‹ Médecine pratiqueChapitre 83 sur 115 · Coliques bilieuses · texte numérisé non relu

Coliques bilieuses

— à la colique bilieuse , tant par la violence que fe£Ciio.N . Siège de la douleur , et outre cela par

les humeurs jaunâtres et verdâtres que les malades vomissent : c’est pourquoi je traiterai ici de cette maladie par occasion , de peur qu’on rje la confonde avec la colique bilieuse.

Qiieiiesfem- 17. Lcs fcmmcs d’uîi tempérament lâche et BKs y sont le j^lg cellcs Qui oot déjà eu auparavant quel-

•plus sujettes. en • \ ■ n ^ • *

que afrection hystérique, celles qui ont en un accouchement laborieux et difficile, causé pad* la grosseur de l’enfant , et qui a épuisé leurs forces , sont les plus sujettes à la maladie dont nous parlons. Elle cause une douleur à la région de l’estomac, et quelquefois un peu plus bas Cette douleur est aussi violente que celle de la colique ordinaire ou de la passion iliaque ; et elle est suivie de vomissemeiis énormes d’une matière tantôt verdâtre , tantôt jaunâtre. Les malades, comme je l’ai souvent observé, se laissent plus aller au désespoir, et ont de plus grands ibattemens d’esprit que dans toute autre maladie. Après un jour ou deux la douleur se calme , et au bout de quelques semaines , elle revient avec autant de violence qu’auparavant. Il s’y joint quelquefois une jaunisse considérable qui se dissipe d’elle meme en peu de jours.

D’où pro- Tous les symptômes avant cessé , et la personne chute. se trouvant assez bien , la douleur se renouvelle à la moindre émotion de Fame , soit qu’elle vienne de colère ou de chagrin , deux passions dont les femmes sont extrêmement susceptibles dans ce casdà, La même chose arrive , lorsque les femmes se pressent trop de marcher ou de faire quelqu’autre exercice. Toutes ces causes élèvent des vapeurs dans un corps faible et dont les hbres sont lâches. Je dis des vapeurs avec le

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vulgaire ; car il n’importe , pour l’explication des phénomènes de la maladie , que ce soit réelle- *,

ment des vapeurs, ou bien des convulsions de certaines parties.

18. Quand donc ces vapeurs ou ces convul- Les vapeurs sions attaquent telle ou telle partie du corps , [api^alTLs elles causent des symptômes proportionnés à autres naalacette partie. Ainsi, quoiqu’elles produisent toujours une seule et même maladie , cette maladie ne laisse pas de ressembler exactement à la plupart des autres. Par exemple , quand elle attaque les parties voisines du colon , elle ressemble tüut-à*fait à la colique bilieuse. Quand elle attaque un des reins , elle y cause une douleur trèscruelle, qui est suivie d’un vomissement terrible; souvent même le mal gagne l’uretère, et produit les symptômes de la pierre. Les lavemens et les remèdes lithontriptiques , et propres à chasser là pierre au dehors , ne font que l’irriter et le prolonger , et quelquefois même ils le rendent mortel , quoique de sa nature il soit exempt de danger (i). Je lui ai vu aussi causer des symptômes absolument semblables à ceux que cause la pierre de la vessie.

Il ny a pas long- temps qu’on vint m’appeler tsempU de

(i) Une dame Anglaise, attaquée de cette sorte de douleur, avait pris inutilement des laxatifs , des carminatifs , et des huileux , soit par la bouche , soit en lavement. Le îviédccin qui la traitait l’ayant Interrogée, et apprenaut qu’elle était fort sujette aux vapeurs hystériques, lui ordonna de prendre sur-le-champ la potion suivante , et de la réitérer de six en six , ou de huit eu huit heures , suivant la violence des symptômes. La douleur cessa au bout de vingt-quatre heures. Et cette dame ayant été de nouveau attaquée de la meme douleur quelque mois après , eut recours au même remède avec un pareil succès.

Prenez eaux distillées de pouliot et de rue , de chacune six gros ; eau d% hryone composée , et eau de camomille composée , de chacune trois gros ; teinture de castoreum , de succin et laudanum liquide , de chacun gouttes } sirop diacode , deux gros. Mêlez tout cela ensemble,^

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de nuit pour aller avoir une Comtesse de mon voisinage qui avait ete aUaquée tout a coup d une douleur très* violente dans la région de la vessie, et d’une suppression d’urine. Comme je savais certainement que celte Dame était sujette à différentes affections hystériques , et que je jugeais de là que sa maladie n’était pas ce qu’elle pensait, je ne souffris pas qu’on lui donnât les lavemens que sa servante préparait déjà, et qui auraient augmenté le mal, ni les émoliiens, comme le sirop de guimauve qu’apportait l’Apothicaire ; mais au lieu de tout cela je donnai un narcotique, qui aussitôt arrêta tous les symptômes.

L’affection hystérique attaque toutes les parties du corps, non-seulement les internes, mais encore les externes, comme le gosier, les côtes , les cuisses; elle y excite des douleurs insupportables qui, étant finies , laissent une sensibilité, comme si les chairs avaient été rouées de coups, et le malade ne peut souffrir qu’on y touche.

