La rougeole ressemble beaucoup à la petite- Description
,1 du traitement
verole , et doit etre traitée a peu près de la meme de la rougeomanière. Les remèdes et le régime qui échauffent sont très-dangereux , quoique des femmes ignorantes , qui se mêlent de traiter cette maladie, les emploient fréquemment, sous prétexte d’éloigner du cœur le virus morbifique. Voici la méthode qui m’a le mieux réussi. Je ne faisais garder le lit aux malades que pendant deux ou trois jours depuis l’éruption , afin que les particules enflammées qui pouvaient aisément se séparer du sang dont elles corrompaient la nature, se dissipassent doucement par la transpiration : les malades n’étaient pas plus couverts dans leur lit, et leur chambre n’était pas plus échauffée que lorsqu’ils étaient en santé. Je leur interdisais entièrement la viande, et je les nourrissais de décoctions d’orge , d’avoine , et d’autres choses semblables, et quelquefois je leur accordais une pomme cuite. Leur boisson était de la petite-bière, ou du lait mêlé de trois fois autant d’eau.
J’adoucissais la toux qui accdmpagne ordinairement la rougeole , en faisant user de temps en temps d’une décoction pectorale , ou d’un looc adoucissant. Mais sur toutes choses je donnais le
RoUGEOLIiS
Section îV.
Apozème pectüi’aL
Loôg pectoral.
Potion cal* inaate.
s/io
sirc^p cliacode tousles soirs dès le commencement de la maladie jusqu’à la fin Par exemple:
Prenez décoction pectorale , une livre et demie \ sirop violât et sirop de capillaire , de chacun une once et demie. Mêlez tout cela pour un apozème , dont le malade prendra trois ou quatre onces , trois ou quatre Jois dans la journée.
Prenez huile d' amandes douces , deux onces ; sirop violât et sirop de capillaire , de chacun une once sucre candi ce quil en faut. Mêlez tout cela ensemble pour un looc , dont le malade sucera souvent , sur-tout quand il stra pressé de la toux.
Prenez eau de cerises noires , trois onces ; smop diacode , une once. Mêlez cela pour une potion , que le malade prendi a tous les soirs.
vSi le malade était un enfant , il faudrait diminuer la dose des remèdes pectorau}^ et du narcotique , à proportion de Page ^i).
(i) Nonobstant les égards qne mérite la méthode de l’Auteur, il sera peut-être bon de donner sur cette matière quelques nouvelles instructions tirées d’Hoftmann.
Si les premières voies sont snrcliargées de matières indigestes , il est à propos de donner un doux émétique. Si les enfans ont des vers , il faut purger au commencement La saignée est nécessaire dans les adultes , s’il y a pleliiore.
Les remèdes écbauffans et le régime chaud augmentent la mauvaise qualité et la subtilité de la matière morbifique , la e'haleur et l’auxiete , et épuisent les forces. Les remèdes nitreux et trop rafraîcbissaus , saj'-tout dans ies eufans , retardent i’éruption, et la matière iiiorbilique étant retenue dans l’habitude du corps , dispose à la mortification.
Lorsque la rougeole attaque les femmes hystériques , ou survient dans le temps des règles , elle est souvent accompagnée d’une difficulté de respirer , d’une contraction de l’œsoph.ige , d’une grande anxiété , etc., ce qui retarde rèru[>tion : dans ce cas-là il ne faut pas l’aider par des remèdes chauds , mais plutôt avoir recours à des antispasmodiques , comme à des laveinens faits avec les carminatifs et les anodins, à de doux adiphorèfi.ques , mêlés avec une jieîile quantité de castor et de uiîre , et quelquefois il faut employer la saignee.
La toux , qui est le plus fâcheux symptôme , est très-bien adoucie p;^
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H est tres-rare que des malades périsseoî
Comment I faut remoaccl-
-- - - lAjairtvira pci iS.srOf - -
quanri on les traile de cette manière; et il ne leur p arrive point d autres accidens que les symptômes méti^odc. nécessaires et inévitables delà maladie. Ce qui fatigue le plus, c’est la toux. Néanmoins elle n’est dangereuse qu’après la fin de la maladie. Et lorsqu’elle subsiste encore pendant une ou deux semaines ensuite , elle se guérit aisément par l’usaf^e du grand air et des remèdes pectoraux, Bien plu.s , elledirainiie peuà peu d’elle même , et cesse enfin entièrement ^^i).
7. Mais SI après la rougeole , comme il arrive com tres-souvent, le malade , pour avoir usé des cor- dieï'aùx chaux, ou d un régime trop échauffant, est atta* qui arqué d’une fièvre vioîen te , d’une difficulté de res- uTaiJr* pirer , etd autres symptômes de la péripnermoriie , qui le mettent en danger de .sa vie ; la saignée du bras est alors nécessaire , et je m’en suis toujours bien trouvé, même dans les plus petits enfans, en tirant une quantité de sang proportionnée à leur âge et à leurs forces.
] douces frak-lieraent tirée , et mêlée avec tUi sirop de caoil-'
aire ou de guimauve , donnée fréquemment à la quantité d’une demicuilleree dans de i eau de grnau.
