‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 70 sur 156 · DU MSSEME5T DE S AK G · texte numérisé non relu

DU MSSEME5T DE S AK G

attaqué de la Depuis quelques années , s’il m’arrive de cora* goutte inter- metj-re quejque faute à l’égard des six choses non

naturelles , ma goutte remonte. *Les signes de cet accident sont de grands maux de cœur , des envies de vomir , et un peu de douleur dans le ventre. La douleur des extrémités cesse tout à coup , et leur mouvement est plus libre qu’à Comment il se l'ordinaire. Dans ce cas-îà , j’avale quatre pintes de posset ou de petite-hière , et dès que j’ai revomi toute cette boisson , je prends un petit verre de vin de Canarie , où l’on a mêlé dix-huit gouttes de laudanum liquide ; ensuite je me mets au lit, et demeure tranquille. Cette méthode m’a déjà quelquefois sauvé la vie (i).

Apologie de 9. Or, quoiqu’il ne convienne peut-être à perrAuteur. s0nne ? et encore moins à un homme dont la vie ou la mort est d’une si petite conséquence , de parler si long-temps de lui-même , mon intention néanmoins en rapportant ces particularités, a été de les rendre utiles à d’autres , dont la vie et la santé pourront être d’une plus grande importance. Danger de io. Je dois avertir ici que les gens attaqués du manuèc t dis- calcul et de la goutte s’exposent à un grand soute dans des danger lorsqu’ils prennent inconsidérément de e.mx puigati manne dissoute dans des eaux minérales purgatives. Car quoique la manne purge alors plus promptement, et cause moins de nausées, ces faibles avantages ne dédommagent nullement du tort que font les eaux. En effet , si le calcul contenu dans les reins est trop gros pour être expulsé dans la

,ves.

(1) Voyez Cbeyne, Essai sur la Goutte , p. 76, 77. Voyez aussi notre ‘Auteur , Tixiité de la Goutte , p. 252 , tium. 62 , note (1).

Les narcotiques ne doivent être employés dans le cas présent qu’avec beaucoup de précaution et de réserve, crainte d’affaiblir les parties internes et de fixer la douleur , comme il arrive aisément quand cd les donne eu trop grande dose f ou trop long-temps.

CxUJSÉ PAR LE CALCUL DES REINS.

vessie le long des uretères , les eaux causent le plus souvent un accès de néphrétique très-dangereux, et qui dure jusqu’à ce que la pierre soit rentrée dans le bassinet.

Il y a meme du danger pour le malade de prendre les eaux martiales , à moins qu’il ne sache sûrement que la pierre contenue dans les reins n’est pas assez grosse pour ne pouvoir descendre par les uretères. Or, le seul moyen , ce me semble, d’en être assuré , c’est lorsque le malade a déjà essuyé précédemment quelques attaques de néphrétique , savoir , une douleur violente dans l’un des reins et le long de l’uretère , avec un grand vomissement car alors on peut juger que cet accès a été produit par une petite pierre ou un gravier qui , s’étant insinué dans l’uretère , cause les symptômes de la néphrétique , dont l’accès ne cesse guère que quand cette pierre ou ce gravier est tombé dans la vessie ; et qu’ainsi il y a plutôt dans le bassinet des reins un amas de petites pierres ou de graviers, qu’une pierre considérable. Dans ce cas-là , rien de plus efficace , Utllîtë à** soit pour empêcher l’augmentation des petits eal-ies^ q^nd'a

culs , soit pour en débarrasser les reins, que de y a<*u gravier 1 . 7 , t 1/-/1 1 . , 11111118 ies rfcms-

boire abondamment tous les etes les eaux martiales.

ii. Mais comme il arrive souvent qu’on n’est Comment ii

\ . / i ii ' 1 i , faut traiter

pas a portée de ces eaux , ou quel accès de ne- lme attaoue phrétique survient dans une saison qui n’est pas de sraveliefavorable pour les prendre , voici la mélhode qu’on doit suivre en pareil cas. Si le malade est d’un tempérament sanguin , et qu’il ne soit pas trop avancé en âge , on lui tirera dix onces de sang au bras , du côté du rein affecté ; ensuite il avalera promptement quatre pintes de posset où l’on aura fait bouiiiir deux onces de racine de guimauve , et on lui donnera le lavement suivant.

Lavement

émollient.

Eaux martiales sont pernicieuses dans le cas d’une grosse pierre , et dans la goutte.

358 BU PlSSEM. DE SANG CAUSÉ PAR LE C ALC. DES REINS.

Prenez racines de guimauve , oignons de lys y de chacun une once ; feuilles de mauve , de parié taire , de branc-ursinc , et fleurs de camomille , de chacune une poignée ; graines de lin et de fenugrec , de chacune demi-once . Faites bouillir tout cela dans suffisante quantité deau qui sera réduite à une livre et demie. Coulez la liqueur , et y dissolvez deux onces de sucre , et autant de sirop de guimauve.

Dès que le malade aura rejeté le posset par le vomissement , et aura rendu son lavement , ou lui donnera une bonne dose de laudanum liquide, par exemple , jusqu’à vingt-cinq gouttes, ou bien, quinze ou seize grains de pilules de Matthieu.

On ne saignera point les vieillards qui sont épuisés par quelque longue maladie , ni les vieilles femmes vaporeuses , sur-tout si au commencement de l’accès elles rendent une urine noirâtre et mêlée de sable. Pour tout le reste , on se conduira entièrement comme nous avons dit.

12. Si le malade n’a jamais eu d’accès de néphrétique , parce que la pierre contenue dans le bassinet des reins est trop grosse pour en pouvoir sortir , les eaux martiales seront non-seulement inutiles , mais encore très-dangçreuses , par les raisons rapportées ci-devant. Elles ne nuisent pas moins quelquefois aux goutteux avancés en âge , comme il le sont le plus souvent , et qui sont avec cela d’un tempérament faible et pituiteux ; car elles achèvent de ruiner le peu de forces qui leur reste. Mais quelle que soit la cause du mai qu’elles font alors, je sais certainement qu’elles ont été mortelles à plusieurs vieillards que la goutte avait réduits à une extrême faiblesse.

Voilà à peu près tout ce quej’ai découvert sur la curation des maladies , jusqu’au jour présent 26) Septembre 1686.

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