‹ Médecine pratiqueChapitre 81 sur 115 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

COLTQÜES BILIEUSES

est non-seulement inutile, mais encore nuîsibîe 3echokIV. purger de nouveau, parce que la purgation remettrait les humeurs en mouvement , et bouleverserait tout. D’ailleurs , ceux qui sont attaqués delà colique bilieuse, ont ordinairement pris plusieurs lavemens avant que le Médecin soit appelé : ainsi, tant par cette raison qua cause de la longueur de la maladie , il semble qu on ne doit presque pas employer d’autres remedes que les narcotiques.

Breure de g. Au mois d’août 1 67 1 , le très-noblc Baron cela par mc fit appeler au château de Behoir\

iiempe. attaqué dune colique bilieuse avec des

douleurs insupportables , et de fréquentes nausées Il avait essayé toute sorte de lavemens et plusieurs autres remèdes que lui avaient ordonnés les plus savans et les plus expérimentés Médecins de ces quartiers-là. Pour moi , je lui conseillai , sans aucun détour , d’user des narcotiques à plusieurs reprises , de la manière que j’ai enseignée ci-dessus : il le fit ,et en peu de jours il fut guéri, tellement qu’il revint avec moi à Londres en lionne santé,

Exceiw, 10. Mais, comme cette douleur est sujeUe , 4e 1' exercice que toute autre , à revenir , il est néces-

pour%u7rir gairc dc prévenir la rechute en donnant, matin cette colique. ^ nai’cotique pendant quelques jours.

Quelquefois la douleur revient dès qq’on uiterrompt le narcotique: dans ce cas-là, je n ai rien trouvé de si bon pour guérir entièiement la maladie, que de faire faire de longues routes à cheval ou en carrosse , sans cesser durant ce tempsdà de donner le narcotique matin et soir. Ces sortes d’exercices dissipent par la transpiration la matière morbifique, et dépurent, pour ainsi dire , de nouveau le sang ; ils raniment la

jaGi

chaleur naturelle, et par-là ils fortifient les fibres intestinales (ij. J’avouerai franchement que j’ai plus d une fois guéri la colique bilieuse au mov'en de ces exercices, après avoir inutilement employé tout autre remède ; cependant il ne faut y veinr qu apres avoir suffisamment évacué le malade, et d fout les continuer durant plusieurs jours"

If. Un pauvre homme de mon voisinage et qui est encore vivant , eut pendant cette con'sti^^Tar Ù tution une colique bilieuse très violente. Il avait pris des purgatifs, des lavemens, et il avait avalé des baies de plomb, le tout sans, succès. J’eus recours à l’usage fréquent des narcotiques , et ils me réussirent; car le malade fut assez bien tant qu’il en usa ; mais , comme ces remèdes palliaient seulement la maladie sans la détruire , elle revenait dès que leur action avait cessé. J eus pitié de la triste situation de ce pauvre homme , et je lui prêtai un de mes chevaux , afin qu’il jrût s’exercer dessus. Il n’eut pas continué cet exercice durant quelques jours que ses intestins se fortifièrent, et il fut guéri radicalement sans le secours des narcotiques.

(i) Kiea ne fortifie plus les viscères et les intestins que d’aller à chevar '

Cet exercice, en secouant doucement toutes les parties do bas-ventre nar lagitalioacouttnuelle qu’il donne au corps, chasse les viscosités conteuL, dam les intestins et les vaisseaux sanguins , et facilite extrêmement la circul a jon , particulièrement dans les intestins et les vaisseaux mésentériques et les ramifications de la veine porte où le sang circule très-lentement. De cette ' aqon il atténué ce liquide , et par conséquent détruit les obstructions du oie , du pancreas , des glandes du mésentère et des intestins , et aide aussi beaucoup 1 action de la rate qui envoie le sang au foie. L’exercice du cheval luigmente encore beaucoup la transpiration , l’expérience le démontre, a par- a n e.st utile non-seulement dans la colique bilieuse , mai.s encore daus a plupart des maladies chroniques , où il s’agit d’evacuer par les pores de la peau les humeurs nuisibles. Eu effet , cet exercice seul a guéri des maladies qui avaient résisté à tous les remèdes. Ainsi, lorsque le malade peut

morâ. cohç, damnou, pag.

