CHAPITRE III
De la Pleurésie.
I. (.JETTE Maladie qui est des plus fréquentes , En quel temps
. maladie
attaque en toute saison , mais sur-tout entre le survient, printemps et l’été ; car alors le sang étant échauffe par la chaleur de la nouvelle saison , bouillonne d’une manière extraordinaire , et se dérègle dans son mouvement. Les gens d’un tempérament
De la Pleurésie.
!i5ï±?— saiii^oiii sont plus sujets que les autres à la pieuresie, comme aussi les paysans et ceux qui sup-
Sessymptô- portent fie rudes travaux La maladie commence par un frisson et un tremblement qui sont suivis de chaleur , de soif et des autres symptômes de la fièvre. Quelques heures après, et quelquefois beaucoup plus tard , le malade est atteint d’un côté ou de l’autre , à l’endroit des côtes, d’une douleur vive et piquante , qui tantôt s’étend vers les omoplates, tantôt vers Fépine du dos, et d’autres fois vers le devant de la poitrine. Il est en meme temps affligé d’une toux fréjquente qui l’incommode extrêmement , parce qu’elle met en jeu des parties enflammées, ce qui oblige le malade de retenir de temps en temps sa respiration , pour s’empêcher de tousser.
La matière qu’il rend par les crachats est d’abord claire, en petite quantité , et souvent mêlée de particules de sang; ensuite elle est plus épaisse, plus abondante, et mêlée aussi de sang. La fièvre augmente à proportion des symptômes , et elle diminue aussi - bien que la toux, le crachement de sang , la douleur piquante , etc. , à mesure que rexpectoration devient plus facile (j)
î2. La matière morbifique n’acquiert pas toujours le degré decoction nécessaire pour l’expeC'
(i) Aretée décrit excellemment la pleurésie en ces termes: « Elle est accora- » pagnée d’une doulenr aiguë , qui s’étend jusqu’au gosier , et dans quel» » queS'Uns jusqu’au dos et aux épaules. Cette doulenr est suivie de dilïl- » culté de respirer, de veilles, de nausées , de rougeur des joues , et d’une M toux sècbe. Les crachats viennent diflficilement , et ils sont pituiteux , fort »> sanguinolecs , ou jaunâtres. Le mal est plus grand , si les crachats ne M sont pas sanguinolens , ou s’il survient un délire , ou un coma. » Cet Auteur dit aussi que les pleurétiques guérissent ou périssent dans sept jours ou dans quatorze jours , selon la violence des symptômes ; ou si b jr.aladie dure jusqu’au vingtième , il leur vient un empyème, V. Aret.
Vit'. I , chaj^K îo.
De la Pleurésie.
toration , et alors ce qu’oii rend parles crachats ^
arrive que la fièvre et les autres symptômes ne diminuent en aucune façon , et que le malade périt. Le ventre est quelquefois trop resserré, et d’autres fois trop libre , les selles étant fréquentes, et les matières trop liquides.
Quand la pleurésie est violente, et qu’on a négligé de saigner le malade , il arrive quelquefois qu’il ne peut tousser , qu’il a une très grande difficulté de respirer, et qu’il est prêt à suffoquer, parce que l’inflammation est si grande , que la poitrine ne saurait se dilater autant qu’il est néces« saire pour la respiration , sans causer une trèsvive douleur (i ; ; d’autres fois après une violente
(i) Les causes de qe symptôme ayant été très-exactement et très-clairement expliquées par le Docteur Hoadlej , nous rapporleroas ici son sentiment là-dessus. Différens obstacles , dit-il, peuvent empêcher le poumon de se dilater et de se contracter librement et fecilement. Les uns sont extérieurs , les autres intérieurs. Les obstacles extérieurs sont, premièrement , une adhérence à la plèvre ; secondement , une quantité <le liquide extravasé qui occupe une partie de la cavité de la poitrine , et ne laisse pas au poumon l’espace nécessaire pour ses mouveraens.
Quant à l’adhérence du poumon à la plèvre , c’est un cas si commun^ que le nombre de ceux que l’on trouve par l’ouverture avoir des adhérences , surpasse de beaucoup le nombre de ceux à qui on n’en trouve point ; mais ces adhérences sont peu étendues , siuon en des sujets qui ont été fort malades.
Tandis que l’adhérence est ainsi peu étendue , et que la personne jouit d’une santé passable , le poumon peut se dilater et se contracter avec assez de liberté , et la respiration n’est pas beaucoup gênée. Mais lorsque l’adhérence est fort étendue , et que le poumon et la plèvre sont enflammés , non-seulement cela gêne beaucoup la respiration , mais encore augmente la maladie.
Alors le symptôme qui fait juger le plus sûrement qu’il y a une adhérence, c’est lorsque le malade ne peut se coucher que sur un des côtés sans douleur, et avec une facilité passable de respirer. L’adhérence est toujours du côté sur lequel le malade se couche aisément.
Car, premièrement, lorsque le malade est couché sur le côté opposé, le poids du lobe qui est adhérent tend à le séparer de la plèvre , au lieu que quand le malade est couché sur le côté où est l’adhérence , cela n’arrive pas.
Secondement , lorsqu’il y a adhérence , et (jue les parties sont enflam*i
De la Pleurésie.
inflammation , et faute d’avoir saigné dans le corn- ' mencement (f) , le mal prend la voie de la suppuration , et forme un empyème; alors, quoique la fièvre primordiale cesse entièrement, ou du moins diminue beaucoup ,1e malade n’est pas hors d’affaire, mais il tombe dans la fièvre lente, et périt enfin par la phthisie.
mées, le mouvement de la respiration doit se faire avec plus détendue au côté opposé , afin de soulager les parties souffrantes. Mais lorsque le malade est couché sur le côté opposé , cette situation non-seulement empêche ce côté de soulager l’autre , les côtes sur lesquelles le malade est couché ne pouvant alors se mouvoir librement ; mais elle oblige aussi le côté souffrant d’exécuter la plus grande partie du mouvement de la respiration , ce qui doit nécessairement augmenter la douleur et la difficulté de respirer.
