‹ Médecins amateursChapitre 92 sur 96 · L’idée, comme on voit, ne date pas d’hier · texte numérisé non relu

L’idée, comme on voit, ne date pas d’hier

« Que le soldat n’achète point de vin : celui qu’on lui vend n’est autre chose qu’une décoction de quelques fruits rouges avec de l’eau-de-vie, et lui donne des coliques affreuses : la bière est ce qui lui vaut le mieux.

« D’où vient une si grande quantité d’épileptiques dans les troupes? On devrait en chercher la cause. Il n’y a point de goutte et très peu de petite vérole. La raison de l’une est, je crois, qu’elle se place dans les articulations et qu’elles sont toutes en mouvement, qu’elle ne peut pas s’y établir. On devrait réfléchir sur les deux objets, et cela serait même utile pour ce qui n’est pas soldat. Presque point de rhumes, et moins de malades encore, dans la cavalerie que dans l’infanterie, parce que l’odeur de l’écurie est saine, de même que le fumier, lorsqu’il n’est pas vieux : cela est singulier mais cela est vrai.

« Mon régime de corps et d’esprit, mes logements, mes vêtements, feront certainement éviter beaucoup de maladies; mais lorsque deux ou trois fléaux se joignent l’un à l’autre, il faut avoir recours à des praticiens, à qui je ne ferai pas même le tort de donner le nom de médecins, qui est toujours alarmant. Je voudrais que, de même que le capitaine, le père, le gouverneur, le législateur, ne sont bons que lorsqu’ils préviennent les crimes, et point du tout lorsqu’ils les punissent, puisque cela est très

Page 1