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CHAPITRE PREMIER

Des Fièvres intercurrentes,

I. ]\Ies observations des années précédentes font assez voir qu’entre les diverses sortes de fièvres, il y en a qu’on peut appeler avec raison stationnaires \ j’entends celles qui, dépendant d’une constitution particulière de telle ou telle année, régnent chacune à leur tour, se répandent extrêmement, et dominent, pour ainsi dire, sur les autres, tant que dure la constitution. De savoir maintenant s’il y a d’autres sortes de fièvres sta- ' tionnaires ^ outre celles dont j’ai parlé; et si, au bout d’un certain nombre d’années, elles reviennent et se suivent les unes les autres avec un ordre constant et inv^ariable , ou si la chose est autrement, c’est ce que je n’ai pas encore pu découvrir.

Mais il y d’autres fièvres continues qui , quoiqu’elles régnent tantôt plus violemment, tantôt moins violemment, ne laissent pas dans la même année de se mêler indifféremmentavectoutessortes de fièvres stationnaires ^ et les unes avec les autres. Je crois devoir , par cette raison, les appeler tercurrentes. J’exposerai dans les Chapitres suivans ce que l’observation m’a appris jusqu’à présent, tant de leur nature que de la manière dont il faut les traiter. Ces fièvres sont la fièvre rouge , la plem

Fièvres intercurrentes.

rcsie , la fausse péripneumonie, le rhumatisme, la fièvre érysipélateuse , l’esquinancie , et peutêtre quelques-autres.

2. Or, comme la fièvre accompagne toutes ces maladies, du moins pendant un certain temps, jusqu’à ce que la matière fébrile se soit déchargée sur telles ou telles parties, suivant la nature de la maladie , je ne doute point qu’on ne doive regarder la fièvre comme la maladie primitive, et qu’on ne doive regarder les autres accidens, desquels ces maladies tirent le plus souvent leur nom , comme des symptômes qui sont critiques, ou qui dépendent principalement de la partie sur laquelle se jette le mal. Mais, pourvu qu’on convienne de la chose, je, ne disputerai pas sur les noms, bien entendu que j’aurai aussi la liberté de désigner une maladie par tel ou tel nom qu’il me plaira.

3. Comme les fièvres stationnaires^ ainsi que nous avons dit, sont plus ou moins épidémiques, suivant qu’elles sont favorisées par la constitution de l’année, c’est-à dire par la température secrète et inexplicable de l’air ; de meme les fièvres intercurrentes aussi quelquefois épidémiques, mais moins souvent que les autres : quoiqu’elles viennent ordinairement d’un vice particulier du sang et des humeurs, elles viennent aussi quelquefois d’une cause générale qui est dans l’air; et cette cause produit dans le sang et les humeurs telle ou telle intempérie qui est la cause immédiate de ces fièvres.

Par exemple , lorsqu’après un froid qui a été long, et qui a duré jusque bien avant dans le printemps, il vient tout à coup des chaleurs, on voit ordinairement des pleurésies, des esquinancies , et d’autres maladies semblables, quelle que

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