‹ Médecine pratiqueChapitre 14 sur 115 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Des , Maladies épidémiques.

Surprenante I .^i^ i’on examine toutes les branches de la Mé-

diversité cJes •}• • .

maladies , Tien 06 paraîtra peut-ctrc plus surprciiant

déxûi(jues, qye l’extrême diversité qui se rencontre dans les maladies épidémiques, non pas tanta l’égard des différentes saisons d’une meme année auxquelles elles sont conformes, qu’à l’égard des différentes constitutions des mêmes années dont elles dé¬

pendent.

Elles drman- 2. Ccttc divcrsité dcs maladies épidémiques se

dent différens asscz par iessvmptomes qui sont pro-

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près à chacune, et par le traitement différent qu’elles demandent. Ainsi , quoique les maladies épidémiques paraissent, à ceux qui n’y prennent pas assez garde, se ressembler entre elles par leurs dehors et par quelques symptômes qui leur sont communs à toutes, il est certain néanmoins que , si on fait bien attention, on les trouvera entièrement différentes les unes des autres , et de caractères fort opposés. Peut-être qu’un examen plus soigneux nous apprendrait si elles se succèdent toujours les unes aux autres d’une manière régulière , et par une espèce de révolution continuelle ; ou si elles arrivent indifféremment et sans garder aucun ordre, suivant la disposition secrète de Pair, et les diverses constitutions des années. Mais

Des Maladies epideaiiques. 7

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vie ci un homme semblerait a peine suihre pour un pareil examen.

3. Une chose au moins dont je suis sûr par quantité d’observations trè-exacles, c’est que les espèces des maladies épidémiques, sur-tout les fièvres continues, diffèrent tellement Fane de Fautre, que la meme méthode qui aura été salutaire une année , sera peut-être funeste l’année suivante. Aussi lorsque j’ai une fois découvert la véritable méthode de traiter telle ou telle espèce de fièvre, je guéris, grâce au ciel, prescpie tous ceux qui en sont attaqués; bien entendu qu’en m’attachant inviolablement à cette méthode, j’ai toujours égard au tempérament , à l’âge , et aux autres circonstances nécessaires.

Cette maladie ayant cessé et ayant fait place à une autre, me voilà dans un nouvel embarras, ne sachantpar oùje dois m’y prendre pour traiter la nouvelle maladie. Ainsi à moins que je n’apporte une attention extraordinaire et une application infinie, il est impossible que les premiers malades qui font l’épreuve de mes remèdes , ne risquent extrêmement, jusqu’à ce qu’ayant reconnu, après un examen constant, le caractère de la maladie, je puisse l’attaquer avec une entière confiance et être pleinement sûr de la victoire^

4. Quoique j’aie observé avec tout le soin possible les différentes constitutions dés années, par rapport aux qualités manifestes de Fair, afin de pouvoir découvrir par ce moyen les causes de cette grande variété des maladies épidémiques, je ne vois pas que j’aie rien avancé jusqu’ici. Car j’ai remarqué que dans des années qui se ressemblent entièrement par rapport à la température manifeste de l’air, il règne des maladies très- ,

Section I.

Définition des fièvres stationnaires.

Elles ne dépendent pas des qualités manifestes de î’air.

S Des 3\îaladies iépidémiques.

différentes, et au contraire. Voici comment les choses se passent.

5. Il y a diverses constitutions d’années , qui ne viennent ni du chaud ni du froid, ni du sec nide l’humide, mais plutôt d’une altération secrète et inexplicable , qui s’est faite dans les entrailles de la terre. Alors l’air se trouve infecté de pernicieuses exhalaisons qui causent telle ou telle maladie , tant que la même constitution domine. Enfin au bout de quelques années cette constitution cesse et fait place à une autre. Chaque. constitution générale produit une fièvre cjui lui est propre , et qui , hors de là, ne paraît jamais. C’est pourquoi j’appelle ces sortes de fièvres stationnaires ou Jix^s,

6. De plus, il y a dans une même année certaines températures particulières; et quoiqu’en ce temps-là les fièvres épidémiques qui suivent la constitution générale de ladite année , régnent plus ou moins, ou commencent plutôt ou plus tard, à proportion des qualités manifestes de l’air, néanmoins les fièvres qui arrivent indifféremment dans toutes sortes d’années, et que j’appelle à cause de cela intercurrentes ou sporadiques ^ doivent alors, plus que toutes les autres, leur origine à une certaine température de l’air. Telles sont la pleurésie , l’esquinancie , et autres maladies semblables, qui attaquent le plus souvent lorsqu’une chaleur subite succède tout-à-coup à un froid long et violent.

Il se peut donc faire que les qualités sensibles de l’air contribuent à la production des fièvres qui se manifestent dans chaque constitution , et non pas à la production de celles qui sont propres et particulières à une certaine constitution. Toutefois on doit avouer que les qualités sensibles de l’air disposent plus ou moins nos corps à telle

Chap. II.

Des Maladies épidémiques. 9

ou telle maladie épidémique. On doit dire la même chose de toute erreur à Fégard des six choses non naturelles.

7. Il faut remarquer qu’entre les maladies éph , Certaine* clemiques il y en a qui , dans certaines années , sont démiques sonc régulières et vont toujours le même train, sont accompagnées des mêmes phénomènes et des mêmes symptômes dans presque tous les sujets ^

et se terminent de la meme façon. Ce sont les plus parfaites dans leur genre , et c’est par elles qu’on doit apprendre la véritable histoire des maladies épidémiques.

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