‹ Médecine pratiqueChapitre 105 sur 115 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De la fausse Péripneumonie^

I. TTousles ans, au commencement de l’hiver, mais plus souvent à la fin de cette saison , et au commencement du printemps , il paraît une fièvre qui est accompagnée de plusieurs symptômes de la péripneumonie. Elle attaque prin-

jour du baume du Pérou liquide , ou de l’eau de la Reine da Hongrie , qu’on aura fait chauffer , et on continuera ainsi jusqu’à ce que la douleur diminue. On peut substituera l’emplàtre diachalcitéos le diachylum simple, ou l’eraplàtre de minium; mais il faut toujours avoir le plus grand soin de ne pas laisser la plaie découverte pendant qu’on prépaïe ce qui est nécessaire au pansement. Ainsi on appliquera aussitôt un emplâtre , quel qu’il soit, et on enveloppera tout le bras de compresses de linges , trempées dans l’oxycrat ; par ce moyen non-seulement on préviendra , ou l’on adoucira l’inflammation , mais on défendra encore la plaie de l’air extérieur , ou d’autres matières pernicieuses. Dans les sujets pléthoriques il est nécessaire, pour prévenir l’inflammation, et autres accidens fâcheux , de saigner copieusement du bras opposé, et cela sur-le-champ. Scultet, dans son Observation 47> recommande extrêmement pour les piqûres des nerfs , un certain onguent dont il donne la description , et il dit an même endroit qu’il acoupé avec succès des nerfs blessés de la sorte, Yojez îlcislej' , lustit. chinug, p. ii. Sect, i Chap, II.

Chap. IV.

Cataplasme émellient.

Origine de la fausse péripneumonie.

348 De la fausse Péripneumonie.

cipalement les uens sras et replets, ceux quî sont d un age moyen , et encore plus souvent les vieillards , -ceux qui boivent trop de liqueurs spiritueuses , et sur-tout d’eau-de-vie. Le sang de ces gens-là étant chargé d’humeurs pituiteuses qui < se sont amassées pendant l’hiver, et étant mis en mouvement par la chaleur du printemps, la toux qui survient ensuite, pousse sur le poumon ces humeurs pituiteuses. Alors si le malade ne veut garder aucun régime , et continue à boire des liqueurs spiritueuses , la matière qui excitait là toux s’épaissit, et ne pouvant s’évacuer parles crachats , cause la fièvre (i).

Sessyraptô- 2. Dès que la fièvre commence, le malade a tantôt chaud, tantôt froid. Il a des vertiges. Il ressent un grand mal de tête. Lorsque la toux est ^ violente, il revomit tous les liquides, tantôt en toussant, tantôt sans tousser. Les urines sont troubles et fort rouges. Le sang que l’on tire est semblable à celui des pleurétiques. La respiration est fréquente et difficile. Quand le malade veut tousser , il sent un mal de tête comme si la tête allait se fendre; car c’est ainsi qu’il s’exprime d’ordinaire. Toute

(i) Peu d’Auteurs ont écrit delà fausse péripneumonie, et peu même 5 outre notre Auteur, Font connue distinctement ; d’autres en ont parlé sou» ie nom de catarrhe , ou de rhume de poitrine.

En hiver le corps est chargé de graisse et de pituite ; mais aux approches de la chaleur du printemps et de l’été il survient une fonte subite aux humeurs, au moyen de quoi elles se mêlent avec le sang des veines , et sont portées au ventricule droit du cœur , et de là au poumon; d’ou il arrive que ee viscère est alors surchargé d’un sang froid et pituiteux , mais non pas inflammatoire ; c’est pourquoi la péripneumonie vient toujours après un tcmp» très-froid au printemps. ;

La chaleur dissout la graisse qui , étant ensuite mêlée avec le sang , et portée au poumon, s’arrèite et s’embarrasse dans les ramifications de l’artèrç pulmonaire. Ainsi la péripneumonie est causée par des humeurs qui s’étant amassées dans le corps j>endanl l’hiver , se mêlent ensuite avec le sang. Voyejp ffiofrhacwe , Prax, Méd, vol, 4« Peripn. notkâ.

De la fausse Péripneumojvie.

ClIAP. IV.

Quelles so»t:

les indicatious curative».

poitrine est douloureuse , et la toux est aceompagnée d’un certain bruit rauque , parce que le poumon étant engorgé , et ne pouvant se dilater suffisamment , le passage de Pair est, pour ainsi dire , fermé. De là vient que la circulation est tellement gênée , qu’il n’y a presqu’aucim signe de fièvre , sur-tout dans les gens replets ; quoique cela puisse aussi venir de la grande quantité de matière pituiteuse dont le sang des malades est surchargé , et qui l’empêche de fermenter suffisamment.