Il y a quelquefois des adhérences des deux côtés de la poitrine , lesquelles par les mêmes raisons ne gênent que peu on point du tout la respiration avant qu'il survienne quelque autre maladie du poumon ou de la plèvre. Et lorsque cetle maladie cause une inflammation ou une suppuration , un des côtés est ordinairement plus affecté que l’autre , et par conséquent il y a à peu près les mêmes symptômes que quand l’adhérence n’est que d’un côté seulement.
Dans les poumons qui ont long-temps souffert , l’adhérence s’éténd peu à peu , et quelquefois devient universelle. C’est ce que j’ai vu moi-même plus d’une fois, et qui mérite attention. Voyez l’Auteur , Leçons sur les organes de la respiration y p. 76 , 77.
(i) Le traitement de cette maladie consiste principalement dans la saignée , qni est extrêmement utile non-seulement dans les jeunes gens , mais encore dans les personnes âgées , parce qu’ ordinairement celles-ci ont plus de sang , et que leur sang est plus épais , plus visqueux , et produit des inflammations plus violentes ; c’est pourquoi on doit réitérer la saignée suivant leurs forces. Il faut avoir grand soin de proportionner [la saignée aux forces , et de régler tellement la quantité de sang, qu’on n’en tire ni trop , ni trop peu. Le trop non-seulement arrête l’expectoration , mais augmente l’engorgement que l’on voulait dissiper , ou le fait tourner eu gangrène. Le trop peu ne servant qu’à faciliter le cours du sang vers la partie affectée , augmente par ce moyen l’engorgement et l’inflamation. Voyez Hojfmann, Med. Rat. Sjstemat. torn. IV , part, i , p. 453.
Nous joindrons ici une excellente remarque du Docteur Huxliam, au sujet de la saignée dans les maladies du pouraou. « La saiguée , dit-il , bien loin d’être utile dans les maladies du poumon , lorsque l’expectoration se fait bien , l’arrête au contraire entièrement ; ainsi elle n’est indiquée en aucune façon , à moins qu’il n’y ait une pléthore manifeste , ou une douleur aiguë, ou une difficulté de respirer, ou que le malade ne erache du sang tout pur en assez grande abondance pour que la saiguée soit nécessaire ». Voyez ïinxham , de aëre et morb, épid. p»ge 52,
Be la Pleurésie.
3. Or , quoique la pleurésie, quand elle est une maladie essentielle, doive sa naissance à une in- La pleurésie Pammation particulière et spécifique du sang , elle ne laisse pas de survenir quelquefois par mati(jue. accident à d’autres fièvres, de quelque genre qu’elles soient; savoir, lorsque la matière fébrile se jette sur la plèvre ou sur les muscles intercostaux, (i). Cela arrive pour l’ordinaire dans le commencement de la fièvre , la matière morbifique étant encore crue , et n’ayant pas eu le temps de subir la coction et la préparation nécessaires pour être évacuée par les endroits convenables.
La cause la plus commune de cet accident, c’est l’usage que l’on fait mal à propos des remèdes chauds: en quoi pèchent certaines femmes de condition qui , ayant de la charité pour les pauvres, feraient beaucoup mieux de leur donner des alimens , que de se mêler de les médicamenter.
Il est vrai que leur vue, si toutefois elles en ont aucune, est d’exciter la sueur dès le commencement de la fièvre ; mais elles ne voient pas les funestes suites de cette manœuvre téméraire qui, en troublant la nature , l’oblige à se débarrasser
rnmmÊm^ r ■ ■ — ^ ■ n n i iii i ■ . , . i ■ ■ ■ ■ i . ■ ■ . ■ r — i i ■ riim
(l) La surface interne des côtes , les muscles intercostaux , le diaphragme, et toute la surface externe du poumon et du péricarde sont très-exactement recouverts de la plèvre , membrane forte et unie qui tapisse toute la cavité de la poitrine , et forme , par ses duplicatures, le médiastiu qui partage cette cavité en deux.
Dans l’état de parfaite santé, la plèvre est souple et flexible par-tout, alîn de pouvoir se prêter au mouvement continuel des parties qu’elle couvre : mais comme elle a beaucoup d’artères , de veines et de nerfs , elle est nécessairement susceptible d’engorgement, d’inflammation , de douleur et de suppuration , de même que les^autres parties du coi’ps. Ainsi lorsqu’elle est attaquée quelque part de l’un de ces aecidens , cela doit troubler beaucoup l’action des parties sur lesquelles elle s’étend ; et , selon que l’endroit affecté est appliqué aux côtes , ou au diaphragme , les côtes ou le diaphragme seront gênés dans leur mouvement. luern. j). 71 , 73.
De la Pleurésie.
par ou elle peut des hum ears encore crues; car
Section VL ’
alors la matière lebrile ne manque pas de se jeter tantôt sur les membranes du cerveau où elle produit la frénésie, tantôt sur la plèvre où elle
cause la pleurésie, sur-tout lorsque
age
et le
Etat du saiîjï
dans
tempérament des malades y contribue, et que d’ailleurs on est entre le printemps et Pété , qui est la saison où les fièvres tournent plus aisément en pleurésie. ,
4. Le sang que Ton tire dans cette maladie cette maladie, semble montrer qu’elle vient réellement du transport de la matière fébrile sur la plèvre , ou sur les muscles intercostaux. Ce sang, lorsqu’il est refroidi, du moins celui que l’on tire après la première saignée, ressemble par sa superficie à du suif fondu , ou à du pus : c’est quelque chose néanmoins de bien différent du pus, et qui n’est point liquide comme le pus ^ car quand on sépare cette partie d’avec le reste du sang, on trouve que c’est une pellicule tenace , ou une coéne assez épaisse , composée de fibres comme le reste du sang; et peut-être n’est-ce autre chose que des fibres du sang, qui, ayant perdu leur enveloppe rouge et naturelle , en se déposant sur la partie enflammée, se sont jointes ensemble , et ont formé la pellicule blanche dont il s’agit.
