II PRÉFACE
et, au fond, si superstitieuse et si dépravée, et à montrer qu'en dépit de la grandeur dbnt il s'environnait, le toutpuissant monarque n'a pas toujours réussi à nous cacher l'extrême faiblesse de l'homme et ses humiliantes infirmités.
Notre but a donc été de résumer dans ces pages, non seulement ce qui concernait la thérapeutique, mais aussi de faire voir les effets terribles de la superstition, effets terribles en ce sens qu'ils enfantaient des pratiques abominables, telles que les messes noires, les Évangiles sataniques, et bien d'autres encore. Enfin, nous nous sommes efforcé d'étudier les divers degrés de criminalité depuis les empoisonnements j usqu'aux sacrifices rituels des enfants en tenant scrupuleusement compte de la corruption des mœurs de cette société. L'historien,
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en efifet, trouve toujours à exhumer un fait inconnu, à souligner un détail, à préciser une origine, en un mot peut à découvrir d'autres sources de vérités à côté de celles qui se tarissent.
C'est qu'il y a, dans cette curieuse époque tant de fois explorée et qui cependant n'a jamais été entièrement fouillée, des parties de l'histoire demeurées incomplètes, mystérieuses. Aussi n'avons-nous pas craint de consacrer deux chapitres à la mort de Madame et de revenir sur l'opinion de Littré que nous nous sommes permis de contredire avec le témoignage formel de documents médicaux apportés à l'appui de nos assertions. Nous avons usé de cette liberté sans croire manquer pour cela à la haute déférence due à la mémoire de l'illustre philologue.
iV PRÉFACE
De même, Molière, nous a longuement arrêté, parce qu'il est venu à point nommé pour exercer sa puissante ironie sur les médecins du xvii* siècle. Et quand on songe aux absurdités qui furent alors débitées et écrites, on comprend que le grand poète ait irrévérencieusement traité la médecine de son temps et qu'il n'ait pas craint de lui porter des coups violents chaque fois que son âme généreuse se trouvait en contact avec la vénalité, la grossière ignorance des charlatans en vogue de la Cour.
En somme, nous avons essayé de mettre en lumière les causes originelles des erreurs scientifiques, médicales et philosophiques dans lesquelles le xvii* siècle a été plongé par sa croyance aveugle en Aristote et en Galien. Ces doctrines, dont les Pères de l'Eglise se sont faits