‹ Médecine pratiqueChapitre 80 sur 115 · MS ANIMÉES · texte numérisé non relu

MS ANIMÉES

3. Tous les symptômes de la colique bilieuse montrent clairement qu’elle vient d’une hume Ur Les indica*

curaU-

ou d’une vapeur âcre que le sang dépose sur les intestins. Ainsi , ma première indication est d’évacuer cette humeur, tant celle qui est encore dans la masse du sang, que celle qui est déjà déposée dans les intestins. La seconde indication est d’arrêter par l’usage des narcotiques l’impétuosité des humeurs qui se portent de ce côté-là, et de calmer la violence de la douleur (t).

4. Pour remplir ces indications, je fais d’abord Manière a® saigner du bras copieusement , supposé qu’on ne l’ait pas déjà fait; et trois ou quatre heures après, je donne un narcotique. Le lendemain , je donne une purgation douce que je réitère en certaines occasions , jusqu’à trois fois, en gardant un jour d’intervalle, suivant qu’il me paraît rester plus ou moins de l’humeur morbifique. Si le mai est venu ^ Commenta pour av^oir mange trop de iruits, ou quelque autre dre quand a chose indigeste , d’où il s’est formé de mauvais «idigessucs qui ont passé dans le sang, et de là dans les viscères, alors il faut , avant toutes choses, nettoyer l’estomac , en faisant boire abondamment du petit-lait que le malade revomit ensuite. Gela étant fait, on donnera une potion calmante; le lendemain , on fera une saignée du bras; et dans

(1) Il est bon d’observer ici que dans cette sorte de colique , les remèdes doivent être donnés dans des véhicules tièdes plutôt que chauds, et que les infusions et décoctions chaudes , les sudorifiques et les bains chauds ne conviennent pas; tout cela n’étant propre qu’à irriter rhumeur bilieuse , et à la taire pénétrer plus iutiinement dans les parties nerveuses. Aussi les observations-pratiques nous apprennent que la seule boisson d’eau froide dont Galien se servait dans cette maladie, y est extrêmement utile, et même la guérit. C’est une remarque qui mérite attention , sur-tout si la maladie est causée par un emportement violent. Mais il faut bien prendre garde que dans tous les cas où il va sujet de craindre l’inflammation , oa doit baaai|^ «bsolunieut l’eau froide qui pourrait avoir des suites funestes,

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tout le reste , on aeira de la meme façon et dans i,£CTiON . jnême ordre que nous avons dit ci-devant vi).

(i) Je ne vois pas , dit l’ingéaieux Huxham , qaelle utilité peut avoir ici la saignée , à moins que la surabondance , la vélocité , ou la chaleur du sang ne la demandent avant tous les autres secours ; car dans les sujets pléthoriques il serait dangereux de donner, par exemple , un vomitif, sans avoir fait précéder la saignée.

Cet Auteur continue ainsi ; je me sers du vomitif suivant :

Prenez j'acine d' Ipecacuanha , un gros ou un gros et demi ; sel d'ahsytt~ the, demi-scrupule : faites bouillir cela dans quatre onces d'eau de fontaine, réduites à deux ; passez la liqueur , et ajoutez-j eau comptosée et distillée de camomille, et sirop de nerprun, de chacun demi-once , pour une potion vomitive ; et pour aider Taction du remède , faites boire beaucoup d'eau depoulet , ou d'infusion de feuilles de sauge et de fleurs de camomille ; ce que f approuve davantage.

Ce vomitif est doux, il deterge suffisamment , il agit promptement , et ne cause pas, de tranchées en séjournant long-temps dans l’estomac ; ce que fait souvent l’ipécacuanha pris eu substance. Lorsque je veux le rendre plus fort , j’y ajoute deux ou trois grains de tartre émétique , ou bien une cuillerée ou deux d’infusion de safran des métaux. Huxham, de morb. col. Damnoniorum , p. 25, 27.