Mais il est bon de remarquer , pour le dire en passant, que si le sang, quand il sort de la veine, ne darde pas horizontalement , mais tombe per- ^ pendiculairement après avoir coulé le long du
bras , souvent il ne forme pas de pellicule blanche, quoiqu’il sorte avec impétuosité; phénomène <dont j’avoue que je ne sais pas la raison. Une saignée où le sang coule de la sorte , soit parce que l’ouverture est trop petite, soit par quelque autre raison , ne soulage pas autant le malade que lors-
De la Pleubésie.
que le sang darde horizonîalemerit ; et d’ailleurs quand le sang coule ainsi le long du Lras, il ne se trouve point dans les palettes de la couleur de celui des pleurétiques. J ai encore observé que, de quelque maniéré que soit venu le sang, si ou le remue avec le doigt aussitôt après la saignée , sa superficie sera rouge et vermeille comme dans les autres maladies.
Mais quelle que soit la couleur du sang dans la pleurésie, et quelque dangereuse que soit cette maladie, il est aisé delà guérir, si on la traite comme il faut; et on peut en venir à bout aussi sûrement que l’on vient à bout de quantité d’autres maladies.
5. Après avoir examiné soigneusement les dif- Ce que c’est férens symptômes de la pleurésie, je crois qu’elle n’est autre chose qu’une fièvre provenant d’une inflammation particulière du sang , et par laquelle la nature dépose la matière morbifique sur îa plèvre (i) , et quelquefois sur les poumons:
(i) La vraie pleurésie est une irsflammation du sang, causée par le séjour de ee liquide dans les petits vaisseaux, des bronckes, découverts par le célèbre Ruisch , et qui servent uniquement à la nutrition des membranes , des vésicules et des vaisseaux du poumon. C’est pourquoi le poumon est principalement affecté dans cette maladie , mais seulement à sa surface extéu'ieure. La vraie pleurésie est accompagnée d’une plus grande difficulté de respirer que la fausse ; il y a un crachement de sang , et la maladie se termine par l’expectoration. La fièvre y est plus aiguë ; mais la douleur n’est pas si piquante, ni la partie affligée si sensible que dans la fausse pleurésie^ Hojyinann , Med. rat. system, t. 4 part. ï , p. 427.
Daijs la faus,çe pleurésie la douleur de côfé est très-aiguë et très-piquante, et elle augmente lorsqu’on touche la partie affectée. Le malade ne saurait se tenir couché sur le côté souffrant ; il a une toux sèche , sans crachats pituiteux ou sanglaus ; néanmoins si la toux est violente , elle augmente la douleur Cette maladie est pareillement accompagnée de fièvre, et d’un pouls dur, fréquent et concentré. Elle ne demande pas la saignée, à moins qu’ii n’y ait pléthore; et pour l’ordinaire, elle se terraiue heureusement et promptement vers le septième jour par uue sueur douce et une transpiration plus abondante , et elle n’est point dangereuse.
Pofir^aare observe qu'il y a deux sortes de pleurésie, i’ujae sèche et l’an-
De la Pi .EUP.LSIE.
Secüioh VI.
Intentions curatives dans cette maladie.
dans ce dernier cas c’est une péripneumonie (i) ^ maladie qui, selon moi, ne diffère de la pleurésie qu’en ce que Pinfiammation est plus grande et plus étendue. '
6. Le but que je me propose dans le traitement de la pleurésie (2), c’est d’appaiser l’inflammation
tre humide. La dernière se guérit aisément ; mais la première est ordinairement dangereuse : ainsi il est nécessaire de les distinguer. La pleurésie humide est accompagnée d’un crachat symptomatique d’une matière gluante et jaunâtre , teinte de sang , laquelle vient de la partie enflammée du poumon avec de grands efforts. Mais dans la pleurésie sèche les craehats sont clairs , et viennent du gosier ; ce qui montre que la matière inflammatoire ne s’espectorera pas. Voyez Prax. Med. part, ty p. 164.
(i ) La douleur qui accompagne la péripneumonie est tensive , ohtuse et pesante, plutôt qu’aiguë , et s’étend jusqu’au dos et aux épaules Mais la difïiculté de respirer est plus grande que dans la pleurésie , et elle est aussi accompagnée d’anxiété et de crachats de différentes couleurs qui viennent diflicilement. Car dans cette maladie les vaisseaux du poumon qui portent le sang d’un ventricule du cœur à l’autre sont affectés , étant engorgés d’un sang fort épais , qui tend à la coagulation. C’est pourquoi la péripneumonie ^est plus dangereuse , et cause aisément la mort ^ sur-tout si le malade est âgé , et si on a manqué de rafraîchir à propos le sang. Hoffmann , Med. rat. system, t. 4? part. 1 , /?. 4 2 S.
(2) Comme la stagnation du sang qui dérange la cii'culatlon est la seule cause prochaine de cette maladie, tout le traitement consiste à dissiper l’engorgement et à rétablir la circulation ; et pour cela il faut remplir les indications suivantes, i.® Empêcher que l’inflammation et la stagnation du sang n’augmentent ; 2.® délayer et atténuer le sang épaissi ; 3.® ramollir et relâcher la partie affligée , où le spasme , la douleur et l’abondance du sang qui s’y est porté , ont produit une tension, et faire en sorte que le sang qui y séjourne en puisse être chassé et remis en mouvement , par le moyen du sang artériel qui y abordera; 4-° enfin, aider l’expectoration de la matière visqueuse , sanguinolente ou purulente qui est logée dans les bronches , et empêcher qu’il ne se forme un abcès , ou un empyème.