3. Dans la cure de la fausse péripneumonie , il s’agit de détourner par la saignée le sang qui accable la poitrine , de dissiper par les remèdes pectoraux l’engorgement des poumons, et de tempérer par un régime rafraîchissant la chaleur de tout le corps. La grande quantité d’humeur pituiteuse contenue dans le sang , et qui fournit matière à l’inflammation du poumon , semblerait demander beaucoup de saignées. Mais comme j’ai observé dans cette maladie que les fréquentes saignées réussissaient très-mal aux gens replets, sur-tout quand ils n’étaient plus à la fleur de l’âge , j’ai pris le parti d’y substituer de fréquentes purgations : ce qui réussit assez bien dans les sujets qui ont de la répugnance pour les saignées copieuses et en grand nombre (i).

[\. Voici donc la manière dont je procède. Je Méthode chfais d’abord une saignée du bras, le malade étant au lit , et je ne permets pas qu’il se lève deu^ ou trois heures. De cette façon il soutient mieux la saignée , et il sera moins abattu si on lui tire dix onces de sang étant couché , que si on

(1) Boeihaave conseille segleraent une saignée ; mais il recommande fort les lavemens laxatiJs, le bain, et les vésicatoires, ibid.

35o De la fausse Péripîîeümonie.

lui en tire seulement six ou sept étant levé. Le Sectio.^ . matin je donne la potion suivante.

Potion purga- Preuez casse mondée , une once ; réglisse , deux gros ; quatre figues grasses ; feuilles de séné , deux gros et demi\ trochisques d agaric ^ un gros. Faites bouillir le tout dans suff santé quantité d'eau ; et , dans quatre onces de ce que vous aurez coulé , dissolvez une once de manne et une demi-once de sirop de roses solutif

5. Le jour suivant je fais saigner une seconde fois , et après un jour d’intervalle je donne la même potion purgative , que je réitère ensuite de deux en deux jours jusqu’à la fin de la maladie. Les jours que je ne purge pas , je fais user d’une décoction pectorale, d’huile d’amandes douces , et d’autres choses semblables.

Régime. Durant ce temps-là j’interdis au malade la

viande et les bouillons de viande ^ et principalement toute sorte de liqueurs spiritueuses. Je donne pour boisson ordinaire de la tisane d’orge et de réglisse , ou de la petite-bière à ceux qui en souhaitent.

6. Voilà la manière de traiter la fausse péripneumonie , qui est causée par une abondance d’humeur pituiteuse que le froid de l’hiver a amassée dans le sang , et qui s’est ensuite jetéesur les poumons. Dans cette maladie la saignée réitérée et la purgation sont indiquées ; au lieu que dans la vraie péripneumonie la saignée seule est indiquée. Du reste je crois que la vraie péripneumonie est absolument de même nature que la pleurésie , et qu’elle en diffère seulement en ce qu’elle affecte plus universellement les poumons. Aussi ces deux maladies demandent entièrement les mêmes remèdes , et principalement là saignée et les rafraîchissans.

De la fausse Périphiumonie.

pljp maladie diflère de l’astlime

sec.

7. Quoique la fausse péripneumoie ressemble à Tasthme sec par la difficulté de respirer En quoi cette et par quelques autres symptômes ; en diffère néanmoins sensiblement en ce que l’asthme sec n’est jamais accompagné de fièvre;

au lieu que dans le mal dont il s’agit , la fièvre et les signes d’inflammation sont manifestes , quoiqu’ils soient beaucoup moins violens et plus obscurs que dans la vraie péripneumonie.

8. Il faut remarquer soigneusement que sides malades attaqués de la fausse péripneumonie ont été auparavant dans l’habitude de boire de l’eaude-vie ou d’autres liqueurs spiritueuses , il serait dangereux de les leur ôter tout d’un coup; mais il faut le faire peu à peu , crainte qu’un changement subit ne donne lieu à l’hydropisie ; et c’est ce qu’on doit aussi observer dans toutes les maladies qui viennent d’une pareille cause.

Or, à propos de l’eaii-de-vie , je dirai une chose Eau-de-vie esê en passant. C’est qu’il serait à souhaiter qu’on bannit absolument l’usage de cette liqueur, ou ^’Ares. du moins qu’on l’employât seulement pour réparer les forces , et non pas pour les épuiser.

Encore peut-être vaudrait-il mieux ne s’en point servir du tout intérieurement , et ne l’employer’ que pour les usages de la Chirurgie , savoir , en la mêlant dans les fomentations digestives pour les ulcères , ou en l’appliquant extérieurement sur les brûlures'. Dans ce dernier cas l’eau-devie est le meilleur remède qu’on ait trouvé jusqu’ici; car elle empêche merveilleusement bien la pourriture de la peau , et par ce moyen elle guérit en très-peu de temps le mal , prévenant ainsi la suppuration et toutes les suites qui du- , rent fort long-temps.

Soit donc que la brûlure ait été causée par

352 De la fausse Péripiyeumonie,

-"^^reaii bouillante , ou par la poudre à canon ^ ou de Sücixej^ . qy^iqQ’autre manière , il faudra appliquer aussitôt sûr le mal des linges trempés dans de l’eaude vie , et réitérer de temps en temps l’application de ces linges ainsi imbibés , jusqu’à ce que la douleur soit entièrement appaisée : en- ' suite on se contentera de les renouveler deux

fois le jour (i).

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