‹ Médecine pratiqueChapitre 52 sur 115 · Les symptômes que produit le froid sont · texte numérisé non relu

Les symptômes que produit le froid sont

Section III. ^ ^ .

Syraotomes extrêmement rares en comparaison de ceux qui produits par viennent d’un régime trop chaud, car cette maladie Î-Ire^ étant regardée avec raison comme une des plus chaudes, on pèche beaucoup moins du côté du régime froid que du côté contraire.

Euquoicon- 3q^ Maisco quoi consiste essentiellement la

siste e.^sentiel- . . i t’ *5 • i i

lenumî la pe- petite-verole J avoue que je n en sais absolument tite-veroie. ^ crois pas que personne soit mieux

instruit que moi sur cela. Il me semble néanmoins rju’en examinant avec soin les symptômes dont nous avons fait mention , on peut juger qu’elle consiste essentiellement dans une inflammation du sang et des autres humeurs'(i), mais une inflammation d’une espèce différente des autres inflammations, et que la nature cherche à dissiper en digérant et atténuant pendant les deux ou trois premiers jours les particules enflammées; ensuite en les poussant à la superficie du corps , pour y former une infinité de petits abcès , au moyen desquels elle s’en débarrasse entièrement, temps Aiiisi, pour établir sur un fondement solide le éette ^maladie, traitement de cette maladie , il faut remarquer qu’elle a deux temps : le premier , que j’appelle celui de la séparation ’^ et le second, que j’appelle celui de X expulsion de la matière morbifique. l.t séparation. 3 1 . Laséparatiou se fa it d’ordinaire dans le meme espace de temps que l’ébullition fébrile, qui dure les trois ou quatre premiers jours, pendant lesquels la nature travaille à rassembler les particules

(l) La matière virulente qui produit cette maladie , semble être en effet d’une nature âcre et inflammatoire, d’où proviennent la douleur, la chaleur , la rougeur , l’enflure , l’érosion et l’ulcération , et aussi d’une nature caustique et putréfactive , en conséquence de quoi elle détruit par sou mouvement intestin et subtil le tissu et l’union des parties , et les corompt. C’est ce qui fait proprement la malignité de la maladie , et se manifeste particulièrement dans les petiteS’vérdes d’un mauvais caractère.

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Chat. II,

prend sa première tranquillité, le tumulte quecette opération avait excité dans le sang^ se trouvant alors appaisé.

La séparation étant ainsi faite par le moyen de L’expulsion, rébullition du sang, vient ensuite Texpulsion qui s’exécute pendant tout le reste de la maladie , au moyen des pustules que la nature a produites à la superficie du corps; et comme ces pustules sont de véritables abcès , elles suppurent et se dessèchent de meme que les autres abcès. Si tout cela se lait comme il faut , les choses vont bien, et la guérison est certaine ; sinon o'n ne doit rien attendre que de funeste. L’expulsion demande beaucoup plus de temps que la séparation , parce que la première s’exécute dans un liquide qui est, pour ainsi dire , le foyer de la nature ; et que la seconde s’exécute dans une partie dense et solide, qui est éloignée de la source de la vie.

32. Cela supposé, il se trouve deux indications indicaà remplir { i). La première est d’entretenir rébullilion du sang dans un tel degré de modération ,

enflammées qui corrompent le sang , et à les déposer à la superficie du corps sous la forme de pustules , ou de petits abcès ; ensuite de quoi elle re-

(i) Les indications curatives dans cette maladie , selon Hoffmann, sont d’aider la nature , par des secours convenables â corriger , à expulser et à changer en pus la matière morbifique; pour cela il faut, corriger ràcreté et la causticité de cette maladie , ou , suivant la façon de parler des Anciens , eu produire la coclion , et modérer les mouvcmens violens qu’éprouvent les vaisseaux et les nerfs au commencement de la maladie. 2.® Il faut aider l’érnption en angineutant ou diminuant la fièvre selon le besoin , afin que toute la matière morbifique puisse être expulsée vers les parties extérieures ; mais il faut arrêter la fièvre secondaire qui suit la suppuration , et remédier aux symptômes violens. 3.° Dans le déclin , lorsque les pustules se dessèchent et tombent par écailles, il faut purger , afin de délivrer le siang et les humeurs des impuretés qu’ils ont contractées dans le cours de la maladie , et par ce moyen on prévient à temps les accidens ^ue causent les t’estes de la petite-vérole.

