Tome L
§4 Fièvres intermittentes
U gation n’est pas si pernicieuse , à moins qu’elle
Ecxicm . souvent réitérée (i). '
Méthode de 3o. Voici la façon dont je traite les fièvres tierces
l’Auteur pour fi’automue .* Ic malade étant dans son lit , et
J.6S ncvrcs tier* ^
«asd’aidtoame. bien cüuvert, je le fais suer en lui donnant, quatre heures avant l’accès , du petit-lait dans lequel on a fait bouillir des feuilles de sauge ; dès que la sueur paraît , je lui fais prendre deux scrupules de pilules cochées majeures dans une once de la mixture suivante;
Prenez eau-de-vie ^ une U\>re ; thériaque , trois onces ; safran , un gros : mêlez tout cela ensemble pour h usage (2).
Le malade ayant pris cela , se tiendra continuellement en sueur, jusqu’à quelques heures au-delà du temps auquel l’accès devait venir , ayant soin de ne pas laisser interrompre la sueur par les évacuations que produira le purgatif. ‘;|ftccès de cette 3i. Ce remède m’a plus souvent réussi pour ïnethode. guérisou dcs fièvres tierces , que celui qui est communément en usage , et qui tend au meme but , je veux dire la décoction de racines de gentiane , de sommités de petite centaurée , etc.
(1) La saignée est néanmoins quelquefois très-utile , comme lorsqu’on Juge que la lièvre est occasionée par des embarras dans les viscères du bas- Tentre ; à quoi les hypocondriaques et ceux qui ont été auparavant affligés jd’hémorrhoïdes , sont fort sujets. Dans la grossesse des femmes , il est absolument nécessaire de saigner , afin de prévenir la fausse-couche que pourrait causer l’agitation violente que la lièvre produit dans le sang. Une seule saignée iaite à propos a quelquefois coupé pied à une lièvre quarte opiniâtre. Pour se tien conduire dans cette matière , il faut faire attention à la saison de l’année , au degré de la maladie , à la force du sujet , à l’état des fluides et des solides , et à d’autres circonstances importantes qui doivent être mûrement considérées «t comparées.
(2) Il y a Heu de craindre plusieurs inconvéuiens de l’usage d’un remède si chaud , dans les jeunes gens d’un tempérament sanguin. Si l’on juge donc la sueur nécessaire , il vaudra mieux donner quelque doux sudorifique , en faisant boire souvent de l’infusion de thé , de sauge , ou autre semblable.
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avec un peu de séné et d’Agaric : car, comme mon remede excite en meme temps les soeurs et les selles qui sont deux mouvemens contraires, il produit le meme effet que le remède ordinaire, qui est d’arrêter l’accès ; mais il l’arrête plus efficacement et avec aussi peu de danger. C’est par cette méthode que j’ai guéri fceaucoup de fièvres tierces d’automne, et je n’en ai point trouvé de meilleure pendant les années dont il s’agit (t).
32. Dans la double tierce qui a changé de type, Manière de parce que le malade a été affaibli par des éva- doubiJ cuations, ou de quelque autre manière, il faut tierce, de même exciter la sueur quatre heures avant l’accès , se servant pour cela du remède précédent, mais dont on retranchera les pilules cochées, parce qu’elles augmenteraient encore la faiblesse; du malade que les purgatifs n’ont déjà que trop épuisé , et favoriseraient le retour de la fièvre que les purgatifs ont rendu double tièrce. Ou bien on se servira de quelque autre diaphorétique plus puissant et plus efficace, que l’on pourra réitérer dans l’accès véritable qui viendra immédiatement ensuite.
Lorsque les accès de la fièvre double tierce jettent les malades dans une extrême faiblesse , j’ordonne l’électuaire suivant:
Prenez consente de fleurs de bourrache et ÉieaEuairecers huglose , de chacune une once ; consefve de rom arin^
(i) Cette méthode est impraticable , sinon dans des tempéramens vigoureux et flegmatiques ; car dans des tempéramens sanguins , faibles et délicats , il serait très-dangereux d’exciter ainsi deux mouvemens directement contraires ; et c’est peut-être à cause de cela que cette méthode n’a pas beaucoup été suivie jusqu’à présent , malgré la déférence extraordinaire que l’on a eue universellement au jugement de notre Auteur, La ni.aiiière dont on traite aujourd’hui les fièvres intermittentes , est fort éloignée de la siçnnc ; mais elle est beaucoup plus sûre et plus douce.
Fièvres intermittentes
Julep cordial.
Traitement ties fièvres quartes.
demi'Once ; écorce de citron confite , jioix muscade Section I. ^Qj^fte et thé/iaque , de chacune trois gros ; confection alkermes deux gros : mêlez tout cela pour un électuaire^ dont le malade prendra de la grosseur dune noisette matin et soir ^ buvant pardessus six cuillerées du julep suivant'.
Prenez eau de reine des prés , et eau thériacale^ de chacune trois onces sirop d œillets une once', mêlez cela ensemble.
Ou 'bien en place de ce julep , je donne quelque eau épidémique plus simple, et adoucie avec du sucre. Je défends les lavemens , et je permets les bouillons de poulet,les décoctions d'avoine, etc.
