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CHAPITRE PREMIER

Des maladies aiguës en général.

I .i^uELQUE contraires que soient au corps humain les causes des maladies, il me semble néanmoins qu’à raissonner juste , la maladie n’est autre chose qu’un effort de la nature (i) qui , pour conserver le malade , travaille de toutes ses forces à évacuer la matière morbifique (2). Le souverain Maître

(1) Voyez le terme de nature , expliqué. Section 2 , Chapitre 2 , num, 48.

(2) Pour définir exactement la maladie en général , il faut connaître auparavant ce que c’est que la santé ; ( parce que la première est relative à la seconde). Or, si l’on peut dire« que la santé consiste dans une circulation facile » et régulière des fluides j daus uo juste myl^nge et uue juste proportion du

Section L

Définilïoa de la maladie.

iBii||i|iiii iiiii iiiii'^sg^æa

Section I.

Ses causes.

Ses symptô'

mes.

2 Des Maladies aigues.

de riuiivers ayant voulu que iesliommes lussent exposés à recevoir différentes impressions de ia part des choses extérieures , ils se sont trouvés par cette raison néeessairement sujets à diverses maladies ; lesquelles viennent en partie de certaines particules de l’air, qui ne sont point analogues avec nos humeurs, et qui, s’insinuant dans le corps, et se mêlant avec le sang, l’infectent et le corrompent ; et en partie de différentes fermentations , ou meme de différentes pourritures d’humeurs qui séjournent trop long-temps dans le corps, parce qu’à raison de leur quantité excessive, ou de leur qualité particulière , il n’a pu les atténuer, ni les évacuer.

2. Dans de pareilles conjonctures, ori toute l’industrie humaine se trouve insuffisante, ia nature emploie une méthode et un enchaînement de symptômes pour expulser la matière maligne et nuisible cjui, sans cela, porterait bientôt un coup mortel à la machine II est vrai que la nature, en se servant de semblables movens, arriverait beaucoup plus souvent au but qu’elle se propose, de rétablir la santé , si elle n’était détournée de

» sang et des humeurs , dans une tension et un mouvement convenable des » solides , et une parfaite exécution des fonctions vitrles et animales , on 3> pourra aussi définir ia maladie , une altération considéiahle dans le mou- » vement , le mélange ou la quantité des fluides , une trop grande tension, » ou un trop grand relâchement , et par conséquent un mouvement trop » prompt ou trop lent des fluides ; ce qui affecte tout le corps , ou seule » ment quelques parties , et se trouve accompagné d’un dérangement consi- » dérable des secrétions, des excrétions, des fouctious vitales et animafcs , et » tend. à la guérison , ou à la mort, ou à la dépravation de quelque partie , Z lorsque la maladie se termine par une autre maladie.

Cette définition comprend tout ce qu’on entend par une maladie en général ; car non-seulement elle montre d’une manière claire en quoi consiste actuellemcntla maladie, savoir, dans une dépravation des fonctions vitales et animalesjf mais elle en désigne encore la cause immédiate, qui est une augmentation ou dimunition de mouvement dans tout le corps , ou dans quelques-unes de ces parties , et elle marque les effets quelle opère sur le corps.

Des Maladies aigues. 3

sa roLite par des ignorans. Cependant lorsqu’àbandoiiiiée à elle-nieine , elle laisse périr le malade , soit parce qu’elle succombe sous la violence de la maladie , soit parce qu’elle se manque à ellemême au besoin , elle ne fait alors qu’obéir à la triste et inévitable loi imposée à tous les mortels, et suivant laquelle rien de ce qui est engendré .ne peut durer toujours (i).

3. Établissons par un ou deux exemples la vérité de ce que nous avançons. Qu’est-ce que la peste , sinon une complication de symptômes, dont la nature se sert pour chasser au dehors, à travers les émonctoires de la peau , et sous la forme d’abcès ou d’autres sortes d’erruptions , les particules contagieuses qui sont entrées avec l’air par la respiration ? Quest-ce que la goutte, sinon un moyen qu’emploie la nature pour purifier le sang des vieillards, et les purger à fond, comme parle Hyppocrate ? On peut dire la même chose de la plupart des autres maladies lorsqu’elles sont entièrement déclarées (2).

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