Il faut saigner plus ou moins copieusement et plus ou rnoins fréquemment , selon les forces du sujet , la violence de la maladie , etc. L’ouverture de la saignée doit être grande , afin de dissiper plus aisément l’inflammation, et plus tôt l’on saigne , plus la saignée est utile. Les délayans et les discussifs servent admirablement à détruire la viscosité du sang ; à quoi l’eau de gruau ou l’eau d’orge adoucie avec le miel , comme aussi le petit-lait , réussissent très-bien , étant bus chauds. On peut beaucoup diminuer la douleur et la tension de la partie affligée , en y appliquant et y tenant une vessie remplie d’une décQ^tion chaude de drogues éiçiollientes faites daps le lait , comme de
De Pleurésie.
du sang, et de détourner par des évacuations convenables les particules enflammées qui se sont jetées sur la plèvre , et ont causé tout le désordre.
Pour remplir ces indications, ma plus grande Détail du tndesperauce est dans la saignee. Ainsi des que je suis appelé auprès du malade , je lui fais tirer sur-le champ environ dix onces de sang au bras du coté de la douleur (i), et aussitôt après la sain gnée je lui fais donner la potion suivante.
Prenez eau de coquelico , quatre onces ; sel Potion rafraî-
7 77 . . 7 , cliissaute.
de prunelle , un gros ; sirop violât , une once : mêlez tout cela pour une potion.
En même-temps j’ordonne l’émulsion suivante.
Prenez sept amandes douces pelées ; semences Émulsion. de melon et de concombre , de chacune demionce ; graine de pavot blanc , deux gros : broyez tout cela ensemble dans un mortier de marbre en versant peu à peu par-dessus eau dorge., une
fleurs de sureau, de mélilot , de camomille , d’oignons de lis , de racines de guimauve , de têtes de pavots , de graine de lin et de fenugrec , etc,.
Le looch suivant aidera beaucoup l’expectoration.
Prenez huile fraîche d' amandes douces , demi-once ; blanc de haleine ^ deux gros ; safran en poudre , dix grains ; sirop 'violât et sucre fn , de chacun une once et demie. Faites un looch dont le malade prendra souvent une cuillerée , ou seule ^ ou délayée dans un petit lierre d'eau de gruau chaude y ou de petit-lait chaud.
Il faut teuir le ventre libre par des lavemens émolliens , éviter également l’extrémité du froid et du chaud , et ue rien boite de froid. Tous les remèdes qui agissent fortement par les urines par les sueurs ou les selles , doivent être soigneusement bannis. Les narcotiques sont nuisibles aux gens âgés , et lorsque les humeurs sont épaisses , et l’inflammation considérable. Il ne faut pas donner dans le commencement de la maladie les expectorans , ihais attendre que la matière soit cuite , visqueuse , et en état d’être évacuée par les crachats ; autrement on attirerait sur les poumons une grande abondance d’humeurs. V. Hoffmann , Med. rat. syst. t. 4, part, i , de febre pneumon. sparsim.
(i) La pratique la plus ordinaire et la plus autorisée est de saigner du côté ©pposé à la douleur , afin d’opérer plus sûrement la révulsion , c’est-à-dire de détourner plus aisément le sang , et d’empêcher qu’il n’aborde en si grande quantité sur la partie affligée, ce qui est nécessaire pour que l’inflammatioa puisse «e résoudre.
De la Plelrésîe.
Livre et demie ; eau rose , deux gros ; ajoutez suae ' candi ^ demi-once ; faites une én uls ion dont le malade prendra quatre onces de quatre en quatre heiues.
J’ordonne aossi l’usage fréqueni; des remèdes pectoraux. Par exemple :
"^^^torai décoction pectorale , deux livres ; smop
violât et de capillaire^ de chacun une once et demie. Mêlez cela pour un apozéme , dont le malade prendra demi-livre trois fois dans la journée.
Looch^pecto- Pj^qyiqz huUe cC amundes douces , deux onces ;
sirops violât et de capillaire ^ de chacun une once\ sucre candi , demi-gros. Mêlez tout cela pour un looch , que le' malade sucera souvent dans la journée.
On peut donner avec beaucoup d’utilité pour la même fin, l’huile d’amandes douces , ou l’huile de lin , seules, quand elles sont nouvelles.
Régime. -y. Pour ce qui est du régime , j’interdis absolument la viande , et même les bouillons de viande les plus légers. J’ordonne à la place les décoctions d’orge et d’avoine, et les panades; et pour boisson ordinaire , la tisane faite avec l’orge, les racines d’oseille, de réglisse, etc. , et quelquefois la petite-bière.
J’ordonne aussi le liniment suivant :
Liniment Preucz^ huUe d amandes douces , deux onces ;
émollient. Qfigueüt rosut et onguent dalthea , de chacun une once. Mêlez tout cela pour un Uniment., dont on frottera matin et soir le côté douloureux ; et on appliquera par-dessus une feuille de chou.
Je continue ces remèdes pendant toute la maladie.
Comment il 8 Si la douleur est violente , je réitère la sai-
régler les ** * *
saignées. guce des le premier jour que je suis appeie, et je lais tirer une pareille quantité de sang que
De la. Pleüriésie.
la première fois. J’en fais de même le second , le trosièrae et le quatrième jour , si la douleur et les autres symptômes continuent avec violence. IVÎais si la maladie et le danger diminuent , ou si le malade est trop faible pour soutenir des saignées si proches les unes des autres , je me contente d’en faire d’abord deux de suite , et je mets entre les autres un jour ou deux d’intervalle. Ma règle en cela est d’avoir égard aux contr’indiquans , savoir , d’un côté à la violence de la maladie , et de l’autre , à la faiblesse du malade.
