‹ Médecine pratiqueChapitre 33 sur 115 · Mais , si les gens qui ont des fièvres tierces f · texte numérisé non relu

Mais , si les gens qui ont des fièvres tierces f

d’automne, ou des fièvres quartes, sont fort âges , sont ntoesÆaiils risquent non-seulement detre long - temps malades, mais ils sont encore eu grand danger de mort. C’est pourquoi, si le Médecin n’a pu dompter la fièvre, pi par le quinquina , ni par quelque autre méthode que ce soit, il faut au

d’où il a appris que c’est une cùose mutile d’etre si timide à cletermirjer la dose du quinquina, Voyei Ift Med» commend, du meme Auteur , tom*

Sectioîj I.

Et aussi le cliau^meut d’air.

9^ Fièvres iotermittei^tes

= moins qu’il aide la Nature , et lui fournisse les secours dont elle a besoin pour achever son ouvrage : car , dans les corps épuisés , si on n’entretient pas la fermentation par des cordiaux et par un régime fortifiant , comme par le vin d’absintbe et autres choses semblables, il arrivera immanquablement que les malades seront affiiiblis par u^ne suite d’accès vagues et inutiles; ainsi la maladie tramera en longueur; et lorsqu’il surviendra quelque accès plus violent, la Nature se trouvera languissante, ne pourra arriver au temps de 1 ébullition, et par conséquent le malade mourra dans le frisson. C’est à quoi sont sujets les vieillards qui ont été affaiblis par une longue suite de purgatifs : on les a même vus quelquefois etre enlevés dans le frisson des premiers accès, au lieu qu’on aurait pu les conserver du moins encore quelque temps , en leur aoiinant un puissant cordial.

38. Lorsque le temps nécessaire pour la dépuration du sang est passé , ou même un peu auparavant, il faut que les malades qui sont d’un age avancé , changent d’air , soit en allant dans un pays plus chaud, ce qui serait le mieux, soit au moins en quittant l’endroit ou ils ont été attaques la première fois de la fièvre. On ne saurait dire combien le changement d’air est utile pour la guérison, parfaite de la maladie. Cependant Il n est pas nécessaire de changer d'air avant le temps que nous avons dit , et même cela convient moins ; car, quanc^on irait dans le pays

fl? r et le plus chaud , toujouÈ

' ‘pm e sang, lorsqu il a une fois commencé a fermenter achevé de se dépurer. Or, on ne

d’un nouvel air, a

moins quela fermenta lion ne soitdéjàbienavancée

DES ANNÉES l66ï , 62 , 63, 64»

et par conséquent le malade en état de recouvrer la santé.

Le vrai temps de changer d’air est donc lorsque la lièvre est sur le point de finir. Par exemple, dans la fièvre quarte qui a commencé en automne, il ne faut changer d’air que vers le commencement de Février (j).

39. Cependant , si le malade ne peut ou ne veut pas se transporter ailleurs , il faudra lui donner en ce temps-là meme , quelque remède efficace , capable d’aider puissamment la dépuration languissante , et l’achever , s’il se peut , tout d’un coup. Pour cela , je conseillerais de faire prendre, deux heures avant laccès, un gros et demi d’électuaire d’œuf, ou de thériaque, dissous dans l’eau de vie commune.

J’ai employé ce remède avec succès dans le déclin de ces maladies. J’avoue néanmoins que , si on donne trop tôt ces sortes de remèdes échauffans , ils changent la fièvre en double tierce, ou en double quarte, ou bien en continue, comme Galien l’a déjà remarqué.

On peut en agir de même à l’égard des jeunes gens malades , pourvu qu’on garde certaines précautions : mais à l’égard des enfans , cette méthode ne convient point du tout , et même j’ai observé, il y a long-temps, qu’elle n’est pas sans danger (2),

Chap. V.

En quelle occasion il faut aider la dépuration du sang.

Mixture.

Remèdes chauds doivent être dc'unés seulement dans le déclin de la maladie.