Lorsque la colique est violente , if faut joindre les narcotiques aux purgatifs , aliu d’adoucir la douleur , de relâcher les intestins , et de rendre constant et régulier le mouvement péristaltique. La douleur est une irritation , ou pour mieux dire, l’irritation produit le sentiment de la douleur, en causant des contractions aux libres , et même des spas.mes , si elle est violente. Si donc la douleur de la colique est extrêmement vive , il y aura des contractions spasmodiques dans certains endroits des intestins qui se trouveront comme liés étroitement ensemble ; en sorte que si on n’adoucit pas la douleur, ni les excrémens ni les vents ne pourront sortir par eu bas. De là vient que dans un© violente colique le ventre est d’ordinaire fort resserré. Dans ce cas-là on mêle utilement les narcotiques avec les purgatifs , ce qui modère la douleur , relâche et lubrifie les intestins , et les sollicite doucement à se décharger de ce qu’ils contiennent.

Mais si nonobstant l’usage de ces remèdes , le venire continue à être resserré , il faudra l’humecter avec une fomentation émolliente, sur-tout s’il est fort tendu et fort dur. La vapeur douce de la fomentation pénètre les tuniques de l’abdomen , ramollit les intestins , et relâche leurs fibres trop tendues et trop roides. On pourra, par exemple , se servir de la suivante ;

Prenez racines de guimauve , graine de lin et graine de fenugree , de chacune trois onses ; feurs de camomille , trois poignées ; têtes de pavots blancs , quatre onces. Faites bouillir cela dans patties égales d'eau et de lait pour une fomentation.

Cette décoction sera encore plus utile si on l’emploie en forme de demibain. Ibid. p. zg , 3o, 3l.

I?^fmanu observe que le bain chaud guérit toutes les maladies qui vien-

DES ANNEES îG'yo, , 'y 2, 2 S'y

s. Mais, comme la violence de la douleur et le

vomissement empêchent l’action des purgatifs , en ^En queY^s renversant le mouvement péristaltique des intes- les purgatifs tins , i\ faut augmenter à proportion la force des purgatifs; sans cela ils n’opéreront point, à moins que le malade ne soit facile à émouvoir , et c’est de quoi il est nécessaire de s’informer soigneusement. Or, quand les purgatifs ne peuvent opérer, ils ne font que nuire au malade, car, en l’agitant inutilement , ils augmentent le vomissement et la douleur.

L’infusion de tamarins, de séné et de rhu» barbe, où l’on peut aussi dissoudre de la manne et du su op de roses , est une potion laxative , préférable aux autres purgatifs, parce qu’elle met moins les bumeiirs en mouvement. Mais comme les malades ont beaucoup de peine à la garder , soit par aversion pour les médecines en liqueur^ soit à cause des envies de vomir , on est obligé d avoir recours aux pilules. Celles que j’ai toujours préférées aux autres , sont les pilules cochées , lesquelles agissent efficacement dans ce cas et dans la plupart des autres.

C^uand 1 estomac est si faible , et les envies de En quel cas vomir si grandes, que le malade ne saurait meme garder les pilules , j ordonne d’abord un 1^

purgatif.

n«nt d uoe contraction des parties du Éas-ventre. Telles sont les douleurs d intestins , les tranchées, les violentes coliques convulsives , les pesauteurs douloureuses causées par une pierre dans les reins , et accompagnées de suppression d urine, la constipation , et autres maladies semblables , où le bain chaud est extrêmement utile. Il faut néanmoins observer que dans U colique qui provient d’une stagnation de sang , si le corps est pléthorique . le bain chaud est dangereux, à moins qu’on n’ait saigné auparavant. Mai* dans les coliques qui viennent de la dureté des excrémens , un bain préparé avec des drogues emollientes est d’une merveilleuse utilité , en y joignant des laxatifs convenables , comme l’huile d’amandes douces , la manOe le sel dEpsom, la c^me de tartre, etc. ISouvdks ExpérimçQf, Obserm^

iions SUT les Luux minérales, ' ”

Section IV.

id faut en douner un après que le purgatif a cessé d’agir.

