Ceux qui ont une petite-vérole discrète
^ r •! ' Chatld , quand
voyant qu ils suent lacilement , comme nous avons est pernicieux, dit que cela arrivait aux adultes, et se promettant une heureuse guérison, parce qu’ils espèrent de pouvoir ainsi évacuer le virus morbifique par les pores de la peau , insistent soigneusement sur les sueurs, tant par des cordiaux pris intérieurement, que par un régime chaud; et ils le font d’autant plus volontiers , que dans le commence ment ils se trouvent bien de cette méthode, et qu’elle s’accorde mieux avec l’opinion mal fondée des assistans. Mais enfin la sueur ayant dissipé matière qui devait servir à faire élever les pustules * * et gonfler le visage , il arrive au contraire que cette partie, qui aurait dû le huitième jour être .tuméfiée , se trouve flasque, et que les intervalles
cause.
Petites-véroles régulières
(le ses pustules, au lieu d’être enflammés et rouges, Siioxio^iu. trouvent blancs, nonobstant que les pustules soient rouges et élevées, même après la mort du malade. La sueur, qui jusqu’alors venait très-facilement, se supprime tout à coup d’elle-même, sans que les plus puissans cordiaux puissent la rappeler. Cependant la frénésie survient , le malade s’agite et se tourmente beaucoup , et il est trèsmal; il urine souvent et peu à la fois; enfin il meurt au bout de quelques heures contre l’attente des assistans.
Il faut remarquer néanmoins que si les pustules sont en petit nombre, si c’est en hiver , si le malade est avancé en âge,. ou si on l’a saigné, le ïégime trop échauffant que nous condamnons ici n’empêche pas aussi sûrement le gonflement . du visage , et par conséquent n’est pas aussi funeste que quand la petite- vérole est confluente , que l’on est dans le printemps ou dans l’été , que le malade est jeune, et qu’on n’a point saigné.
Onzième 21, Mais (lans les petites- véroles confluentes danger est extrême , et la plupart des malades dans les peti- meurcnt le onzième jour ; car comme la salivation eoTfluèuteL jusqu’alors mettait le malade en sûreté, cesse ordinairement d’elle-même ^ers ce temps là, il faut, pour y suppléer, que le gonflement du visage subsiste encore quelque temps après , et que les mains commencent dèsdors à s’enfler considérablement ; sans quoi le malade ne saurait manquer de périr. Et de fait les pustules étant aussi petites qu’elles sont dans ce genre de petites-véroles, non-seulement la salivation , mais encore le gonflement du visage et des mains est absolument nécessaire pour évacuer comme il faut , la matière morbifique ; et si l’une de ces deux choses manque ou cesse trop tôt, la mort est certaine.
Chap. II.
Ï3ES ANNÉES 1667 , 1 568 , et€* i53
Or , comme dans cette maladie où la chaleur n’est déjà que trop grande , le sang se trouve fort souvent dissous par le régime excessivement chaud qu’on y emploie , et qu’il se trouve tellement enflammé , qu’il n’est plus propre à chasser peu à peu au dehors le virus ( sans rien dire ici des maux que l’on cause en faisant suer à contretemps) ; il arrive de là, ou que le visage et les mains ne se tuméfient point du tout , ou que ce gonflement cesse avec la salivation. Il est vrai que l’enflure du visage doit un peu diminuer le jour meme que finit la salivation ; mais elle ne doit cesser entièrement qu’un ou deux jours après, et les mains doivent demeurer considérablement enflées. Il n’est presque point de signe de guérison plus certain que celui-là; et au contraire, quand il manque , le danger est extrême.