Petites-véroles régulières

SfiCTiejH III.

Manière de remplir la pi’emlèi^te indication.

Ne pas précipiter la séparation.

qu’elle ne soit ni violente ni trop faible, afin que la séparation ne se fasse ni trop promptement ni trop lerUement , ni imparfaitement. La seconde est d’entretenir soigneusement les pustules, afin que suppurant et se desséchant comme il faut , elles emportent entièrement la matière qu’elles contiennent.

33. Quant à la première indication , il faut surtout prendre garde alors que l’ébullition ne devienne trop violente, soit que cela arrive en couvrant trop le malade, ou en échauffant trop sa chambre , ou par l’usage des remèdes chauds et des cordiaux. Cette précaution est sur-tout nécessaire lorsque le malade est dans la fleur de l’âge , ou qu’il a le sang trop exalté par des boissons spiritueuses, ou lorsqu’on est au printemps ou au commencement de l’été. Autrement la séparation qui devait s’opérer lentement et par degrés, afin de procurer une entière dépuration du sang , se fera avec trop de rapidité ; et de cette façon la nature n’aura pas le temps de rassembler un assez grand nombre de particules morbifiques ; ou bien il s’en séparera , contre son intention , quelquesunes qui n’étaient point destinées à cela , et qui se mêlant avec les autres qui y sont propres , empêcheront par-là leur séparation , et conséquemment leur expulsion.

34. Pour moi , je pense que la séparation se fait d’autant plus sûrement et plus parfaitement , que la nature y emploie un plus long espace de temps, pourvu toutefois que l’ébullition 11e soit pas entièrement languissante. Aussi est-ce d’une telle séparation que dépend principalement le succès des remèdes qu’on emploie ensuite. Mais tout est à craindre si la séparation est précipitée : c’est alors un fruit précoce dont on ne peut rien attendre

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de bon ; car les cordiaux et le régime échauffant

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que i on met en usage pour la procurer , causent souvent au malade la frénésie , ou, ce qui est Accidens qui encore plus mauvais , des sueurs copieuses , au

J 11 *1 ' . • .-1 laprecipite.

moyen clesqueiles il se séparé certaines particules qui ne sont point propres à se séparer , ni à se changer en pus , quoique l’éruption de la petitevérole aboutisse naturellement à la suppuration; ou bien le régime chaud , en faisant trop pousser la petite-vérole , la rend confluente , ce qui ne promet rien que de funeste.

35. Voilà quelques-uns des symptômes qui arrivent quand on force la nature. Mais je n’ai jamais remarqué aucun mauvais effet quand on la laisse agir; car alors n’étant point génée, elle parvient toujours dans le temps à ses fins, en séparant et poussant au-dehors dans l’ordre, et par la voie la plus convenable, la matière véroüque; en sorte qu’elle n’a besoin (sur-tout dans les jeunes gens , et dans les tempéramens vigoureux ), ni de notre secours , ni de nos remèdes, ni de notre industrie, étant d’elle-mème très-forte, très- riche et très-habile.

Aussi je n’ai jamais vu ni entendu dire, qu’aucua malade soit péri , parce que la petite-vérole n’était pas sortie d’abord ; au lieu qu’il en est péri une infinité , parce c{ue les pustules qui étaient d’abord sorties à merveille, et qui donnaient les plus belles espérances , sont ensuite rentrées contre la nature de la maladie (i).

(1) Cette observation n’est-elle pas contredite en plusieurs occasions par l’expérience ? Les Médecins ne sont-ils pas souvent obligés d’avoir recoins à des remèdes cbauds pour faire sortir la petite-vérole qui est accumulée en grande quantité sous la peau , sans avancer plus loin , quoique le temps ordinaire de l’éruption soit passé ? Et c’est ce qui arrive souvent , ou parce que la fièvre est trop faible , auquel cas des remèdes médiocrement chauds et actifs sont évidemment nécessaires , ou parce que les forces

i6o Petites- VÉROLES régulières

36. S’il est imprudent et dangereux de tropani- Dan'ge'l’ de mér FébulUtion du sang par un régime chaud ou par des cordiaux, il ne l’est pas moins de la dimi-

