‹ Médecine pratiqueChapitre 60 sur 115 · J’ordonnais sur toutes choses, que les ma* de · texte numérisé non relu

J’ordonnais sur toutes choses, que les ma* de

lades ne gardassent pas toujours le lit, et que dru^wuemachaque jour ils demeurassent levés une bonne ■ partie de la journée ; car j’avais observé dans cette fievre , de meme que dans la pleurésie, le rhumatisme et toutes les autres maladies inflammatoires , pour la guérison desquelles la saignée et les rafraîchissans tiennent le premier rang , que les remèdes les plus rafraîchissans et la saignée très-souvent réitérée , ne servaient de rien du tout , tandis que le malade s’échauffait eu gardant continuellement le lit, sur-tout en été. C’est pourquoi' les grandes sueurs que les malades avaient de temps en temps, ne m’empêchaient pas de les rafraîchir , soit par des remedes propres à cela , soit en leur defendant de toujours demeurer au lit.

Il est vrai qu’en prenant son indication de ce qui est le plus souvent utile, on aurait eu raison de se promettre de grands avantages de la part des sueurs ; mais l’experience faisait toujours voir le contraire , et m’apprenait que les sueurs , au lieu d’apporter du soulagement , ne faisaient qu’augmenter la chaleur ; de sorte qu’assez souvent elles étaient suivies du transport, de taches de pourpre et d’autres fune^ites symptômes

Fièvre coktîin'üe

MiwwiiwroawaagJ

S£CTIOiN' ÏH.

Défense de la métliode de l’Auteur,.

qui venaient moins de la malignité de la maladie j que du mauvais traitement.

, 9. Si l’on m’objecte que cette méthode de traiter la fievre est entièrement contraire à la doctrine des Auteurs qui déclarent tous d’une voix, que les sueurs sont le meilleur moyen et le plus naturel pour la guérir , voici ce que j’ai à répondre pour ma défense, outre une expérience constante et très-certaine , dont le témoignage dépose par-tout en ma faveur dans le traitement de cette fièvre particulière. Je crois d’abord que les savans Auteurs qui recommandent les sueurs pour la guérison de la fièvre, parlent de ces sueurs qui arrivent après la digestion et l’atténuation de quelque humeur qui séjournait dans le sang, humeur que la l^ature a travaillée pendant un certain temps déterminé, afin de la mettre en état d’etre évacuée par les sueurs.

Mais la chose est bien différente ici ; car , dès le premier commencement de la maladie , il survienj des sueurs très-abondantes qui seules en font une grande partie : et si on peut conclure quelque chose de tous les phénomènes de la maladie , elle semble être plutôt l’effet d’une simple chaleur et effervescence du sang, que d’une humeur qui y séjourne , et qui , après une coction convenable, doive être évacuée par les sueurs; et quand nous accorderions qu’il y a dans cette lièvre, comme dans plusieurs autres, une semblable humeur, à quoi bon en vouloir, en excitant les sueurs par des cordiaux ou par un régime chaud , animer la Nature qui ne l’est déjà que trop , et dont un Médecin doit modérer les efforts déréglés ? L’axiome commun où il est dit qu’f/ faut évacuer les humeurs cuites et non pas

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les humeurs crues ! i ) , ne regarde pas moins les

1 ^ i- ^ ^ Ckap. ÏIL

sueurs que les dejections.

10. Durant cette constitution , je fiisappelé pour confirmation Yoir le Docteur Morrice , très-habile homme , qui pi^ pratiquait alors la Médecine à Londres, et qui maintenant la pratique avec réputation à Peîworth. Il était adaqné de la fièvre dont nous parlons ; il suait tres-abondamofient, et avait quantité de taches de pourpre. Du consentement de quelques autres Médecins de mes amis et de ceux .

du malade , il fut saigné , il se leva, il fut essuyé, il usa des remèdes rafraîchissans , et d’un régime de meme Nature. Aussitôt il iut soulagé , plusieurs symptômes disparurent; et en continuant cette méthode , il guérit en peu de jours.

T r. La diarrhée qui accompagnait très-souvent Saignée et la fièvre , ne me faisait pas écarter le moins du monde de ma méthode ; et , comme cette diarrhée diarrliée. provenait des particules enflammées qui , se séparant de la masse du sang , et étant portées aux intestins par les artères mésentériques, les irritaient , j’ai éprouvé que rien ne l’arrêtait si bien que la saignée et les rafraîchissans , comme l’eau d’orge , le petit-lait , et les autres choses rapportées ci-dessus.