CHAf. iU,
Et quoique dans la pratique de la Médecine.^ je saigne plus ou moins, suivant l’exigence du cas , toutefois j’ai rarement vu de pleurésie confirmée qui ait été guérie sans avoir tiré environ quarante onces de sang. 11 est vrai que dans les enfans , une ou deux saignées suffisent d’ordinaire. La diarrhée qui survient quelquefois ne doit pas empêcher le nombre de saignées que nous avons dit ; et elles rarrêteront bientôt , quand même on n’emploiera aucun astringent.
9. Je ne fais pas donner de lavemens , ou si Comment il i’en fais donner, c’est le plus loin des saignées
J ’ V O les laYtaie^^
qu il est possible , et ils sont composes tressimplement , savoir , avec le lait où Ton a dis^ sous du sucre.
10. Pour que le malade ne s’échauffe pas trop, Importance je lui permets de se tenir levé tous les jours pendant quelques heures à proportion de ses «luejoui, forces. Cela est d’une telle conséquence dans cette maladie , que si on oblige le malade de garder continuellement le lit , ni les saignées réitérées , ni les autres remèdes , quelques rafraichissans qu’ils soient , ne serviront quelque*
Toui^ /, OL%
34o De la Pleuriesie.
— fois de rien du tout contre les symptômes de s.c«okVi. maladie.
Enquel temps U. Aussltôt Rprès la demière saignée , et peutai faut i^urgei. même plüs tôt , tous les symptômes dimi¬
nueront , et le malade ne sera pas long-temps ensuite à reprendre ses forces ; quoiqu’il faille encore durant* quelques jours lui retrancher absolument toute liqueur spiritueuse , et tout aliment solide. Quand il aura repris ses forces , il sera à propos de le purger doucement.
Pourquoi 12. Si quclqu’uii est étonné de ee que je ne l’Auteur ne p^ple pas même de X expectoration . bien loin de
parle pas de I 1 ^ i i i i 15
l’expectora- me tourmenter a chercher les moyens del exciter pendant les divers temps de la maladie , il saura que j’ai gardé exprès le silence sur cet article, parce que j’ai toujours cru qu’il était extrêmement dangereux de compter sur une pareille évacuation pour la guérison de la pleurésie. Car sans parler de la longueur ennuyeuse de cette méthode , il arrive assez souvent qu’une certaine quantité de la matière morbifique ayant subi une coction convenable, et peut-être même ayant été évacuée par les crachats , le reste demeure cru , malgré l’usage des meilleurs maturatifs et expectorans ; en sorte que les crachats tantôt vont assez bien , et tantôt se suppriment entièrement; alternative infiniment dangereuse pour le malade, qui ne peut échapper de la mort que par l’expectoration, de laquelle néanmoins le Médecin n’est nullement maître.
Au contraire , par le moyen de la saignée je suis le maître d’évacuer la matière morbifique, et l’ouverture de la veine me tient lieu pour cela de la trachée artère (ij. J’ose même assurer har-
Il esj[ aJiSfjrjJe de vouloir exciter l’eipectoration dans uue simple pieu»
De LA. Pleurésie*
diment que la pleurésie qui est regardée avec raison comme une maladie des plus meurtrières, quand on la traite suivant la métliode que je condamne , se guérit aussi sûrement qu’une autre maladie , si on la traite par la saignée réitérée , sans parler qu’on la guérit ainsi en très peu de temps. D’ailleurs je n’ai pas encore trouvé que ce grand nombre de saignées ait nui le moins du monde à aucun malade , comme pourraient croire les ignorans (i)^
résie. Rien n’est si utile dans ce cas-là que la saignée copieuse et fréquente , et faite de bonne heure , avec les boissons délayantes et adoucissantes prise» chaudes ; car en même temps que ces boissons humectent le sang , elles re^ lâchent les fibres trop tendues , et atténuent peu à peu les humeurs épaissies» sur-tout si l’on emploie d’une manière convenable 1é^, nitre et le camphre, avec lesquels on peut mêler de temps eu temps l’opium pour diminuer la violence dâ la douleur. Comme l’opium relâche puissamment , il convient , par cette raison , dans toutes les maladies où il y a une trop grande tènsion 5 car il modère la trop grande rapidité de la circulation , et facilite merveilleusement la coction de la matière morbifique : de là vient qu’on voit souvent dans Turine «n sédiment copieux après l’usage de i’opium.
La vraie pleurésie ne demande pas plus de remèdes pectoraux , des loochs, et semblables , que n’en demande une inflammation de la jambe , ou la goutte même. Les fomentatious y sont beaucoup plus utiles ; souvent elles soulagent la douleur , et procurent la guérison. Les ventouses sont aussi d’un très-grand secours dans une douleur vive et opiniâtre , lorsque tout le reste est iuutile. Quand la maladie est fort violente , ou emploie quelquefois les vésicatoires. Voyez Huxham ^ de Aëre et morh. épid, p. 64, 65.
(i) La méthode générale de traiter les fièvres qui attaquent les organes de la respiration est si judicieusement exposée en peu de mots par le Docteur Hoadley , que je joindrai ici tout ce qu’il dit sur cette matière , tant pour suppléer à ce qui raanc|ue à notre Auteur , que pour faire connaître davantage les excellentes règles que donne ce Docteur , et en rendre par ce moyea futilité plus uüiverselle.