SscatoiilV,

Le régime dans cette maîadie.

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12 Et à dire vrai , j’ai toujours vu , non-seulement dans’ la colique bilieuse , mais encore dans plusieurs autres maladies chroniques , 1 exercice du cheval être d’une utilité merveilleuse , pourvu au’oii le continuât avec assiduité. En etiet , si l’on considère que le ventre est alors lortement secoué , et que les organes secretoires qu il contient souffrent dans un seul jour une infaiii te d’agitations, il sera aisé de comprendre^qu ils peuvent, au moyen de cet exercice , se debarras- Lr des sucs vicieux dont ils sont engorges; et, ce qui est encore plus important , se fortifier par l’augmentation de la chaleur naturelle , jusqu’au point de s’acquitter de la fonction que leur a donnée la Nature , et qui consiste a dépurer le sang.

13 Si le malade est jeune et d’un tempérament chaud , j’ordonne un régime tempérant et incrassant , comme des cremes d orge , des pa-iiades, etc., et de trois jours en trois jours, si le malade a faim , un poulet tendre ou un merlan. Je ne permets d’autre boisson que de a petite-bière douce , ou de l’eau laiteuse, voila tout ce que j’accorde, à moins que ceux qui , pour se rétablir , sont dans la nécessite de se

mettre à l’exercice du cheval,n’aient besoin dune pourriture plus abondante et dune liqueur plus généreuse, afin de réparer les esprits que cet exercice a épuisés (i).

(,) Les raartiaax et les stomachiques sont très-propres pour raccommoder

sang et fortifier les viscères. Je me sers de l’infusion suivante .

Preue. memes Je gentiane et de galanga , de chacnne une “nce ; cala, us aromaücus , er éeoree sèche d'orange , ,/e chacun deux onces e, demie •ous de ghofle , deux gros ; mars préparé a»c le tartre , trois onces, re sez r tout ^la trois chopmes et demie de asm hteme, et une chopineetdemtedcai.

j4. Il est meme arrivé quelquefois que des^^^^^^ coliques bilieuses ayant duré fort long-temps pour utlmé dés avoir été mal traitées , et les viscères ayant perdu cordiaux lors-

leur ressort, les malaaes étant épuisés et réduits vétérée. à la dernière maigreur ; il est arrivé , dis je , quelquefois dans ce cas-là , qu’un grand usage de l’eau épidémique , de l’eau admirable , ou de toute autre liqueur que les malades aimaient le plus quand ils étaient en santé, leur a été utile au-delà de tout ce qu’on pouvait espérer. C’est que ces liqueurs spiritueuses ranimaient le de

chaleur naturelle qui restait alors , et qu’elles détruisaient le mauvais levain qui, séjournant dans les premières voies , produisait de temps en temps de nouveaux accès de colique.

15. Le régime peu nourrissant que nous avons Régime krecommandé durant la maladie , doit être cou- coLinuéqÏÏ tinué encore quelque temps après la guérison :

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car, comme cette maladie est plus sujette quau-sou. cune autre aux rechutes , et que d’ailleurs elle a son siège dans les viscères qui sont les principaux instrumens de la digestion , et dont elle affaiblit le ressort , la moindre faute en matière de régime renouvellera aussitôt les douleurs. Voilà pourquoi ,tant dans cette maladie que dans toutes les autres affections des viscères du bas-ventre , il faut éviter avec grand soin les alimens indigestes, et lie prendre même de ceux dont on peut user , qu’autant qu’il est nécessaire pour se soutenir.

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