Et matin et ssir lorsque îe malade est Bien purgé.

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narcotique , et au bout de quelques heures un purgatif, en laissant assez d’intervalle entre ces deux remèdes , pour que l’action du premier n’empèche pas entièrement celle du second; et que néanmoins le purgatif séjourne assez longtemps dans Testornac pour produire son effet lorsque le narcotique cesse d’agir. Cependant il sera très-bien , quand on le pourra , de donner le purgatif long-temps après le narcotique, puisque douze heures même après qu’on a pris celui-ci , le purgatif n’opère qu'avec peine.

6. Dans cette maladie, de meme que dans la plupart des autres où les narcotiques sont indiqués , les purgatifs augmentent toujours la douleur , du moins quand leur opération est finie ; car, durant l’opération , cela n’arrive pas toujours. Voilà pourquoi ma méthode est de donner un narcotique dès que le purgatif a cessé d’agir. Je réitère ce narcotique matin et soir, les jours d’intervalle entre les purgations, afin de calmer plus sûrement la douleur , et je continue ainsi jusqu’à ce que le malade soit bien purgé.

7. Quand cela est fait , il ne reste qu’à arrêter l’effervescence des humeurs; et c’est à quoi je travaille en donnant continuellement , matin et soir , un narcotique. Il faut meme quelquefois le donner plus souvent ; et quand les douleurs étaient violentes , je n’ai jamais pu les calmer que par de grandes et fréquentes doses de ce remède; car des doses quiseraient capables d’appaiser d’autres douleurs , échouent contre la violence de celles-ci. Or, c’est pendant qu’elles se font sentir, qu’on peut réitérer sans aucun danger les narcotiques ; mais il n’en est pas de même quand elles ont cessé. Ainsi les douleurs me guident ,

des amées 1670, 71 , 72.

et je réitéré le narcotique jusqu’à ce qu’elles aient cesse , ou qu’elles soient fort adoucies '*'•

mettant'entre chaque dose assez d’intervalle pour juger de 1 effet de la dose précédente, avant que d en donner une autre. Il suffit ordinairement de donner le narcotique matin et soir , à moins que la douleur ne soit extrême. Celui dont j’ai coutume de me servir, est le laudanum liquide qui acte décrit ci-dessus(i,: on lemêle dans une eau cordiale , à la dose de seize gouttes ou davantage , suivant la violence de la douleur.

8, Cette méthode tres-simple d^évacuer d'abord Mauvais ef» par la saignée et la purgation la matière mor- “almf fiihque , ensuite de procurer du repos au moyen des narcotiques , m’a toujours beaucoup mieux réussi que toutes les autres méthodes que j’ai connues jusqu ici. Les lavemens carminatifs que Ion donne en vue d’évacuer les humeurs âcres, ne font qu’irriter le mal et le prolonger par l’agitation qu ils causent aux humeurs.

Mais , quoiqu ou doive ordinairement corn- nfsutquaimencer le traitement de la colique bilieuse par r/ucer 'Z la saignee et la purgation, il y a néanmoins des narcoticas ou il faut employer les narcotiques avant tout autre remède, ün de ces cas , par exemple , est lorsqu a 1 occasion de quelque maladie precedente, une personne aura été abondamment purgée asez jieu de temps avant que d’avoir la co ique ; car il n est pas rare que des gens qui relèvent dune maladie , soient attaqués de la colique bilieuse , à cause de la faiblesse qui leur reste dans les intestins, sur- tout s’ils se sont échauffés pour avoir trop bu cle vin ou de liqueurs spiriteuses. Dans ce cas-là , je crois qu’il

■■ I mmnrn , nmp

(i) Voyez ci-dessus, Chap^ 3, nwn,, 14.

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