‹ Médecine pratiqueChapitre 17 sur 115 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

Section I.

20 Constitution épidémique

Quand elle attaquait des personnes avancées en âge, ou des cachectiques qui avaient été affaiblis par la saignée, ou par qaelqu’autre évacuation , elle durait deux ou trois mois, ïè- fièvres quartes, quoique plus rares,

ytc continue, accompagiiaieiit celles que nous venons de décrire : mais les unes et les autres disparurent au commencement de l’hiver , et n’attaquèrent plus personne.

Elles furent suivies d’une fièvre continue , laquelle ne différait des intermittentes d’automne, V qu’en ce que ces dernières avaient des intermissions, et que la fièvre continue n’en avait point ; car toutes deux commençaient de la même façon : les malades qui en étaient attaqués violemment, avaient des envies de vomir, étaient altérés; les parties extérieures étaient sèches , la langue noire ; et Vers la fin de la maladie il se faisait en très-peu de temps, par les sueurs, une évacuation critique de la matière morbifique.

Celle-ci res- 3. Qe qui faisait bien voir que cette fièvre iuSrmittenter conünue était de la nature des intermittentes precedentes, d’automnc , c’est qu’elle paraissait très-rarement au commencement de l’année. Ainsi elle était comme un racourci des fièvres intermittentes; et au contraire chaque accès des intermittentes me semblait être un raccourci de cette continue! Par conséquent la principale différence consistait en ce que les fièvres eontinues allaient toujours d’un pas égal, sans cesser, ni revenir périodiquement; au lieu que les intermittentes cessaient et revenaient à diverses fois.

^ceàTllvrl 4* Je ne saurais dire combien de temps cette coatimie de- fièvre continue avait déjà régné , parce que je qu’eu ^666^' i^^’ètais contenté jusqu’alors de faire attention

DES ANNÉES l66l , 62, 63, 64. 2Ï

aux symptômes généraux des fièvres, n’ayant pas encore pris garde qu’on pouvait les distinguer suivant les différentes constitutions des années, ou suivant les différentes saisons delà meme année. Ce que je sais au moins , c’est qu’il n’y eut qu’une seule espèce de fièvre continue jusqu’en l’année i665, et que les intermittentes d’automne qui étaient fréquentes jusqu’à cette année-lcà, furent ensuite très-rares.

5. La fièvre tierce qui, en 1661, avait fait des ravages infinis, se ralentit l’année d’après; et dans les automnes suivantes les fièvres quartes dominèrent sur les autres maladies épidémiques, la constitution de l’air étant toujours la même. Comme les fièvres quartes diminuaient toujours après l’automne, la fièvre continue qui, durant toute cette saison , avait été rare, se déchaînait avec fureur jusqu’au printemps. Alors venaient les fièvres intermittentes du printemps, lesquelles cessaient au commencement du mois de Mai. Ensuite il y avait par-ci par-là de petites-véroles, qui disparaissaient à l’arrivée des maladies épidémiques, c’est-à'dire de la fièvre continue et des fièvres quartes. Voilà l’ordre que gardaient les maladies épidémiques, qui se succédèrent les unes aux autres durant toute cette constitution de l’air. Je vais parler de leurs différentes espèces, et nommément de la fièvre continue, et des fièvres intermittentes, soit de printemps, soit d’automne, qui ont régné dans cette constitution plus que dans les autres,

6. Je commencerai par la fièvre continue, elle me semble être la plus considérable de toutes les autres fièvres, d’autant que dans cette fièvre, plus que dans toutes les autres, la nature opère d’une manière égale et uniforme la cocîion de

CiiAf. Mi.

Ordre des maladies épidémiques de cette constitution.

La fièvre continue était la principale.

Section I.

Ses symptôînes.

22 CONSTITÜTIOIS' ÉPIDiiMJQUE

la matière morbifique, et l’évacue ensuite au bout d’un certain temps. De plus, comme les constitutions annnelies qui produisent les fièvres intermittentes d’automne ont coutume de revenir beaucoup plus souvent que celles qui produisent les autres maladies épidémiques, il s’ensuit nécessairement que la fièvre continue dont elles sont accompagnées, est aussi plus fréquente.

7. Outre les symptômes qui accompagnaient les autres fièvres, cette continue avait encore les suivans: le malade était le plus souvent comme un homme qui va rendre fame, il se trouvait tout d’un coup sans forces, il avait des envies de vomir, sa langue était sèche et noire, et sa peau seche. L’urine dans tous les malades était épaisse ou limpide; deux états qui marquaient également la crudité. Dans le déclin de la maladie , il survenait un flux de ventre, à moins que le Médecin n’y eût mis obstacle dès le commencement, et la maladie n’en devenait que plus longue et plus opiniâtre. D'elle même elle ne durait guère au-delà de quatorze ou de vingt et un jours (i); et alors elle se terminait par une sueur , ou plutôt par une douce moiteur. Les urines donnaient le plus souvent dans ce temps-là, et non auparavant , des signes de coction.

8. Il survenait d’autres symptômes lorsque la maladie n’était pas bien traitée. Mais on connaîtra mieux ces symptômes et toute la nature de la maladie , par la méthode de la traiter dont je me

(i) Est-ce une chose démontrée par l’expérience , que toute fièvre qui n’arrive pas à la crise en quatorze jours , dure volontiers jusqu’au vingt et uu ? Ou cette idée , comme quelques autres de même espèce , n’esf-elle point prise des Anciens ? et ue l’ont-ils point eue , en conséquence d’une oertaine harmonie qu’ils outimagmée entre les nombres et la durée des lièvre*.*

DES ANNfe î66r , 62 , 63 , 64- -aS

suis servi autrefois, et dont je vais mettre ici ce qui fail à mon sujet, selon que je Tai publié il y a déjà long-temps : car alors je ne savais point encore qu’il y eût dans la nature quelqu’autre espece de fievre.

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