Lorsqu’un Médecin , dit-il , trouve un malade attaqué d’üne fièvre , avec chaleur , soif et insomnie, et en même temps d’une violente douleur de côté ^ de toux , de difficulté de respirer , ou d’autres symptômes qui montrent que les organes de la respiration sont lésés » il doit s’informer soigneusement du commencement de la maladie, et examiner avec attention tous les symptômes , afin de juger si les accidens qui blessent la respiration sont l’effet ou la cause de la fièvre.
S’il parait évidemment que ces accidens viennent de la fièvre, le Médecin iloit reconnaître ensuite la nature et le earactère de celte fièvre indépendana-
aa..
De la Pleurésie.
i3. H e*t vrai qu’en traitant la pleurésie, i’ai
Section ^ ^ • 'J
jGraade utilité souvent cherché à pouvoir la guérir , sans être
danslapieuri ot)ligé dc répandre tant de sang , savoir , en procurant la résolution ou l’expectoration de l’humeur morbifique. Mais je n’ai jamais pu trouver
sie.
menîdes symptômes qui regardent la respiration ; car quoiqu’il faille avoir égard à la violence delà douleur et à la grande difiîculté de respirer, et yt^pporter soulagement , néanmoins la guérison du malade dépend essentiellement de la guérison de la fièvre.
Et comme on sait par expérience qu’il y a une grande variété dans les fièvres ; que les unes au lieu de diminuer, s’augmentent plutôt par la saignée, tandis que les autres ne cèdent presque à aucune méthode , sans y joindre plusieurs saignées ; que les unes empirent par un régime chaud , et cèdent bientôt à un régime rafraîchissant , tandis que d’autres sont accompagnées de tant de faiblesse , qu’elles demandent l’usage continué des cordiaux les plus chauds ; que quelques-unes ne peuvent soutenir le plus doux laxatif, sans qu’il survienne ensuite une dangereuse diarrhée, tandis que d’autres augmentent visiblement si on inique de tenir le ventre ouvert , en donnant chaque jour des lavemens ou de petites doses de rhubarbe; que quelques-unes cèdent tout-à coup , comme par enchantement , à l’usage des vésicatoires , taudis que d’autres, bien loin d’y céder , augmentent au contraire par la douleur et l’incommodité qp’ils causent , etc. comme il y a , dis-je, une si grande variété dans la nature des fièvres, et par conséquent dans la manière de les traiter ; et comme les maladies aiguës qui attaquent les organes de la respiration , accompagnent souvent chacune de ces sortes de ljè^;'res, et en dépendent , il est impossible d’établir une méthode générale pour les traiter; mais tout dépend nécessairement du jugement du Médecin , jugement qui est formé sur l’état jde chaque malade p*articulier.
C’est pourquoi je tâcherai de marquer I“s moyens de juger dans les cas particuliers quelle méthode on doit suivre préférablement aux autres dans le traitement de ces maladies ; s’il est plus à propos d’employer les saignées réitérées , ou les rafraîchissans , ou les échauffans , ou les vésicatoires.
Je sens bien que j’entreprends ici une chose très-difîicile , et qu’il n’est pent- «tre pas possible d’établir aucune règle sûre pour juger tout d’un coup de la nature d’une fièvre, et de la méthode particulière qu’il faut suivre en la traitant. Mais je ne doute pas qu’on ne puisse au moins reconnaître par quelques signes évidens quand il faut abandonner quelqu’une de ces méthodes, et ne pas la suivre obstinément.
Quoique l’on convienne de la difficulté qu’il y a de détei'miner le genre de fièvre qui accompagne la pleurésie, par exemple , aussi promptement que la violence de la dquleur et le danger de la maladie le demandent ; néantooins si l’on sait que des fièvres différentes exigent nécessairement des traitemcns diffcrens , on pourra aussi être assuré que celles qui demandent la même méthode , ne céderont pas toutes également au même degré de cette méthode ; c’est-à-dire, par exemple, que celles où il faut saigner , auront besoin d’uu nombrg dc saiguégs plus ou moûts grand. U’uft atitrç côté ^ si une ou deu:^
De la Pleurésie.
de méthode qui égale celle de la saignée , laquelle j’emploie avec un succès merveilleux , sans attendre l’expectoration , et malgré le funeste pronostic qu’Hippocrate fait de la pleurésie sèche.
Chap. IH.
saignées n’apportent que peu ou point de soulagement , et si au contraire le pouls baisse et que les forces diminuent , tandis que la douleur latérale et la difîieulté de respirer subsistent aussi violemment que jamais , ou à peu près , on pourra être assuré que cette méthode ne convient point à la fièvre * et qu’il serait dangereux de réitérer la saignée. Voilà donc la véritable marque à quoi on connaîtra quand il faudra abandonner la saignée.
J’ai pris pour exemple la saignée , parce que l’on convient généralement que c’est le premier pas que l’on doit faire dans le traitement de la pleurésie , et qu’en effet la violence de la douleur et la difficulté de respirer la demandent absolument ; et aussi parce que la saignée fournit le moyen d’examiner les altérations qu’a souffertes le sang dans cette fièvre ; ce qui , joint à la connaissance de l’état du pouls et de la force du malade avant et après la saignée , sert beaucoup à déterminer s’il faut l’échauffer ouïe rafraîchir.
Si le malade est vigoureux et pléthorique , et qu’il ait de gros vaisseaux , si son pouls est élevé , et que les forces se soutiennent avant et après la saignée , si le sang est vermeil , avec peu ou point de sérosité , ou s’il est fort visqueux, il est évident qu’on doit réitérer la saignée , et cela autant de fois que les symptômes le demanderont, et qu’on doit s’attacher à la méthode des rafraîchissans et des adoucissans. Vers le déclin de l’inflammation on pourra , si la douleur continue , appliquer les vésicatoires , qui ne manqueront gnère de réussir.