La diarrhée ne doit être ni beaucoup excitée, ni promptement arrêtée* elle est souvent plus utile que nnisibie , parce quelle termine la maladie ' et emporte beaucoup d’impuretés. Les laveraens émolliens , pour adoucir les humeurs acres logées dans les intestins, conviennent très-bien.
ans les hemoribagies qui surviennent dans cette maladie, les astrineens pnissans et les narcotiques ne valent rien. La mixture suivante a S souvent employee avec succès.
Prene. .au de cerises noire, , six onces-, eau thériaeale , trois gros ■ arttitnoine dmphoreuque et diascordium , de chacun demi-gros ; esprU de -uitriol ■vmgt gouttes ■ strop de paeo, rouge , deux gros. Miles tout ee/a ensemble’, onntz-en deux ou trois cuillerées de trois en trois heures
faut P^^’g^tiou après la maladie; ‘néanmoins le dé-
faut de pu.gation a souvent cause des maladies très-daugereuses et frès-opimaires, comme des abcès mteraes , des ulcères malins , des c.ries des
’ l’aveuglement , etc. Ainsi on, doit se souvenir pelite-v^rofe aeçessa-içe aprè§ CGiîe maladie qu’après la
RoUGEOLI'S
Section IY .
Quelquefois même dans un cas pressant je n’ai pas fait difficulté de réitérer Ja saignée. Je puis dire avoir sauvé par ce moyen un grand nombre d’enfans qui étaient prêts à étouffer. La péripneumonie qui arrive aux enfaos après que la rougeole est passée , leur est extrêmement pernicieuse ; elle en fait plus périr que la petite-vérole même, et je n’ai encore vu personne qui ait pu la guérir autrement que par la saignée.
La diarrhée , que nous avons dit succéder à la rougeole , se guérit de même par la saignée (i); car comme elle vient d’un sang enflammé , dont les parties les plus subtiles se jetant sur les intestins les obligent à sedécharger ce qui arrive aussi dans la pleurésie, la péripneumonie et les autres maladies inflammatoires ) ; il n’y a que la saignée qui soit utile en pareil cas, d’autant qu’elle fait une révulsion des humeurs âcres qui causent la diarrhée , et qu’elle tempère le sang au point qui est nécessaire.
La saîgîiée g. (j^ ue doit pas être surpris que je recom» <kns les en- mande iasaignee pour les plus petits enians. Lex- ^ k* aduUeT* ^ appris qu’on peut les saigner avec
autant de sûreté que les adultes. La saignée leur est même si nécessaire , qu’il est impossible sans cela de remédier comme il faut à la péripneumonie dont nous avons parlé , et à quelques autres symptômes qui leur arrivent.
Son Titillté Comment , par exemple, remédiera-t-on sans la saignéeaux convulsions que souffrentles enfans
dans les convulsions que causent les dents.
(1) Voyez ci-devant , tirt. 4.
(2) Un doux purgatif avec la rhuharLe semble convenir ici , et étant joint avec un exercice modéré et le grand air , il guérira probablement cette diarrhée. La saignée peut convenir par occasion , mais on ne .saurait dire qu’elle fait une révulsion des humeurs âcres qui , dans ce cas , seront trèsbien évacuées par la purgation.
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a l’âge de neuf ou dix mois, lorsqu’ils font des dents; convulsion que causent les nerfs comprimes et irrités en conséquence de l’enflure et de la douleur desgenciNes? La saignée seule l’emporte de beaucoup dans cette maladie sur tous les spécifiques les plus vantés que l’on a connus jusqu’à présent. Quelques-uns même de ces prétendus spécifiques nuisent par leur chaleur , et augmentant le mal au lieu de le guérir , causent la mort des enfans. Je ne dis rien ici de la grande utilité de la saignée dans la coqueluche des enfans, où ce remède surpasse infiniment tous les remèdes pectoraux.
9. Ce que nous avons dit touchant la curation des symptômes qui surviennent à la fin de la rougeole, peut convenir quelquefois lorsque la rougeole étant dans sa force, les memes symptômes arrivent pour avoir trop échauffé le malade.
Cette année 1770, je traitai une servante de Ma- r-eiapiede
^ / / ' ü Inutilité d 1
dame Anne Barington. Elle avait la rougeole avec galgiic!, ^ ^ fièvre , difficulté de respirer , des taches de pourpre sur tout le corps, et quantité d’autres symptômes très-dangereux. Comme j’attribuais tout cela au régime chaud et aux remèdes chauds dont elle avait pris un assez grand nombre, je la fis saigner du bras, et lui ordonnai de boire fréquemment d’une tisane pectorale et rafraîchissante. Par ces remèdes, auxquels je joignis un régime tempéré , les taches et tous- les autres symptômes disparurent peu à peu.
10. La rougeole qui, comme nous avons dit fi), avait commencé au mois de Janvier, alla en augmentant chaque jour jusqu’à l’équinoxe du printemps. Depuis ce temps-là elle diminua insensi-
p) Voyez ci-devant , arU