‹ Médecins amateursChapitre 89 sur 96 · Journal intime inédit · texte numérisé non relu

Journal intime inédit

MAINE DE B1KAN

bien illusoire! « La religion, énonce Maine de Bilan, nous donne de bonnes pensées, qui n’empêchent pas de sentir la souffrance, mais qui peuvent faire que l’âme se réjouisse intérieurement de souffrir... » Il reconnaît que la prière lui donne quelques moments de calme, de paix, mais cet effet bienfaisant de la prière est-il autre chose qu’une réaction de l’organisme? Cet apaisement est-il, au contraire, un don surnaturel? Du moment où l’analyse intervient, le doute s’en mêle, et la foi est bien près de disparaître.

De ce que Maine de Biran aurait rempli, au moment où il sentit approcher sa fin, tous ses devoirs de chrétien, reçu tous les sacrements, en devrait-on induire que mort dans la religion de ses pères, il en avait la foi intégrale? Ce qu’on peut seulement affirmer, c’est que Biran s’est fait violence, durant toute son existence, pour arriver au degré de perfectionnement moral le plus élevé qu’il pût atteindre.

Peut-être, dans cette étude en partie double du psycho-physiologiste (avant l’appellation) et du malade, ne sommes-nous point parvenu à fixer très précisément « la formule biologique, somatique et psychique » de cet homme supérieur, qui ne tut pas complètement exempt de tares névropathiques : un être aussi complexe n’est guère facile à dissocier; mais, à mesure que nous avancions, dans l’appro-

fondissement de sa pensée philosophique, parallèlement à l’évolution de son tempérament, nous le sentions mieux des nôtres, plus proche de notre conception de la connexité de l’œuvre et de la santé, l’une influant sur l’autre chez les êtres ultra-sensibles. C’est à ce titre de précurseur qu’il nous a paru devoir retenir notre attention et trouver ici sa place.

ADDENDA

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