1 ebullitioudu i . . .

sang. nuer par des saignées, des lavemens, des vomitifs , des purgatifs, ou d’autres semblables remèdes , puisqu’on met parce moyen un très-grand obstacle à la séparation des parties morbifiques qui sont propres à se séparer. Car, quoique le raisonnement ordinaire que l’on fait contre la saignée et les autres évacuations, savoir , qu’il ne faut pas déterminer les humeurs de la circonférence au centre, tandis que la nature semble vouloir le contraire dans cette maladie; quoique ce raisonnement , disje, ne prouve rien du tout , puisqu’il arrive trèssouvent que les évacuations dont il s’agit produisent un effet tout opposé, savoir, une prompte éruption de la petite-vérole ; il y a' néanmoins des raisons importantes de s’abstenir entièrement, s’il est possible , de cette pratique.

Les principales de ces raisons sont, qu’en la mettant en usage , on diminue trop l’ébullition qui devait faire une séparation exacte desparticules morbifiques; et outre cela, qu’on soustrait à la nature une partie de la matière de la séparation ; d’où il arrive souvent qu’une petite*vérole qui

du malade sqnt abattues par la crainte qu’il a que la maladie ne soit mortelle ; ce qui empèclie l’éruption et met en effet la yie en danger ; car il est manifeste que les passions de l’ame causent de grandes et soudaines altérations dans la circulation du sang et des humeurs , et dans les fonctions des parties qui en dépendent. C’est ainsi que l’inqniétude et la crainte relâchent les parties solides et arrêtent la circulation ; ce (|ui montre que les remèdes convenables en ce cas-là sont ceux qni peuvent rétablir le ressort des solides et augmenter le mouvement des Iluidos d’une manière proportionnée aux circonstances particulières , comme sont les cordiaux; et ou doit , outre cela , encourager en toute occasion le malade , et le rendre gai et joyeux, ou détourner son attention du danger ; car tant que l’esprit se laisse aller à l’inquiétude et au çbagrin, tous les remèdes sont sans effet.

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d abord était sortie heureusement , et peut-être d’autant plus heureusement, qu on avait fait précéder des évacuations, rentre peu après, et disparaît tout à coup. Donc la principale cause est, qu il n’y a pas de matière pour entretenir et soutenir ' 1 éruption commencée.

Maigre tout cela , si avant 1 eruption on a le Saignée et moindre soupçon que la petite-vérole sera coniluente , il sera très-utile de saigner au plutôt et - véroia même de donner l ’émétique , pour les raisons ’qui seront expliquées au long dans un autre endroit.

07* (.^uant a la seconde indication qui regarde de

le temps de l’expulsion , c’est-à-dire celui auquel 3e liVcr. la matière morbifique , après avoir été séparée, et chassée à la superficie du corps , sous la forme de petits abcès ou pustules , cette indication consiste à soutenir tellement les pustules dans leur louable éruption , qu’elles suppurent et se dessèclient dans le temps et 1 ordre convenable.

38. Je crois avoir montré suffisamment Cl- Danger de dessus, qu il est très-dangereux de beau en im échauffer le malade îorsqu’ü a de la fièvre et' que —/."I les pustules commencent à paraître , c’est-à-dire dans le temps de la séparation. Mais il n’est pas moins dangereux de le beaucoup échauffer en quelque temps que ce soit de la maladie , et surtout vers le commencement de l’expulsion , lors-, que les pustules sont encore enflammées. Car quoique le sang ne soit plus dans un si grand tumulte après que la suppuration est achevée , et que la matière morbifique a été portée à 1 habitude du corps, il ne laisse pas, dans'ce nouvel état qu’il vient d’acquérir, d’etre encore tres-susceptible des impressions d’une trop grande chaleur , d’etre très-facile à s’émouvoir, à s’enflammer , et à fermenter de nouveau. Cette nou-

petitês-t^roles régulières

velle ébullition ne tend plus, comme la première, a produire la separation , puisque nous la supposons déjà achevée ; mais au lieu de cela , elle cause les symptômes dont nous avons parlé cidessus ; et de plus elle trouble Fexpulsion , qui était commencée par le moyen des pustules; et en agitant la matière qu’elles contiennent , elle devient très nuisible.