Mais si le malade est d’un tempéFament faible et délicat, si les forces lui manquent , et que son pouls s’affaisse par la saignée ; si en même temps la douleur et la difficulté de respirer continuent , il y a sujet de croire qu’il siérait top dangereux de saigner davantage, que le cerveau pourrait être attaqué, qu’il pourrait survenir des syncopes et d’autres accidens fâcheux ; ainsi on doit alors s’abstenir de saigner , comme il a été dit auparavant. Le sang est alors ou fort visqueux , ou fort coula.it , et comme dissous , ayant toutes ses parties mêlées eosemble, et le peu d’épais qui s’y trouve se brise dès qu’oa le touche tant soit peu , et se mêle avec le reste.
Dans le premier cas, c’est-à-dire lorsque le sang est fort visqueux, le sel volatil , ou l’esprit volatil de corne de cerf, le sel volatif de succin, et semblables , donnés en dose convenable de trois en trois , de quatre eu quatre., oa de six en six heures , suivant le besoin , en y joignant uu réginie chaui, sont très-utiles , et soulagent quelquefois sar-le-cbamp. On peut appliquer aussi les vésicatoires dès qu’on voit que le pouls baisse et que les forces diminuent, car ils produisent le même effet que les sels volatils. C’est apparemment dans des cas semblables que le sang de bouquetin et la fiente de cheval ont réussi , à cause de leurs sels ou esprits volatils ; ce qui les a mis en réputation pour la cure de la pleurésie.
Dans le second cas j c’est-à-dire lorsque le sang est dissous , les vésicatoi-
De la Pleurésie.
i4. L<^ traitement de la pleurésie consistant du donc presqu'entièrement dans Fusage de la saitcndon par la gnée réitérée , il arrive très-souvent dans les endroits éloignées des villes considérables , que
saiifuee,
res et les sels volatifs ne conviennent pas , mais les acides en grandes doses , en y joignant quelques cordiaux , comme la thériaque , etc.
Je ne propose tout cela que comme des vues qui peuvent conduire à la véritable méthode curative , c’est-à-dire , à la méthode la plus convenable à la fièvie qui accompagne les maladies aigues qui attaquent la respiration. Cependant je ne prétends pas qu’on suive obstinément aucune de ces méthodes lorsque la douleur ou ia fièvre y résiste ; il faut au contraire les varier , selon que les symptômes le demandent.
L’Auteur, pour appuyer ce qu’il dit des" différentes manières de traiter ces sortes de fièvres , cite un endroit de Sydenham , tiré de la Sect. V , Chap. V, nura. 9 , et ensuite un autre tiré des Exercitationes Medicce , du Doo^ teur Tabor. Le voici.
« Tout cela eàt encore confirmé par une fièvre d’un certain genre , qui , » ces dernières années , a été très-fatale au peuple de ce pays-ci, et régnait, » tantôt dans une saison de l’année , et tantôt dans une autre. C’était une » fièvre pleurétique. Elle commençait par un frisson et un tremblement con- *> sidérables , qui annonçaient une issue de la maladie d’autant plus funeste, V qu’ils duraient plus long-temps. Dès qu’ils cessaient, il survenait une dou- » leur aiguë, et souvent spasmodique au côté droit , un abattement consi- » dérable , nne difficulté de respirer , une grande oppression et pesanteur de poitrine. La chaleur n’était pas ordinairement fort violente , le pouls » était fréquent ou dur , la toux fréquente , la soif considérable, le ventre ï» lâche ou resserré. L’urine ne donnait aucun sédiment , et était de couleur » de paille. Une insomnie opiniâtre continuait pendant toute la maladie ;
mais il n’y avait point de délire. D’abord la toux était sèche ; mais » au bout d’environ vingt - quatre heures les malades crachaient une St matière claire et teinte de sang, et cette expectoration était fréquente ; ensuite la toux augmentait , et devenait presque continuelle , la matière des » crachats étant plus abondante et plus épaisse. La maladie se terminait par » une expectoration trés-copieuse, ou bien le malade était suffoqué par une pb tuite extrêmement visqueuse qui restaifidans le poumon; ce qui arrivait ordinairement le neuvième jour , rarement plus tard , et souvent plus tôt, sur-tout si l’on avait, mal à propos réitéré la saignée.
« Peu de malades , à moins qu’ils ne fussent jeunes , robustes et pîétho- » riques , pouvaient soutenir la saignée sans inconvénient. Dans ceux-là , » deux et quelquefois trois saignées faites les premiers jours de la maladie, » étaient utiles ; dans les autres il fallait s’en abstenir entièrement , ou ne » saigner pas plus tard que quelques heures après la première attaque, » encore une pareille saignée était extrêmement dangereuse, à moins qu’oa » ne donnât aussitôt unémétjque, et ensuite continuellement des expecfo- SR rans., car la maladie était de telle nature , qu’èxcepté dans les pléthoriques, »» la guérison s’opérait entièrement par le moyen d’une abondante expectotation d’une pituite visqueuse (|ui SQrtait plus facilement et plus copieuse-
Be la Pleürésie.
(Fignorans Chirurgiens ou des Médecins de village piquent le tendon , ce qui met le malade en grand danger de perdre le bras , et même la vie. C’est pourquoi j’ai cru qu’il serait à propos de joindre ici la manière de remédier à un si fâcheux accident.
i5. Ceux à qui on pique le tendon ne sentent pas aussitôt la doideur , mais seulement douze heures après ; et il ne la sentent pas tant
» ment quand ou ne saignait pas que quand on saignait. Dans les sujets qui V n’étaient pas pléthoriques , la saignée arrêtait d’ordinaire l’expectoration , » et produisait une grande difficulté de respirer , et un râlement ; et plus on » la réitérait, plus les symptômes augmentaient, et plus loties malades mou- « raient »
L’Auteur continue.
