CHAPITRE IV
Fievre continue des années 1661 , 62, 63, 64.
i. Je remarque en premier lieu, que le mouvement irrégidier du sang, quiest la cause de cette fièvre, ou qui l’accompagne, est excité par la nature, soitpour séjiarer du sang une matière hétérogène et nuisible qu'il renferme , soit pour donner au sang quelque nouvelle disposition,
2. Le terme général de mouvement me plaît davantage en cette matière , que celui de Jerrnentation , 'ou éé ébullition , parce qu’il ôte toute occasion de chicaner sur les mots; ce que les deux derniers ne feraient peut-être pas si bien ; car quoiqu’on puisse leur donner un bon sens , il y a néanmoins des gens qui les trouvent durs et peu convenables. Le mouvement du sang dans les fièvres imite, à la vérité, tantôt la fermentation , tantôt l ébidlition des liqueurs végétales. Malgré cela bien des gens croient qu’il en diffère en plusieurs manières. Prenons un ou deux exemples touchant la fermentation. Premièrement, les liqueurs qui fermentent acquièrent une nature vineuse , en sorte qu’on en retire par la distillation un esprit ardent , et qu’elles se changent aisément en vinaigre, qui est une liqueur trèsacide, et qui donne parla distillation un esprit acide. Mais suivant ceux dont nous parlons^ on
CUAP. IV.
Cause finale du inonvtmeiit du sang dans cette fièvre.
Le tenue de rnouvement préféré a relui de fermenta'tion ou d’ebulliùon.
^4 Fièvre cojvtinue
I jamais observé dans le sang de changement
b^cxxojsL pareil.
Ensuite ils font remarquer que dans les liqueurs vineuses la fermentation et la dépuration se font en même temps , et vont d’un pas égal ; au lieu que la dépuration du sang dans les fièvres n’arrive qu’après son effervescence : ce qu’on voit clairement , disent-ils , dans un accès de fièvre qui se termine par les sueurs.
Le terme 3i Quant à Xébullition , ils trouvent que cette
dénomination convient encore moins ^ et qu’elle propre. est contraire à l’expérience dans plusieurs cas où l’effervescence du sang n’est pas assez considérable pour mériter le nom à’ ébullition.
Quoiqu’il en soit, je neveux point entrer dans de semblables' disputes ; et comme les termes de Jermentation et dé ébullition sont fort en usage chez les Médecins modernes, je ne ferai point difficulté de m’en servir quelquefois , pour ex pib quer plus clairement ce que j’ai à dire dans ce traité.
Toutes les fièvres qui sont accompagnées d’éruptions , montrent que le mouvement fébrile n’est excité par la nature dans le sang , que pour en séparer une matière hétérogène et nuisible. Car dans ces sortes de fièvres , il se jette sur la peau , au moyen de cette ébullition du sang , un récrément de mauvaise qualité qui y était retenu (i).