‹ Médecine pratiqueChapitre 85 sur 115 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Constitution épidémique dune partie de Tan 1673, et des années entières 1674 1675.

i.\^ERs le commencement du mois de Juillet 1673 , il parut une autre sorte de fièvre, mais qui ne fut pas fort épidémique, parce que la constitution de l’air ne la favorisait pas tellement, qu’il ne restât aucune des maladies de la constitution précédente. La petite»vérole qui avait commencé eu 1670 durait encore, quoiqu’elle fût plus rare et accompagnée de symptômes plus doux. Ainsi ces deux maladies marchaient presque d’un pas égal , sans qu’aucune des deux fût fort répandue ; car la constitution précédente n’avait pas tellement cessé, qu’elle ne produisit plus aucune des maladies qui lui étaient propres, puisqu’il restait encore quelques dyssenteries; et la nouvelle constitution n’était pas encore assez établie pour produire des maladies qui fissent disparaître entièrement les autres.

de vivre , choses qui varient extrêmement dans les diffèrens sujets. D’ailleurs , il faut quelquefois joindre à l’usage des eaux certains correctifs , y entremêler des remèdes , et toujours observer un régime très-exact par rapport aux alimens , à l’exercice , etc. , si on veut en retirer une pleine utilité sans courir aucun risque. Tout cela montre clairement qu’il est très-difficile, et peut-être même impossible de donner des règles qui puissent être appliquées 4 une «i grande variété de circonstances.

Nouvelle sorte de fièvre en I 673.

CONSTITUTIOlf ÉPÎB^MIQUE

fc£CXIO« Y.

Eougeole en

2. La petite-vérole et la fièvre dont nous parle OS marchèrent d’une pas égal pendant i automne de cette année, et pendant tout Thiver, sans être néanmoins fort répandues; et durant ce temps-là les dyssenteries tendaient à leur fin. Au mois de Novembre un froid très-violent qui dura quelques jours, ayant été tout-à-coup suivi d’une telle chaleur, que je ne me souviens pas d’en avoir jamais vu de si considérable en pareille .saison , il y eut quelques dyssenteries en petit nombre un peu avant Noël et aux environs de Noël; elles furent les dernières , et dès-lors cette maladie , ou du moins l’espèce dont il s’agit , cessa entièrement.

3. L’année suivante lesrougeoles commencèrent de très-bonne heure , savoir, au mois de Janvier, et ne furent pas moins épidémiques que celles qui en 1670 avaient commencé à peu près dans le meme temps. Presque aucune famille n’en fut exempte , et elles attaquaient sur- tout les enfans ; elles n’étaient pas aussi régulières, et ne gardaient pas aussi exactement leur type que celles de 1670. Je parlerai plus au long de cetle différence, quand je traiterai en particulier de ces rougeoles de 167/1; elles augmentèrent de jour en jour jusqu’à l’équinoxe du printemps, après quoi elles allèrent en diminuant par degrés , et peu de temps après le solsdee d’eté elles disparurent entièrement.

4. Or , comme les rougeoles épidémiques de 1670 amenèrent des petites- véroles noires que nous avons décrites parmi les maladies de cette annéeîà , de meme les rougeoles de 1674 qui n’étaient pas moins épidémiques, en amenèrent aussi de semblables. Les petites- véroles de la constitution précédente , ainsi que nous avons remarqué cidevant , produisaient des pustules qui, après les deux premières années, devenaient de jour en jour

ïtîoins noires et plus grosses, ti-llement que sur la fin de 1673 ces petites-véroles étaient d’un bon caractère , eu égard à leur espèce , mais ensuite elles reprirent leur première malignité , et furent de»

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accompagnees de très tacheux symptômes : elles se ks. firent violemment sentir pendant l’automne de 1674, et même assez avant dans l’hiver, parce que la chaleur qui était alors plus grande qu’à l’ordinaire , les favorisait ; mais le froid étant venu, elles diminuèrent, et tirent place à la fievre qui commençait à se répandre.