(j) La pratique d’aujourd’hui fournit quantité d’exemples de malades qui ont été guéris eu prenant un air plus chaud , lorstpie tous les autres remèdes avaient été inutiles ; mais je crois qu’il est inutile , et peut-être dangereux , d’attendre pour cela aussi tard que notre Auteur le demande.

(2) On traiterait peut-être maintenant d’imprudent , de téméraire et d’empirique, celui qui hasarderait un si violent sudorifique , sinon en des cas extraordinaires ; car lorsque le ton des solides est déjà fort relâché , et les sucs fort appauvris , il y a lieu de craindre qu’un pareil remède ne produise de funestes effets j mais aujourd’hui que la Médeciaç est si perfec-

Fièvres imtermittektes

^ , Ao. Avant que de finir la matière présente , il

est bon d avertir que ce que nous avons dit sur la durée des fièvres intermittentes d’automne , et sur le temps nécessaire pour la dépuration du sang, doit s’entendre uniquement de ce que la Nature a coutume d’opérer , lorsqu’elle est aidée par les remèdes ordinaires. Car je n’ai nullement prétendu que les savans et habiles Médecins dussent perdre courage , et désespérer de trouver d’autres méthodes plus sûres , ou des remèdes plus excellens pour la guérison de ces maladies. Je suis si éloigné de penser de la sorte , que je ne désespère pas de découvrir moi-même un jour une telle méthode ou un tel remède.

Purgation /ji. Quand il n’y a plus de fièvre , il faut purger soigneusement le malade. On ne saurait dire combien il survient de maladies après les fièvres d’automne , pour avoir négligé la purgation. Je suis surpris que les Médecins y fassent si peu d’attention, et n’en avertissent point; car toutes les fois que j’ai vu des gens un peu avancés en âge , qui ont été attaqués de quelqu’une de ces fièvres , sans avoir été purgés ensuite , j’ai pu prédire sûrement qu’il leur arriverait quelque maladie dangereuse à laquelle ils ne s’attendraient pas le moins du monde , se croyant parfaitement guéris.

43. Il faut néanmoins prendre garde de ne purger que quand la maladie est entièrement finie ; car quoique les premières voies semblent en quelque façon être débarrassées par-là des impuretés que ia fièvre y a amassées , il s’y en

-«si necessaire après la cessation de ia iiè- Tre.

non auparavant.

tioKnée , nous ne manquons pas lieureusement de remèdes plus doux et plus efficaces en pareil cas , et les remèdes violents sont universellement eondamnés et proscrits.

Chap. Y'

DES ANNÉES l66l 5 62 , 63 , 64. 93

trouvera bientôt de nouvelles, et elles seront fournies par la fièvre , que Faction du purgatif et Fagitation des humeurs auront rallumée. Ainsi tout ce qu’on gagnera par la purgation, sera de rendre la maladie plus opiniâtre.

C’est ce que nous apprennent chaque jour les exemples des malades que l’on accable de purgatifs , suivant les principes de cette médecine qui croit devoir travailler uniquement à dissiper les obstructions, et à évacuer l’humeur mélancolique qu’on regarde ordinairement comme la première source du mal : car il m’est évident que ces purgatifs réitérés , quelque quantité d’humeur qu’ils puissent évacuer, rendent la fièvre plus enracinée et plus rebelle que si elle n’avait point été irritée.

43. Ainsi pour purger, j Attends non-seulement Méthode de qu’il n’y ait plus d’accès sensible , mais encore qu’il ne reste pas la moindre altération les jours que l’accès aurait dû venir , et outre cela qu’il Be soit écoulé un mois. Alors je donne une potion lénitive ordinaire , que je réitère une fois la semaine pendant les deux ou trois mois suivans ; et chaque fois , lorsque Faction du purgatif est finie , je fais prendre à l’heure du sommeil un remède calmant, afin de couper pied à un nouvel accès qui, sans cela, reviendrait peut-être à l’occasion du trouble que les plus doux purgatifs excitent dans les humeurs (t).

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