33. Quant à la curation des fîevres quartes , je crois qu’il n’est personne médiocrement versé dans la Médecine , qui ignore combien tous les remèdes que l’on a découverts jusqu’ici pour la guérison de ces redoutables maladies , ont peu réussi , à l’exception du quinquina, lequel néanmoins les suspend plus souvent qu’il ne les détruit ; car, après qu’elles ont cessé deux ou trois semaines , et donné par ce moyen aux malades abattus le temps de respirer , elles recommencent avec autant de fureur que jamais ; et toutes les fois qu’on revient à l’usage du quinquina, il faut d’ordinaire bien du temps pour les guérir. Je vais néanmoins rapporter ce qui m’est connu sur la manière d’employer ce remède.
Comment il 34- La premiere attention qu’on doit avoir , c’est de ne pas le donner trop tôt, c’est-à-dire, avant que la maladie se soit un peu affaiblie d’elle-mème , à moins que la grande faiblesse du malade n’oblige d’y avoir recours plus tôt. Car , si on le donne de trop bonne heure , il sera peutêtre inutile et même dangereux , parce qu’il arrêtera tout4-coup le mouvement de fermenta-
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tion par où le sang cherche à se dé
La seconde attention est de ne point par la purgation , et encore moins par la saignée , la quantité de la matière fébrile , afin que le quinquina opère plus librement; car , comme ces deux évacuations dérangent à un certain point Féconornie animale, les accès de fièvre reviendront plus promptemeqt et plus sûrement , dès que Faction du quinquina aura cessé. Il me paraît aussi plus à propos de le donner peu à peu et assez loin des accès , que de vouloir couper pied tout d’un coup à l’accès qui va venir ; car, de cette manière, le remède a plus de temps pour agir comme il faut , et on évite le danger qu’il y a de vouloir arrêter subitement et hors de saison un accès qui commence à se manifester.
La dernière attention est de serrer les prises du quinquina , afin que la vertu d’une prise ne cesse pas tout-à-fait avant qu’on donne la suivante.
Par ce moyen, on déracinera la fièvre, et le malade recouvrera une parfaite santé.
35. Voilà les raisons qui me font préférer , aux autres méthodes de donner le quinquina, celle que je vais expliquer :
Prenez une once de quinquina en poudre ; mêlez- Eicctuaîi^
fébruuge;
(1) Les mauvais effets du quinquiua donné trop tôt dans le cas présent, viennent apparemment de la qualité astringente dont il est manifestement doué , et qui empêche la matière fébrile de s’évacuer , et la fixe au-dedans sur quelque partie noble ; d’où il arrive que la lièvre intermittente su change en continue qui est ordinairement d’un mauvais caractère , otl qu’elle dégénère en quelque maladie chronique opiniâtre , comme l’hydropisie , la consomption , la dureté squirrheuse du foie , la jaunisse , la cachexie , etc. ; c’est pourquoi lorsqu’on veut donner le quinquina, dan» une lièvre intermittente , et qu’on ne peut pas évacuer auparavant selan le besoin , il est beaucoup plus sûr d’attendre , si la maladie le permet , que la violence de la lièvre soit diminuée par quelques accès , et qu’une portion de la matière morbifique soit évacuée; ce qui s’accorde en partie avec îtâ eentiment de notre Awtenr sur oçt articlgt
purer (i).
diminuer
Chap, y.
Fièvres iiyTERMiTTEivTES
Sf-cxiüK i, ^^’^9 deux onces de sirop de roses rouges ; et te malade , chaque jour qiiil nj a point de vérh table accès , prendra matin et soir la quantité dune grosse noix muscade de cet ojnat, jusqdà ce qdil n en resté plus. On réitérera trois autres fois le même remède , ayant soin de mettre toujours entre chaque fois r inter s’ülle de quinze jours (i).
(i) La simplicité de cet électuaire ne doit pas le faire rejeter , quoique la méthode de I Auteur ne soit peut-être pas sans défaut; c’est pourquoi 3e joindrai ICI quelques régies fondées sur l’expérience , et quelques précautiOHs touchéint la luauiere de donuer le (juiuquina.
1. La regie generale qui defend de le donner tant que l’urine demeure haute eu couleur, et ne Lisse pas tomber un sédiment briqueté , peut souhrir une exception. L’expérience a montré que si le corps n’est pas surcharge de sucs viciés , si les viscères sont en bon état , et ne présentent aucun signe d’inflammation interne , on peut donner le quinquina avec
ou le succès et la surete possible, même aux personnes âgées et affaiblies et aux jeunes gens d’un tempérament vif et sanguin, pourvu qu’on ait fait précéder les evacuations convenables.
2. Lorsque la chaleur et les autres symptômes qui en dépendent sont violents , on mele utilement le nitre avec le quinquina.
3. Si ce remède lâche le ventre , on pourra donner du laudanum liquide
ïaTcordiX^ électuaire avec suffisante quantité de
4 Ou peut le mêler avec différentes drogues , et l’adapter par ce moyen à îoutes les complications des fièvres intermittentes.
5. On doit consulter le goût du malade par rapport au cliek de la forme
sou, laquelle on veut le donner ; mais quand le malade peut le prendre eu «ubslauce , ,1 est ordinairement plus efficace qu’en décoction , en iufusioa CD teinture , ou en extrait. *