‹ Médecine pratiqueChapitre 53 sur 115 · Tome /. Il · texte numérisé non relu

Tome /. Il

Petites-v:^roies régüei^.res

— Car il est difficile de déterminer le degré de chaleur liEcxxosiu. cojjyient dans cette maladie ,eî c’est une chose qui surpasse la capacité des femmes de cette espèce ; d’autant qu’il faut considérer en meme temps la saison , l’âge et la manière de vivre des malades , et d autres circonstances necessaires , ce qui demande ^ sans contredit ^ un INIédecin Cordiaux ; prudent et habile.

S^^doWeut 4 1. S'il arrive, pour avoir été saigné mal à prostré donnés. pos , ou pour avoir pris froid, que les pustules rentrent , ou que le visage et les mains se désenflent , il faut avoir recours aux cordiaux (i) ; mais il faut prendre garde de ne pas excéder en ce point. Car cjuoiqu’on ait saigné , il peut arriver qu’en donnant des cordiaux trop puissans , ou en les donnant trop fréquemment , dans la crainte que la saignée n’ait affaibli le malade , on excitera tout à coup une nouvelle ébullition, et meme plusieurs , parce que le sang est encore très-faible et très-susceptible des impressions des remèdes chauds. C’est à ces ébullitions- souvent renouvelées qu’on doit attribuer la mort des malades , plutôt qu’à la saignée. Voilà ce que nous avions à dire en général touchant les moyens de rem-

Bétaii du plir les principales indications. traitemeiiE de 4‘2. Pour revenir maintenant sur mes pas, et entrer dans le détail de la curation , des que j’aperçois des signes certains de la petitev-érole , je défends au malade le grand air, le vin et la viande ;jé lui permets pour sa boisson ordinaire d’user de petite- biere un peu échauffée par du pain rôti , et quelquefois d’en boire à sa vo-

(0 Ces S’y mploraes peuvent aussi èîre produits par la faiblesse , par de trop longues veilles , par la terreur , etc. , et à moins qu’on n’y reinedie sur lechamp par des coi diaux convenables , la vie est en danger. Les vésicatoires

extrèmeraent utiles en cette occasion.

DES ANjNEES 1667 , 1668 , etc.

îoDté fl). Jeliti ordonne pour sa nourriture, des

"l/,* -Il !’• 1 ' j: CXlAi’. li.

décoctions dorge, d avoine , des pommes cuites, et d’autres choses qui ne sont ni fort froides ni ^ort chaudes , et qui se digèrent facilement. Je ne désapprouve pas autrement qu’il suive le régime des petites gens de campagne ; c’est-à-dire, qu’il se nourrisse de lait mêlé avec la pulpe de pomme cuite , pourvu qu’il n’en use que de temps en temps , et avec modération , et qu’outre cela on ait fait un peu chaulfer le lait.

Mais j’interdis , dès le commencement de la lucoîiTf'nlens maladie, le régime trop chaud, et tous les cordiaux dont quelques-uns se servent imprudemment pour faire sortir la petiîe-vérole avant le quatrième jour, qui est le temps propre et naturel de l’éruption. Car je tiens pour certain que la séparation de la matière morbifique est d’autant plus entière que l’éruption est plus tardive; et, dans ce cas-là , on doit être plus sûr que les pustules ne rentreront pas, et qu’elles suppureront bien : au lieu que , si on les fait sortir avant le temps, on précipite la matière qui est encore crue et indigeste, et qui, semblable à ua fruit précoce , ne donne que des espérances trom» peuses.

43. Ajoutez à cela , qu’en se pressant de la sorte hors de saison , sur-tout dans les personnes d’un tempérament chaud et vigoureux , dont les principes actifs suppléent de reste aux cordiaux, il est dangereux que la Nature étant trop excitée et violentée, ne réduise , pour ainsi dire, toute

(i) Il faut observer que s’il y a uu cours de veutre , ou une disposition au cours de ventre, on doit s’abstenir de la petite-b!ère qui 11e ferait que l’augmenter : dans ce cas-là , l’eau d’orge , la décoction de corne de cerf, la tisane de scorsonère , et semblables sont des boissons beaucoup plus convenables.

1 66 Petites-véroles réguijeres

substance du corps en pustules, et ne rende SectionKL les petites-véroles qui auraient été

discrètes , si on ne s était pas trop pressé.

Il ne faut donc pas , aussitôt qu on soupçonne une petite-vérole , travailler à la faire sortir , sous prétexte que le malade est ordinairement fort mal, et souffre beaucoup avant l’éruption, puisqu’on ne saurait montrer qu’une seule personne, quelque malade quelle ait été , soit morte précisément parce que les pustules ne sont pas d’abord sorties, ou que la Nature ait manqué de les faire sortir tôt ou tard , si ce n’est lorsqu’on a, empècbé son action par un regime trop échauffant, et par des cordiaux donnés de trop bonne heure (i). Car j’ai observé plus d’une fois dans les jeunes gens et dans les personnes d un tempérament sanguin , qu un pareil régime et des coî diaux donnés en vue d accélérer 1 éruption, l’ont au contraire retardée. En effet , le sang étant trop échauffé et trop violemment agité pour que la séparation delà matière morbifique pût s’opérer comme il fallait, il n’a paru que des signes de petite-vérole , les pustules demeurant opiniâtrement cachées sous la peau , et ne se montrant point, quelques cordiaux qu’on employât pour les faire sortir , jusqu’à ce qu’enfin ayant modéré la chaleur du sang , et l’ayant réduite à un juste degré , en faisant boire aux malades de la petitchiere , et en leur ôtant une partie des couvertures qui les accablaient , j ai facilité la sortie des pustules , et j’ai retiré , par la grace de Dieu , les malades du danger où ils étaient.

