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Tome

Chap. I.

Dénombrement des fièvres intercurrentes.

Fièvre est la maladie primitive,

Fièvres îutercurrentes sont quelquefois épidémi-

Fièvres intercurrentes.

SO it la constitutioii générale de l’année. Et parce SecxionVi. maladies sont quelquefois épidémiques

de meme que les autres , et que néanmoins elles attaquent indifféremment dans toutes sortes d’années, je les nomme intercurrentes ^ afin de les distinguer de celles qui sont renfermées dans un certain nombre d’années continues.

En quoi les L Qj. quoiouc CCS dcux sortes de fièvres dif-

iievres inter- ^ i 1?

ciirrentes et lerent extrêmement lune de 1 autre , par rapport rS^iersem- causcs qui dépendent de l’air , elles se ressemblent. blent souvent par rapport aux autres causes extérieures et antécédentes. Car , sans parler de la contagion qui produit quelquefois des fièvres stationnaires , et de la crapule qui est la mère des Beaucoup uucset dcs autrcs , unc cause extérieure et evi-

ele hevres sur- , •<-!/-«' 5i ?

viennent pour ciente ue quaiitite de rievres, c est lorsqu on quitte avoir eu froid, trop bonne heure ses habits d’hiver , ou lorsqu’on s’expose imprudemment au froid dans le temps qu’on est échauffé par l’exercice. Alors les pores de la peau étant tout à coup bouchés , et la transpiration interceptée, il survient telle ou telle espèce de fièvre , suivant que la constitution générale qui règne alors , ou le vice particulier des humeurs détermine l’une plutôt que l’autre.

Pour moi , je pense qu’il périt un plus grand nombre de gens par des fièvres de cette nature , que par la guerre , la peste et la famine prises ensemble. En effet, si un Médecin se donne la peine d’interroger en détail le malade qui est attaqué de quelqu’une des maladies aiguës dont nous parlons , sur ce qui a premièrement occasioné sa maladie , il trouvera presque toujours qu’elle est venue ou de ce que le malade a quitté trop tôt quelque habit qu’il portait depuis longtemps, onde ce qu’il a eu froid tout à coup, lorsqu’il était échauffé. C’est pourquoi j’ai toujours

Fièvres intercurreîs’Tes. 3^5

soin d’avertir mes amis , de ne quitter aucun de ^ leurs habits ordinaires, si ce n'est un mois avant le solstice d’été; et je les avertis de même d’éviter soigneusement le froid, lorsqu’ils se sont échauffés par quelque exercice.

5. Mais il faut remarquer ici avec soin que , Mala dies iaquoique les maladies dont j’ai à parler sous le gonT'^iT^piunom di intercurrentes , soient presque toutes des esseotieimaladies essentielles, il se joint néanmoins sou'^^^* vent aux fièvres stationnaires des accidens qui ressemblent aux maladies intercurrentes qui portent le même nom , et qui ne sont toutefois que ‘ des symptômes des fièvres stationnaires. Dans ce cas-là , il ne faut pas employer la méthode qui convient à ces maladies , lorsqu’elles sont essentielles ; mais celles que demande la fièvre de laquelle elles sont des symptômes; et , pour les traiter , il faut seulement changer quelque petite chose à la méthode de cette fièvre.

En général , on doit faire grande attention à la fièvre de l’année , et examiner par quel moyen on peut le plus facilement la guérir , si c’est par la saignée , par les sueurs , ou par quelqu’autre méthode. Faute de cette attention , on prendra très-souvent le change , et on mettra des malades en grand danger.

Si quelqu’un objecte que les accidens que j’appelle maladies essentielles ^ et dont il s’agit maintenant, ne sont réellement que des symptômes, je réponds qu’ils peuvent être quelquefois des symptômes de la fièvre qui dépend de la constitution annuelle ; mais qu’ils sont toujours des symptômes des fièvres qui les produisent nécessairement. Par exemple, dans la pleurésie essentielle , la fièvre est de telle nature , qu’elle dépose toujours sur la plèvre la matière morbifique.

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Dans l’esquinancie essentielle , elle dépose toiijours la matière morbifique sur le gosier ; et ainsi des autres fievres intercurrentes : au lieu que dans les fievres stationnaires, cela n’arrive que par accident , et non pas nécessairement , en quoi ces maladies sont très-differentes les unes des autres.

Comment on fi. Or, pour bien distinguer les maladies que gueules mala- j’appelle essentielles ^ d’avec celles qui sontpuïeTdwriel symptomatiques , il faut savoir que les

symptomati- symptômes qui accompagnent le commencement gués. pleurésie ou de l’angine , lorsque ces ma¬

ladies sont de simples accidens d’une fièvre stationnaire , sont entièrement les mêmes que ceux qui accompagnent cette fièvre quand elle commence. C'est ce qu’on voyait dans la pleurésie symptomatique dont nous avons parlé , et qui , en 1675 , se joignit à la fièvre épidémique. Tous ceux qui étaient attaqués de cette pleurésie , ressentaient dans le commencement une douleur à la tête , au dos et dans les membres. C'était là les symptômes les plus conslans et les plus ordinaires de la fièvre épidémique ; car ils survenaient avant qu’il y eût des pleurésies , et ils subsistaient après qu’elles eurent cessé.

Mais , quand les maladies intercurrentes sont essentielles et primitives , elles arrivent indifféremment dans toute sorte d’années , et n’ont rien de commun avec la fièvre stationnaire qui règne alors. D’ailleurs tous les symptômes se manifestent davantage , n’étant point mêlés et confondus avec des symptômes d’une autre nature, et qui appartiennent à une autre fièvre. Outre cela , le temps auquel la plupart des maladies intercurrentes essentielles ont coutume de rç-

Fièvres tntercurkentes. 827

gner , marque assez souvent à quelle classe ü faut les rapporter.

Au reste , le meilleur moyen de distinguer sûrement ces maladies et toutes les autres , c’est d’etre si bien instruit de tous leurs symptômes par des observations exactes et fidèles , qu’à la première inspection , on ne puisse se méprendre dans le diagnostic, quoiqu’il y ait peut-être d’autres différences caractéristiques si subtiles et si délicates , qu’il soit impossible de les faire entendre par des paroles.

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