1 1. Voilà la méthode qui m’a parfaitement réussi naTîgcP du. dans le traitement de cette maladie, et elle me

paraît la meilleure de toutes. Ce n’est pas que je n’aie souvent vu des malades guérir par une méthode contraire, c’esl-à dire, par l’usage des cordiaux et du régime chaud ; mais aussi ils m’ont toujours paru avoir couru un grand danger, auquel on les exposait sans aucune nécessité. En effet, les taches de pourpre qui autrement étaient

(i) Coda J non çruda , sunt medicanda.

FiEVPvE CONXmUE

Si-criorf Hi.

en fortpetife quantité, devenaient très-nombreuses par le régime chaud; la soif qui orduiairement n’incommodait presque pas les malades, devenait plus violente; la langue qui avait coutume d’etre humide, et n’êtaitdifférente de celle des personnes saines que par un peu de blancheur , se des.séchait , et souvent meme paraissait noire; enfin les secours que l’on voulait procurer au moyen des cordiaux cessaient entièrement par ce moyen , car le sang ayant perdu une trop grande quantité delà sérosité qui devait le détremper, et qui était dissipée par les pores de la peau , ne pouvait plus en fournir: ainsi le corps se desséchait aussitôt, et la peau se resserrait contre nature , jusqu’à ce qu’enfin le sang venant à recouvrer de la sérosité , au moyen de ce qu’on faisait prendre au malade, s’en dépouillait de nouveau , tant p^r Faction des remèdes que par la chaleur fébrile ,, et en même temps se délivrait delà fièvre meme. G'était-là une crise forcée et dangereuse , et ce qui était encore pire , elle arrivait rarement.

i3. La salivation, comme nous avons dit plus haut, terminait assez souvent la fièvre , de meme îa saUvation. que la pctitc-vérole confluente , cpa’on peut appeler avec raison sa sœur. Cette salivation était toujours salutaire ; et quand elle venait abondamment, je voyais les taches de pourpre et la fièvre meme se dissiper. Dès qu’elle paraissait , il ne fallait aucune évacuation , ni par la saignée , ni par leslavemens; on aurait risque , en les employant , de détourner d’un autre côté l’humeur. Mais le petit-lait et les autres rafraîchissans étaient nécessaires pour aider la salivation. Au contraire, les cordiaux et tout ce qui échauffe Fempéchaienl, en épaississant l’humeur.

i4- Pendant que cett« fièvre subsistait encore ,

Çcîîe fièvre se terminait .souvent par

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et avant qu’elle eut entièrement cessé, sur-tout l’an i668 , il régna une diarrhée épidémique, sans aucun signe manifeste de fièvre : car la constitution de l’air tournait déjà vers la dyssenterie qui se fit sentir rannée suivante , comme nous dirons bientôt. Je jugeai que cette maladie était la même chose que la fièvre continue dont nous venons de parler, et qu’elle se montrait seulement sous une autre forme et avec un autre Symptôme.

Car comme elle était ordinairement précédée d’un frisson de même que la fièvre, et produite par la même cause, il me parut vraisemblable qu’elle devait son origine à des particules inflammatoires qui , se détournant vers les intestins , les picottaient, et causaient cette évacuation ; tandis que la masse du sang se trouvait par ce moyen exempte des mauvais effets qu’auraient produits les particules inflammatoires , et qu’il ne paraissait au dehors aucun signe manifeste de fièvre.

De plus, les malades ne pouvaient souffrir qu’on leur pressât avec la main la fossette du cœur, symptôme qui se trouvait aussi dans les petitesvéroles et la fièvre de cette constitution , comme . nous avons dit plus haut(i). La douleur et la sensibilité s’étendaient souvent de même sur la partie extérieure de l’épigastre ; elles étaient quelquefois suivies d’une inflammation qui aboutissait à un abcès , et finissait par la mort. Tout cela faisait voir plus clair que le jour , que cette diarrhée était entièrement de même nature que la fièvre qui dominait alors.

Ce qui confirmait encore mon sentiment, c’est Succès de la^ l’heureux succès que la saignée et les rafraîchis-

. T. O ^ rarraichissans

sans eurent toujours dans la diarrhée , de même dans cette

diaji'liée*

(i) \ oyez Section 3, Chap, 2 , nian, 2, et ci-dessus , art. i.

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