Mauvaises Ceux qui , avaiit le quatrième jour , obli-

thode*'de gar- geut de garder le lit , font aussi mal , selon moi ,

der trop tût

1« lit.

(i) Voyez ci-dessas , riian. 35.

Des années 1667, 1668, etc. 167

que ceux qui donnent trop tôt des cordiaux. Il suffit que le malade se tienne dans la chambre.

Le pissement de sang , les taches de pourpre , et les autres symptômes mortels, dont nous avons parlé ci-dessus , viennent uniquement , sur-tout dans les jeunes gens , de ce qu’on fait garder le lit de trop bonne heure. Ma méthode est de le faire garder au quatrième; et alors, si l’éruption ne va pas bien , on peut l’aider en donnant , au moins une fois, quelque doux cordial Entre les remèdes Caïmans ptopropres a cela, les caïmans , tels que le laudanum Véruiitioa. liquide , le diascordium , etc., mêlés en petite quantité avec les eaux cordiales appropriées , tiennent le premier rang ; car , comme ils modèrent l’agitation excessive du sang , ils mettent la Nature plus en état d’expulser la matière morbifique (i).

Mais je ne conseillerais pas de donner de cordial Ne doiTent

,1 • 1'' *1 pas etre don-

avant le quatrième jour, quand meme il y au-nt^g a^ant le rait une diarrhée qui semblerait l’indiquer. Cette q^^trième diarrhée vient des vapeurs inflammatoires , ou des humeurs déposées dans les intestins par le sang qui , durant les premiers jours de la maladie , est en effervescence : et , quoiqu’elle précède quelquefois l’éruption de la petite - vérole confluente, comme nous avons dit plus haut, la Nature cependant ne se manquera pas à ellemême en cette occasion ; car , comme elle chasse au-dehors les particules morbifiques qui se jettan t sur l’estomac au commencement de la maladie, causent le vomissement , elle ne manquera

(l) Les narcotiques sont ici regardés comme des cordiaux , en ce qu’ils aident l’éruption ; mais ils n’opèrent cela qu’en diminuant la tension des so» lides , et en modérant ainsi la circulation des fluides ; ce qui facilite beaucoup la suppuration et l’expulsion de la matière morbifique , sur-tout lorsque la fièvre est violente , et que par conséquent le sang et les autres liquide® sont mus avec nue grande rapidité.

Petites- VÉROLES régulières

=^■==335» pas a„ssi dans la diarrhée de pousser à la su-

«3ECT10K lil. O ‘ J3 1 i" *1

perncie da corps les parties morbinques qui la produisent ; après quoi , ce symptôme cessera de lui-même.

Saîgnée , 1^5. Quand je suis appelé auprès d’un jeune

homrne vigoureux , et dont la maladie a été occasionée pour avoir trop bu de vin , ou de quelqu’autre liqueur spiritueuse , je ne me contente pas, afin de modérer l’ébullilion du sang, de bannir les cordiaux, et de défendre au malade de garder le lit ; je le fais de plus saigner du bras ^ï). Si ou s’oppose à la saignée par le préjugé vulgaire , je demande au moins qu’on la fasse. Car fardeur que les liqueurs spiritueuses ont imprimée au sang, étant jointe à celle qui accompagne naturellement la petite - vérole , le sang ealie dans une telle furie , qu’il pénètre assez souvent dans la vessie par la voie des urines, eu produit des taches de pourpre , et d’autres symptômes funestes qui, durant toute la maladie,

(i) Le pouls plein et fort , la rongeur du visage , la douleur et la pesanteur de tête, la douleur des lombes, le gonflement des veines, la jeunesse , îa vivacité du .tempérament , l’habitude de se faire saigner, la suppression d’une évacuation critique , indiquent la saignée dès le premier ou le second jour De celte manière l’accabicmeiit et l’oppression de poitrine cessent bientôt , la peau paraît couverte d’une infinité de taches ; et on n’a pas sujet de craindre d’aussi violens symptômes après l’éruption. Ou a souvent observé' que U trop grande abondauce de sang empèebait la petite -vérole de sortir eu ©ssez grande quantité , et la rend simplement discrète, tandis cju’une partie de la matière morbifique reste dans l’habitude du corps, et produit divers symptômes , savoir , des spasmes , des convulsions, le transport , la snffocatiori , et même l'apoplexie vers le déclin de la maladie. Mais lorsque le pouls est dur, petit et lent , les vaisseaux peu gonflés , les forces languis- «antes, le tempérament phlegmatiqiae , que le malade est un enfant , ou du jimins fort jeune , qu’il est gros et gras , cpi’il survient un voiuissemenî , une toux , ou un cours de ventre au comuieiicemenl de la maladie , que le in&iade est sujet à se trouver faible dans lu saignée , il ne faut pas ouvrir la veine , de peur qu’eu tirant trop de sang , la matière morbifique ne soit retenue .dans le corps , et l’éruption prolongée de jdusieurs jours ; ce qui serait dangerca^.. ilojfmmm ^ Med, Hation. sjstéînç. torn. VjI>. 104 > 1^5.

DES ANNÉES 1667, 1668, etc. 169

embarrassent extrêmement le Médecin , et catisent enfin la mort an malade. Voilà pour ce qu’on doit faire avant l’éruption des pustules.

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