Il ne faut pas douter que les Médecins qui ont beaucoup de pratique , et qui voient continuellement des fièvres, n’acquièrent une connaissance qu’ils ne sauraient communiquer aux autres, et par le moyen de laquelle ils peuvent juger plus promptement et plus facilement de la nature d’une fièvre , et par conséquent de la méthode curative qui y convient , que les autres qui n’ont pas les mêmes occasions : mais cela n’empêche pas que les autri's ne doivent être sur leurs gardes, et tâcher de se former des règles et des raardmcs de pratique, soit pour acquérir avec le temps cette sagacité, soit pour (éviter les fautes où ils pourraient tomber.
Quoique les vues quej’ai proposées paraissent peut-êtretrop générales , on ne doit pas néanmoins les mépriser ouïes négliger entièrement, parce cpa’elleà peuvent servii dans le traitement de toutes les fièvres en général , commet dans celles en particulier qui sont accompagnées de maladies qui attaquent les organes de la respiration; et parce que le Médecin est toujours maître de les suivre ou non , suivant que les différentes combinaisons des symptômes paraîtront l’exiger.
Aussi ne les ai-je proposées que pour obéir à une coutume trop ordinaire , qui est de traiter toujours de la même façon les mêmes symptômes , sans considérer par combien de différentes causes ils peuvent être produits; coutume qui vient de ce qu’on a donné des noms généraux, non seulement à ces symtômes ordinaires, comme s’ils accompagnaient seulement une maladie, mais aussi aux remèdes favoris d’un Médecin qui sera en réputation pour cette maladie : d’où il arrive que ceux qui ne sont habiles qu’en recettes , ordonnent aisément pour le nom de la maladie , et non pas pour la maladie même; et que l’idée qu’on nouveau praticien se sera formée de l’habileté d’un Médecin de qui il emprunte sa recette , peut le conduire dans une méthode curative que ce Médecin n’aurait pas suivie dans telle occasion pai tienhère. ,V oyez iîûadlej, Levons sur ks organes^ de la lespiratioji jusqu'à la Jim
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à l’ouverture de la veine que vers l’aisselle. C’est-
$£CXIOJSr VI. T, 111 O ^ ^ C ’ ••
la que la douleur se rixe , et elle se lait principalement sentir quand on étend le bras. Cependant la tumeur qui se forme à l’endroit blessé îi’est pas fort considérable , et surpasse à peine la grosseur d’une noisette; mais il sort continuellement de l’ouverture une humeur aqueuse ou sérosité , qu’on doit regarder comme le signe le plus certain de la piqûre du tendon. Voici la manière de traiter cette piqûre, ainsique je i’ai vu de mes' propres yeux (i).
(ï) Comme la piqûre du tendoti ne se guérit pas toujours par cette simple application , et qu’elle est accompagnée d’autres symptômes que ceux, dont notre Auteur fait mention, nous les rapporterons ici, avec les meilleurs moyens de remédier à cet accident , selon Heisfer.
Les blessures des nerfs ou des tendons se manifestent principalement parles signes suivans. Le malade, au moment qu’il est piqué, sent une si vive douleur, qu’il ne saurait presque s’empêcher de crier, sur-tout si elle continue. 2.® Cette douleur est incontinent suivie d’une enfiure, d’ute inflammation , d’un spasme , et d’une roideur delà partie. 3.*^ Ces accidens , si l’on n’y remédie promptement , sont suivis de convulsions extrêmement dangereuses; ensuite de grangrène , et enfin de la mort , en très-peu de temps.
La meilleure manière de traiter la piqiire du tendon , paraît être celle dont Ambroise Paré dit qu’il se servit avec succès pour le Roi de France Cbarî»s IX. Ce Prince ayanttémoigné par un cri la douleur qu’il ressentit au momentqu’il fut blessé par la lancette, Paré soupçonna avec raison qu’il y avait quelque nerf blessé, parce que le bras commença aussitôt à enfler avec une très-violente douleur , et qu’il devint entièrement roide. C’est pourquoi les ^Médecins de Sa Majesté , conjointement avec Paré , ordonnèrent aussitôt les remèdes convenables. D’abord on fit couler dans la plaie de l’huile de térébenthine chaude , mêlée avec de l’esprit de vin rectifié , ensuite on couvrit tout le bras d’un emplâtre diachalcitéos , ramolli avec le vinaigre et l’huile rosat , sur lequel on appliqua un bandage expulsif; enfin pour achever la guérison, on mit sur le bras le cataplasme suivant jusqu’à ce que la douleur «eût entièrement cessé.
Prenez farine d'orge et cT ers , de chacune deux onces ; fleurs de camomille €t de ntélilot , de chacune deux poignées ; beurre frais , une once et demie ; faites bouillir tout cela dans de la mousse de savon jusqu à consistance de cataplasme.
Le bras demeura près de trois mois sans pouvoir faire ses mouvemens naturels ; mais enfin il reprit peu à peu sa force ordinaire.
La lïiéhode suivante est aussi très-bonne. Au lieu d’un mélange d’huile de térébenthine et d’esprit de vin , on fera couler dans la plaie, plusieurs fois le
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Prenez facine d oignon de lis , quatre onces, 'Faitesdes cuire dans deux livres de lait de vache jusqu à ce quelles soient bien ramollies,, et coulez le lait. Prenez ensuite farines de lin et d avoine , de chacune trois gros. Faites-les cuire en consistance de cataplasme dans suffisante quantité du lait eue vous avez coulé , et mêlezdes avec les oignons de lis que vous hroyerez auparavant. F ous aurez un cataplasme quon appliquera chaudement matin et soir sur la partie malade,
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