Le but que je me propose dans le traiternent Comment îi
1 ' X to traiter
de cette hémorrhagie, est dappaiser par tous les moyens possibles la trop grande chaleur et l’ébullition du sang, qui sont cause de l’extravasation de cette liqueur, et de produire en meme temps une révulsion.
Pour cela , je fais plusieurs copieuses saignées du bras , et le sang que l’on tire est toujours de même couleur que celui des pleurétiques; j’ordonne un régime rafraîchissant et inerassaot. La boisson du malade est de l’eau laiteuse, c’està-dire trois parties d’eau et une partie de lait bouillies ensemble , et cela se boit froid. La nourriture consiste en des pommes cuites, des décotions d’orge et autres choses semblables; mais j’interdis la viande et les bouillons de viande. J’ordonne aussi des juleps rafraîchissans et incrassans , et les émulsions qui ont été décrites ci-dessus, en pariant des maladies inflammatoires. Je veux que le malade demeure chaque jour levé pendant quel-
Du SAIGNEMENT DU NEZ.
temps, sans jamais y manquer; et tous les Sectxo.nvi. ^ l’heure du sommeil , je lui fais prendre
une dose de sirop diacode , afin d’arrêter l’impétuosité du sang.
Mais comme les hémorrhagies du nez sont souvent accompagnées d’une lymphe âcre qui, étant mêlée avec le sang, en augmente l’agitation, ma coutume, outre l’usage de la saignée révulsive et des remèdes rafraîchissans , est de donner un doux purgatif, même dans le fort de la maladie. Quand l’opération du purgatif est finie, je donne un narcotique en plus grande dose qu’à Tordinaire ; et lorsque l’hémorrhagie a cessé entièrement, je purge une seconde fois.
8. Pour ce qui est des applications extérieures , ce sont des compresses trempées dans de l’eau froide, où l’on a dissous du crystal minéral ; lesquelles étant légèrement exprimées , s’appliquent sur la nuque et tout autour du cou , plusieurs fois le jour.
De plus , après les évacuations générales , on peut appliquer la liqueur suivante
Lirpror styp- Prenez vitrioL de Hongrie et alun ^ de chacun une once ; phlegme de vitriol ^ demi livre. Faites bouillir le tout jusqu à parfaite dissolution. Quand la liqueur sera refroidie j filtrez-la et la séparez des crystaux qui sy seront formés. Ajoutez-y ensuite une douzième partie d huile de vitriol. Trempez bien dans cette liqueur une tente de vieux Linge ; introduisez-la dans la narine doit sort le sang , et laissez-ïy deux jours.
On peut aussi, en appliquant des linges trempés
(i) Voyez seçt. i , chap. 4 , mm, 48.
De l’Hémoptysie.
dans cette liqueur , arrêter toutes sortes cl’hémorrliagies qui viennent des parties extérieures.
Chap. YII.
9. 1] Hémoptjsie arrive entre le printemps et Description de l’été, et aux personnes d’un tempérament chaud , ^ mais qui sont peu robustes et qui ont des poumons faibles, et plutôt aux jeunes gens qu’aux vieillards. Otte maladie est à peu près de même nature que Thémorrliagie du nez ; car elle est pareillement une fievre qui se termine par une évacuation critique. Toute la différence est que dans riiémorrbagie du nez, le sang trop agité s’ouvre un passage par les vaisseaux du nez^ et que dansriiémoptysie il sort par ceux du poumon.
Et comme dans celles là , tandis cjue l’écoulement dure, on sent une douleur et une chaleur à la partie antérieure delà tête, de même dans celle-ci on ressent une douleur et une chaleur à la poitrine, avec une certaine faiblesse.
Le traitement de l’hémoptysie est aussi , à peu Comment il près, le même que celui de l'hémorrhagie du si ce n’est qu’il ne faut pas tant purger ; car les purgations fréquentes jetteraient aisément le malade dans la phthisie. Mais les saignées fréquentes, les lavemens quotidiens , le sirop diacode pris à l’heure du sommeil, le régime rafraîchissant et incrassant , et les remèdes de même nature , auront tout le succès qu’on peut attendre.
10. Voilà toutes les observations que j’ai faites vérité des ob. jusqu a present sur les ditterentes especes de de r Auteur, fievres et sur leurs symptômes. Voilà leur histoire , que j’ai écrite avec toute la bonne foi et la sincérité possible , sans m’attacher à aucune hypothèse. Ce ne sont pas mes idées et mes imaginations que je propose au public , mais les phénomènes naturels des fièvres. J’y ai
De l’ÏTémoptysie.
joint avec la même fiflélité la manière de les traiter.
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Que Si le désir extreme de découvrir et d établir une méthode plus sûre de guérir les maladies, m’a engagé dans des routes nouvelles et inconnues auparavant , j’espère que les habiles gens ne m’accuseront pas pour cela de témérité, et ne me feront pas un crime, si je suis plutôt mon propre jugement que les sentimens des autres. Les heureux succès que j’ai eus dans ma nouvelle méthode, justifient mon entreprise ; et les expériences de ceux qui viendront après moi , feront assez voir que je n’ai rien avancé que de vrai.
Les fièvres n, Qn ne Saurait assurément s’appliquer avec deux tiers du trop dc soiu a combattre des maladies aussi regenre humain, doutablcs que Ics fièvres , lesquelles font une guerre continuelle au genre humain , n’épargnent ni vieux ni jeunes , ni forts ni faibles, et enlèvent au moins les deux tiers des hommes, sans par !er de ceux qui périssent chaque année de mort violente; et toutes les méthodes proposées avec tant de confiance , et avec de si magnifiques promesses , dans les livres des Médecins spéculatifs, toutes ces méthodes , dis-je, qui ne sont que des fruits de l’imagination , et de savantes chimères, ne servent pas davantage pour la guérison des maladies dont il s’agit, que si on n’y faisait rien du tout , et qu’on les abandonnât entièrement à la nature.
Si donc j’ai contribué de quelque chose à faciliter la guérison des fièvres , comme je crois pouvoir m’en flatter, sans qu’on m’accuse de présomption , j’aurai obtenu la fin que je me proposais , et je me trouverai bien récompensé des peines et des travaux que j’ai essayés pour le service du prochain.
De l’Hémoptysie,
Voilà à peu près les principales cîioses que j’ai découvertes , ou du moins que j’ai pu réduire en méthode , touchant les fièvres et leurs symptômes , jusqu’au jour présent trentième décembre 1675 , auquel j’écris ceci.
Ckap. vu.
Fm DU PREMIER VOLUME.