‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 88 sur 156 · DE LA FIÈVRE ÉRYSIPÉLATEUSE · texte numérisé non relu

DE LA FIÈVRE ÉRYSIPÉLATEUSE

1. Toutes les parties du corps, et Sur-tout le visage , sont enflées , douloureuses, et très-rouges ; la peau est couverte de petites pustules fort proches les unes des autres qui se convertissent quelquefois en vésicules qui se répandent sur le front et sur la tète ; les yeux sont cachés par l’enflure ; le malade est tourmenté de frissons , de trembleraens, et de tous les autres symptômes delà fièvre.

Dans une autre espèce de la même maladie, qui arrive après avoir bu des boissons atténuantes , il survient une petite fièvre, et des pustules semblables à celles qui causent les piqûres d’orties , qui sont quelquefois élevées en forme de vésicules , qui disparaissent ensuite, se cachent sous la peau, causent une grande démangeaison , et se montrent de nouveau , quand on les gratte.

Il y a une autre sorte d’éruption qui paraît le plus souvent sur la poitrine par une tache fort large élevée à peine au-dessus de la surface de la peau, qui est furfureuse, etqui fournit desécaiiles jaunâtres Tant que cette tache subsiste , le malade se porte assez bien, et quand elle s’évanouit , il est légèrement indisposé , son urine est trouble et jaunâtre. Ce mal se guérit par les mêmes remèdes que le prurit violent et opiniâtre Le malade usera de vin et d’alimens de bon suc.

2. Il faut d’abord tirer neuf à dix onces de sang au bras, et le jour suivant on donnera une potion purgative ordinaire.

POUR GUÉRIR LES M 4L ABIES. 3qi

Prenez racines de guimauve et de lis , de chacune une once ; feuilles de mauve , de sureau et de bouillon blanc ; fleurs de camomille et de melilot , sommités de millepertuis et de petite centaurée , de chacune une poignée ; graines de lin et de Je nugrec , efe chacune demi-once . Faites bouillir le tout dans suffisante quantité d’eau que vous réduirez à trois livres. Coulez la liqueur , sur chaque livre ajoutez deux onces d eau-de-vie. Trempez dedans un morceau d étoffe de laine , que vous exprimerez et appliquerez chaudement deux fois le jour sur la partie malade ; après quoi ïon se servira de la mixtion suivante ,

Prenez eau-de-vie , une demi-livre ; thériaque ? deux onces ; poivre long et clous de gèrofle en poudre , de chacun deux drachmes. Faites une mixtion dont on imbibera un papier brouillard pour envelopper la partie malade.

3. Si le mal ne cède pas à une première saignée 9 on en fera une seconde ; et si cela ne réussit pas , on en fera encore deux autres , laissant toujours entre chaque saignée un jour d’intervalle.

4. Les jours qiuon ne saigne pas, il faut ordonner un lavement composé de lait avec le sirop violât ; une émulsion rafraîchissante , et un julep rafraîchissant.

5. Dans un prurit excessif et des éruptions invétérées de la peau , qui ne cède pas à la saignée et à la purgation :

Prenez thériaque , demi-gros ; èlectuaîre d œuf ^ un scrupule ; racine de serpentaire de virginie réduite en poudre fine , quinze grains ; pierre de hézoard oriental , cinq grains ; sirop d écorces de citron , ce quil en faut pour former un bol , qui sera donné à V heure du sommeil pendant vingt

Méthode complète

et un jours ; et le malade boira par-dessus six cuillerées du julep suivant .

Prenez eau de chardon bénit , six onces ; eau épidémique , et eau thériacale distillée , c/e chacune deux onces; sirop d œillet, une once. Mêlez tout cela ensemble,

6. Le malade avalera tous les matins une demilivre de petit-lait chaud , et suera pendant une heure.

7. Après Fusage de ces remèdes, si les pustules ne se dissipent pas , il faudra faire sur les parties malades une onction avec le liniment qui suit.

Prenez onguent de racine de patience sauvage , deux onces ; onguent pomatum , une once ; fleurs de soufre , trois drachmes ; huile de bois de rhodes , un de mi- scrupule. Faites un Uniment.

8. Mais il ne faut user de ces derniers remèdes qu’apres avoir saigné et purgé le malade , plus ou moins, selon le besoin.

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