19. Après avoir donné par occasion quelque cbose de l’histoire de la colique hystérique , pour empêcher qu’on ne la confonde avec la colique bilieuse , je dirai aussi quelque chose de la curation du symptôme qui l’accompagne , savoir , la douleur; car ce n’est pas ici le lieu de traiter de la curation radicale , qui consiste à guérir cette maladie en détruisant sa cause.

La saignée 0.0. La saiguéc et les purgations réitérées qui eon^n’y^'eS- soiit visiblement indiquées dans le commencement ^kuuent pas. dc la coliquc biüeuse , ne conviennent point ici, excepté dans le cas dont je parlerai plus bas. L’expérience montre que ces remèdes, en agitant les humeurs, augmentent la douleuret tous les autres symptômes. J’ai même remarqué plusieurs fois que les lavemens les plus doux étant réitérés ^

CîïJii'. Yü.

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avaient excité une foule de symptômes qui se suivaient sans interruption.

D’ailleurs la raison est ici d’accord avec Texpérience ; car si nous examinons les causes les plus ordinaires de cette maladie , nous trouverons qu’elle vient plutôt du trouble et du mouvement déréglé des esprits, que de quelque vice des humeurs. Ces causes sont de grandes hémorrhagies, des passions violentes, des exercices du corps violens , et d’autres choses de ce genre; et toutes ces causes font voir qu’on doit bannir les remèdes capables d’augmenter le trouble des esprits, et qu’il faut s’en tenir aux caïmans.

Il est vrai que la couleur verdâtre des matières que l’on rejette par le vomissement, semble indiquer le contraire ; mais les conséquences que l’on peut tirer des couleurs , sont trop incertaines pour autoriser des évacuations que l’expérience montre réellement être nuisibles; et je suis persuadé que la colique hystérique, laquelle n’est nullement dangereuse, malgré la douleur excessive^ qu’elle cause, devient souvent mortelle par des évacuations employées mal à propos; ajoutez à cela que si on s’avise de donner un émétique , et meme un des plus puissans, sous prétexte d’évacuer le prétendu foyer de la maladie , la malade vomira le lendemain une matière aussi verte , ou d’une aussi mauvaise couleur que celle du jour précédent.

21. Quelquefois néanmoins le sang et les hu- Enqneic-as meurs sont en si grande abondance et dans un lessoutnécessi grand orgasme, que les narcotiques, quoique très-souvent réitérés, ne font rien, à moins qu’on ne saigne ou qu’on ne purge auparavant. C’est ce que j’ai remarqué dans les femmes d’un tempérament sanguin et vigoureux. Dans ce cas-là

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il faut préparer les voies aux narcotiques par SbctionIv. saignée ou par la purgation , et peut-être par l’une et l’autre ensemble ; alors un calmant, qui auparavant ne faisait rien du tout, quoiqu’on le donnât à très grande dose , produira , même à une dose médiocre, l’elfet qu’on en attend.

Le cas dont je parle arrive rarement, et il ne faut pas alors réitérer la saignée ni la purgation ; mais s’il est nécessaire de les mettre en usage, on donnera ensuite les narcotiques de la manière que nous avons diîe en traitant de la colique bilieuse; et on les emploiera plus ou moins fréquemment, à proportion que la douleur diminuera.

La méthode que je propose regarde seulement la douleur violente, qui est un symptôme de la maladie; car je ne prétends pas traiter ici des moyens de guérir les causes.

Coiiqueiiys- 22. La coliquc hystérique, tant dans les homffiTneToa^vent hypocoudriaqucs que dans les femmes hystépar la jaums- riques car il en est de même ici des deux sexes ), aboutit fort souvent à l’ictère, et diminue à mesure que l’ictère augmente. Dans la cure de cette sorte d’ictère , il faut s’abstenir de tous les purgatifs, ou, en cas qu’ils soient nécessaires, n’employer que la rhubarbe seule, ou quelque autre remede fort doux; car il est à craindre que la purgation n’excite de nouveaux troubles , et ne renouvelle tous les symptômes. Ainsi le meilleur est de ne faireaucun remède, parce que l’ictère dont nous parlons se dissipe ordinairement de luLmême en peu de temps; mais s’il est long et opiniâtre, il Traîtement faut rccourir aux remèdes. Celui dont j’ai coutume

de cette jau- ji • . i ^

nissc. servir, est le suivant.

Prenez racines de garance et de curcuma, de cha~ (^pozème apé- cune une once\ grande chélidoine entière, et riuf. sommités de petite centaurée ^ de chacune une poi*^

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€nêe: faites bouillir tout cela dans parties égalés de vin da Rhin et deau de fontaine^ qui seront réduites à deux livres ; coulez la liqueur , et y dissolvez deux onces de sirop des cinq racines , pour un apozeine que le malade prendra chaud matin et soir , à la dose d une demi-livre , lusquà ce quil soit guéri (1).

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