligeant le malade de garder le lit, s’enflamme aisément; d’où il arrive que les esprits animaux se mettent en désordre , et que

Addition

la matière morbifique se portant au cerveau , jette le malade dans un danger manifeste, comment il 5. Le but que je me propose dans le traitement, am la traiter. esj- d’évacuer par la saignée et par des purgations réitérées, la grande quantité de pituite que le froid de Thiver a accumulée dans le sang. Pour cela , dès que je suis appelé je fais tirer du bras droit neuf ou dix onces de sang; le lendemain , je donne au malade la potion purgative suivante, dont j’ai coutume de me servir dans ma pratique.

Potion pUrga- Prenez tamarins , de mi- once ; séné , deux gros ; tive* rhubarbe , un gros et demi. Faites bouillir le tout

dans suffisante quantité d eau que vous réduirez ci trois onces. Coulez la liqueur , et y dissolvez manne , et sirop de roses solutif , de chacun une once , pour une potion qui sera prise de grand matin.

Je réitère cette potion deux autres fois, laissant un jour d’intervalle entre chaque purgation , à moins que tous les symptômes n’aient disparu plus tôt. Le soir de la purgation , je donne un calmant, savoir, une once de sirop diacode. Les jours que le malade ne prend pas médecine, il use d’une décoction pectorale, et d’un looch fait avec l’huile d’amandes douces , le sirop de capillaire et le sirop violât, supposé qu’il tousse. Si la fièvre est violente et le sang fort échauffé , j’ordonne une émulsion avec les semences froides ou bien le julep suivant.

Juiep pafrat- Prenez des eaux de nènufar , de pourpier , et de

eha.is.sant. 7. 77 . 1 M x j 7 •

laitue , de chacune quatre onces ; du sirop de timon , une once et demie ; du sirop violât , une once. Mêlez tout cela pour un julep , dont le malade boira à sa volonté.

Régime; 6. Durant ce temps-là je veux que le malade se tienne levé pendant le jour, et je lui interdis l’usage de la viande. Mais après la première ou la

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