5. Cette fièvre, après avoir duré un an entier, fit de grands ravages au commencement de Juillet 1675; aux approches de l’automne elle commença à se porter sur les intestins , avec des symptômes tantôt de la dyvssenterie , tantôt de la diarrhée ; quelquefois néanmoins elle n’était accompagnée ni de dyssenterie , ni de diarrhée , mais elle aîtaquait la tête , et causait une sdipeur aux malades. Les petites-véroles étaient alors devenues trèsrares, et vers l’équinoxe d’automne elles disparurent entièrement, car la fièvre avait alors le dessus sur toutes les autres maladies épidémiques de cette année.

Différentes formes que prenait la fièvre ca 1675*

Il faut néanmoins observer que comme cette fièvre déposait volonders sur les intestins la matière morbifique , d’où s’ensuivait quelquefois la dyssenterie , et pins souvent la diarrhée, cela donnait occasion d’attribuer commuiiémeiit aux tranchées du ventre les désordres qu’on auroit dû attribuer a la fièvre; mais les Médecins qui traitèrent des malades pendant l’automne de cette année là, savent combien cette fievre était violente; et ils n’ignorent pas non plus que la dyssenterie et la diarrhée étaient des suites et des symptômes

2^4 COiN'SïîTÜTION ÉPIDÉMIQUE

de la fièvre, et non pas des maladies primordiales

Section V. idiopathiqueS.

Autre forme 6. Celte fièvre subsista ainsi durant l’automne

Qu’eiiepreud. la fjii d’Octobre , tantôt attaquant la tète, tantôt les intestins, et produisant des symptômes conformes à la nature de ces parties. Vers la fin d’Octobre, le temps qui jusqu alors avait été chaud et sec , comme en été, devint tout à coup froid et humide (i), ce qui causa un si grand nombre de rhumes et de toux, que je ne me souviens pas d’en avoir jamais tant vu. Ce qu’il y avait de plus considérable , c’est que la fievre stationnaire de cette constitution survenait ordinairement à la toux, et qu’elle en était plus violente , et causait des symptômes particuliers. Car, au lieu que, peu de temps auparavant, elle attaquait le plus souvent les intestins , comme nous avons déjà dit , il se trouvait que, dans le temps dont nous parlons, elle attaquait principalement les poumons et la plèvre, et produisait des symptômes de péripneum^fnie et de pleurésie. C’était néanmoins lout-à-fait la meme fièvre qui , ayant commencé au mois de Juillet 1678, avait subsisté jusqu’à la venue des rhumes , sans aucun changement dans ses symptômes.

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(i) Un air froid et humide qui' dure pendant quelque temps , ou qui succède tout à coup à un air chaud et sec , est extrêmement nuisible à la santé; car il relâche les solides , et en conséquence les fluides circulant plus lentement , leur mouvement intestin diminue ; ainsi ils deviennent épais et visqueux, et à cause de cela ne peuvent être poussés jusque dans les vaisseaux extrêmement fins de la transpiration , pour s’y débarrasser de leurs parties superflues et nuisibles. D’ailleurs , la froideur et l’humidité de l’air , bouchant les pores de la peau , empêchent aussi en partie cette transpiration. De là il s’amasse dans le corps beaucoup de recrémens , et les sucs perdant leur qualité douce et balsamique , deviennent âcres et irritans ; en sorte que s’ils ne sont évacués à temps de qnelque autre manière, soit naturellement , soit par le secours de l’art , il en résulte des enflure» de gorge , des toux , des esquinapcies , des flèvres catariheuses , €t«.

7. Les rhumes et les toux durèrent jusqu’à la fin de Novembre , après quoi ils diminuèrent tout d’un coup : mais la fièvre demeura la

11 /‘A sentu'ilement

quelle était avant les rhumes, qiioiqu elle ne tut u même, ni tout-à-fait aussi épidémique, ni accompagnée des memes symptômes , parce que les rhumes en occasionaient de particuliers , et augmentaient l’épidémicité. Lorsque les rhumes cessèrent , il parut des petites-véroles du meme genre que celles de l’année précédente; mais^ comme elles avaient déjà duré près de deux ans, leurs symptômes n’étaient pas si violens que quand elles commencèrent. Je ne saurais dire combien durera encore cette constitution ; tout ce que je sais, c’est qu’elle a été jusqu’à présent très-inégale et très-irrégulière, et que toutes les maladies qu’elle a causées ont été entièrement de même.

Je vais traiter maintenant de ces maladies épidémiques , dans le meme ordre qu’elles se sont suivies l’une l’autre.

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