‹ Médecine pratiqueChapitre 74 sur 115 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Rougeoles de Van 1670.

Commence- /“i.ü Commencement de Janvier 1670, les roumeni e>t pro- parurent à leur ordinaire. Elies au^men-

gresdesrou-o I . . . ,, i, , • i ^ .

geôles de cet- tcrentde jour en jour jusqu a I equinoxe du printkm. , qu’eües furent dans leur plus grande force;

ensuite elles diminuèrent par degrés jusqu’au mois de Juillet suivant, qu’elles cessèrent entièrement. (iomme ces rougeoles m’ont semblé les plus régrdieres de toutes celles que j’ai jamais vues, je vais en tracer exactement Fliistoire, autant qu’il m’a été possible de les observer.

Leu rs symptùaics.

2. La rougeole commence et finit dans les mois que je viens de marquer. Elle attaque le plus souvent les enfans, sans qu’aucun de tous ceux d’nne ville en soit exempt. Le premier jour le froid et la chaleur se succèdent mutuellement. Le second jour il y a une véritable fièvre; la personne se trouve iort mal , elle est altérée , avec un dtgdiit de toute nourriture ; sa langue est blanche, sans être secbe ; elle a une petite toux, une pesanteur de la tête et des yeux, et une continuelle envie de dormir. Il distille le plus souvent du nez et des yeux une humeur séreuse, ce qui est un signe certain de la prochaine érupîion de la rougeole. Ln autre signe également certain , c’est qu’il paraît ordinairement des pustules au visage . tandis qu’à la poitrine on voit plutôt des taches larges et rouges qui ne s’élèvent pas au-dessus de la peau. Le malade éternue comme s’il était enchifrené; ses

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paupières se gonflent un peu avant rériiption , il Yomii; mais plus souvent il est attaqué d’une diarrhée qui fournit des déjections verdâtres. Gela arrive sur tout aux enfans qui font des dents. Cette maladie rend les erilans de plus mauvaise hmeur qu a l’ordinaire.

Les symptômes augmentent le plus souvent Hs dcvîenjusqu’au quatrième jour. Ce jour là, et quelquefois le cinquième, il parait sur le front et sur le reste du quatvitme visage, de petites taches rouges, semblables à des mor sures de puces , qui devenant ensuite plus grandes et plus nombreuses, se serrent en forme de grappes , et sont de différentes figures. Ces taches rouges sont composées de petites pustules de même couleur, situées les unes près des autres , qui s’élèvent tant soit peu sur la surface de la peau, et dont on sent plutôt i’élévaîion en les touchant légèrement avec le doigt , qu’on ne les aperçoit à l’œil à quelque distance. Elles n’occupent d’abord que le visage; ensuite elles s’étendent sur la poitrine et sur le ventre; puis sur les cuisses et sur les jambes. Mais elles ne forment qiH3 de simples rougeurs sur la peau du tronc et des extrémités, sans aucune éminence sensible.

3. Les symptômes de la rougeole ne s’adoucis- Ils ne s'adoTi-

. 11 cissentpas

sent pas par 1 eruption, comme ceux ne la petite- par réruptiou vérole. Toutefois je n’ai jamais vu de vomisse^ ment après l’éruption. Mais la toux, la fièvre et la difficulté de respirer augmentent ; et le larmoiement, l’envie continuelle de dormir, et le dégoèit persistent comme auparavant.

Yers le sixième jour, la peau du visage devient rude à mesure que les piistules s’évanouissent , et que l’épiderme se déchire; alors les laclies du res’e du corps sont très-grandes et très-rcu^ges.

Yers le huitième jour il n’y a plus de taches au

Rougeoles

SectioiîÎV.

La maladie se termine ordinairement le huitième jour.

visage , et on n’en voit presque pljds sur le reste du corps. Le neuvième jour, il n’y en a plus aucune nulle part, le visage, les extrémités , et quelquefois tout le corps se trouvant alors couverts d’une espèce de farine, parce que l’épiderme qui a été un peu soulevé , venant à se détacher et à se déchirer, tombe par petites écailles.

[{. La* rougeole disparaît donc ordinairement le huitième jour (i ). Le peuple se laissant tromper par la durée ordinaire de la petite-vérole , dit alors que la rougeole rentre, quoique réellement elle ait fini son temps; et il croit que les symptômes qui arrivent à la fin de cette maladie , viennent de ce qu’elle est rentrée. En effet, la fièvre et la difficulté de respirer augmentent pour lors , et la toux devient plus fâcheuse ; en sorte que les malades ne dorment presque ni jour ni nuit. Les enfans sur-tout à qui on a fait user d’un régime chaud , ou de remèdes chauds , afin d’aider l’éruption de la rougeole , sont sujets à cet accident , qui arrive sur la fin de la maladie , et qui leur cause une péripneumonie , dont il meurt un plus grand nombre d’enfans que de la petitevérole , ou d’aucun symptôme de cette maladie. Au reste la rougeole est absolument sans danger quand elle est bien traitée.

Elle est suivie assez souvent d’une diarrhée,

(i) L’Auteur dit ici , !a rougeole disparaît ordinairemeut le huitième jour , et ua peu auparavant il dit que les taches disparaissent entièrement le neut'ième jour , ce qui semble contradictoire ; mais la vérité est que , dans la plupart des sujets , les taches se dissipent dans quatre , cinq ou six jours depuis qu’elles ont commencé à paraître, à moins que la maladie ne soit d’une espèce très-maligne. Ceux qui raenrent de la rougeole, périssent ordinairement le neuvième jour par la suffocation. Les symptômes dangereux dans cette maladie sont le grand abattement , le froid des extrémités , l’agitation , le vomissement violent , la toux couliauelle , la diarrhée , la difïiculté d’avaler ; le délire , les convulsions , les sueurs abondantes , sur-tout dans les personnes avauoées en âge.

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qui même dure quelquefois plusieurs semaines après la cessation de la maladie et de tous ses symptômes. Cette diarrhée met le malade en grand danger par répuisement qu’elle lui cause. Quelquefois aussi apres un régime fort chaud, les pustules deviennent livides et ensuite noirâtres. Cela n’arrive qu’aux adultes; et leur sort est désespéré, si, dès qu’on aperçoit cette noirceur, on manque de recourir aussitôt à la saignée et à l’usage d’un régime tempéré et capable de rafraîchir le sang.

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