Ainsi les particules qui sont déjà séparées et déposées dans l’habitude du corps ; étant entraînées par le mouvement rapide de cette seconde ébullition , rentre de nouveau dans le sang: ou bien les parties charnues étant échauffées au-delà de ce qu’il faut pour la suppuration , elle né peut se faire comme il convient; ou enfin le sang se décompose, et les fibres charnues perdent tellement leur ressort, qu’elles ne peuvent plus dompter la matière morbifique déjà expulsée , ni la convertir en un pus louable (1),

Ke pas trop ‘ Sq. Néanmoins, sous prétexte de prévenir une rafraîchir. ^j,Qp grande effcrvcscence du sang , il ne faut

pas empêcher l’éruption des pustules , en exposant le malade au froid. Pour que les pustules sortent bien , il faut un degré de chaleur égal à celui de la chaleur naturelle , et convenable à la nature des parties charnues. Une chaleur

(1) Tous les remèdes chauds qu’ou emploie pour faire sortir la petite- Terole , sont généralement condamnables, car ils agitent violemment le sang et les humeurs, augmentent la chaleur, l’auxiété, les convulsions et le délire lorsque ces symptômes se rencontrent et rendent plus âcres et plus subtile la matière morbifique ; d’où il arrive qu’une petite-vérole bénigne devient aisément maligne. Ces remèdes , au lieu de procurer une éruption égale et soutenue , poussent trop tôt la matière avant qu’elle soit dûment préparée , en sorte qu’elle ne vient point en suppuration, mais rentre aussitôt après, avec grand danger pour le malade; d’ailleurs ils atténuent trop le sang , détruisent le suc nourricier , et épuiseut les forces par les sueurs copieuses qu’ils excitent/

ïnoinflre ou plus grande que celle-là , est éga-

■i . 1 ClIAP,

lement dangereuse.

40. Tout ce que nous avons dit, fait assez voir Traitpmpnt combien la petite-vérole est à craindre , et corn* véroit Jurtsbien le traitement en est difficile. 4ussi j’ose as- ciifiiciiesurer que la réputation d’un Médecin qui traite souvent cette maladie , est fort exposée. Car si le malade meurt , non-seulement le public impute volontiers cette mort au Médecin , mais encore les confreres de celui-ci ne manquent pas de saisir avec empressement cette occasion pour le décréditer ; en quoi ils n’ont pas de peine à réussir, ayant affaire à des juges injustes qui ne manquent pas de prononcer en leur faveur: leur dessein en cela est de se faire valoir , et d’établir leur réputation sur les ruines de celle d’autrui ; conduite entièrement indigne des gens lettrés , et meme des plus vils artisans , qui ont tant soit peu de probité (i>.

Après ce qui arrive aux Médecins dans le traitement de la petite-vérole , il n’est pas étonnant que les gardes , lesquelles ordinairement échauffent trop le malade , réussissent souvent si mal.

(i) Il fallait sans doute que notre Auteur eût éprouvé un traitement s» indigne , et en effet, il s’en plaint eîîsr.ife amèrement ; cela ne prouve qua trop qu’il n’est point d’habileté , ni de probité , ni de travail soutenu avec plus de zèle pour le service du genre humain , qui puisse garantir un homme» qui abaudonne la route commune , des injustes censures des petits esprits des envieux , et des gens prévenus qui se rencontrent parmi ceux de sa profession. Tout homme qui fait une nouvelle découverte , laquelle tend à renverser des idées et des règles établies , plus respectées pour leur ancienneté que pour leur justesse , et à élabiir une théorie plus raisonnable , et une lîiétliode curative plus efficace , doit s’attendre à essuyer de grandes contradictions de la part des ignorans , des jaloux , et des gens préoccupés , et à être traité de novateur téméraire , d’homme entreprenant et intéressé, quelque habile , prudent et bienfaisant qu’il puisse être. C’est ainsi que l’illustre Moine Bacon , et l’industrieux Harvey furent traités par un grand nombre de leurs contemporains. Qui peut doue espérer d’échapper à la censtne, après que des gens d’uii si éminent savoir ne l’ont pas évitée ?

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