‹ MédéeChapitre 15 sur 90 · ACTE T · texte numérisé non relu

ACTE T

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Malheur !

Elle se dresse au sommet de la montagne, de derrière une roche; seule, elle est lumineuse dans l'obscurité; et, vêtue d'écarlate et d'or, elle ouvre pou à peu de longs bras d'où pendent des voiles noirs. — Elle semble, dans 1 haleine rouge du mont, un colossal papillon de nuit, formidable comme un aigle, — ou un vampire aux ailes étendues.

Seule dans tout le ciel j'ouvre et surprends l'augure De la catastrophe, aigle à l'énorme envergure!

Et l'épouvantement Tombe comme un duvet du moindre battement

De ma grande aile obscure.

L'Empuse des ravins pleins de rauques querelles Croit voir l'oiseau de Zeus, lourd de foudre et de grêles,

Ou la chauve-souris D'IIadès, semant la fièvre et les baumes pourris

Des mares pestilentielles?

Quand surviendra l'effet de mes volontés fortes L'éploîment de mon ombre avec ses griffes tories

De crimes ou de remords, Sera le vaste deuil planant sur tous les morVs

Et sur toute? les mortes!

LES JEUNES FEMMES A vcix basse, courbées, sans oser se retourner vers Méd'

Celui qui vit, au bord du Fleuve, Passer, spectre, Hécube la veuve Ou Niobé qui se voilait, Eut moins de sacrée épouvante Que ne m'en causa la vivante Qui tout à riieure, là, parlait, Et sous sa vaste voix qui tombe Mon âme est comme une colombe Qui se sent prise en un filet.

Médée est descendue entre les roches, tantôt visible, tantôt disparaissant; elle s'accoude, elle se penche avec des bras lentement, tenùrcmcnt tordus. — Le jour reparaît peu à peu. Mcdée est plus doucement lumineuse.

Quand Jason parut sur la nef sonore, Porté par le flot doucement grondant,

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