Pensées de M. de B
existence, lorsque tous les instants sont des souffrances et que l’espoir de changer d’état est détruit. C’est, en ce cas, l’âme qui est dégoûtée de son corps, qui ne la sert plus, importunée et fatiguée par cette machine délabrée qui l’occupe malgré elle, et ne lui envoie plus que des impressions pénibles, tristes, décourageantes, qu’elle ne se sent plus la force de changer ni de détruire. Comment se fait-il que l’âme tombe dans cet abattement, cette misère, par certaines modifications organiques, dont il lui est impossible de se dégager par sa force propre, tandis que dans d’autres altérations de sa machine,
l’âme se sent tout entière et capable de faire taire le corps?... Celui qui pourrait assigner les conditions de ces deux états, connaîtrait à fond la nature humaine (1 ) . »
Lorsque l’individu est « tombé dans une sorte de langueur et d’anéantissement inexprimable », son âme, « dénuée de toute force, même de réaction, est comme fondue et identifiée avec la machine organique qui est toute souffrance, toute tristesse ». Dans certains états nerveux, il n’y a de souffrance dans aucune partie déterminée du corps, et cependant l’âme souffre; elle est triste jusqu’à la mort , par suite d’impressions qui ne viennent que de son corps.
Quel remède à cela? Il n’en est qu’un et encore