ACTE I
Je. pâmai de délice et crus qu'à l'occident Se levait une aurore.
Pour le charme propice ou le charme qui nuit, Sous le vol des stryges acerbes
Allez seules, au bord des marais de la nuit 0 cueilleuses! cueillir les herbes!
Je reste avec Jason pour l'amour de ses yeux! Au bord de ses chers yeux doux et pernicieux
J'ai cueilli des touffes de crimes; Des membres dispersés battent sur nos chemins... Mais je sens ses baisers à mes affreuses mains
Comme le pardon des victimes !
Elle descend encore; elle est debout, devant la porte de bronze.
Géantes de l'ancien cahos!
Aux mains pleines de bons fléaux!
i>pouvantables sœurs de la fille d'Hécate! Tisiphone hâtant, d'un fouet qui siffle et mord Le bétail des forfaits aux labours de la Mort; Toi, Mégère, emportant la ville scélérate Et le trône comme un enfant sous ton manteau,
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Et toi, la meilleure, Alecto, Dont la morsure a d'âpres rocs, dans son étaj,
Pareils aux dents d'un antre, Yovez ceci, démons terribles aux infjrats :
Une femme tient dans ses bras Le mari de mon cœur et les fds de mon vcntro!
LES JEUNES FILLES
Aux illustres amours Hélas ! qu'il est de peine.
Mes sœurs, filons la laine En nos humbles séjours.
Tant d'amour ? trop de haine; Mieux vaut la paix toujours.
LES VIEILLES FEMMES B'approchant de la nourrice qui est demource prosternée vers le temple
Vieille, dis à Médée au grand cœur, qu'elle vienne ;
Je la plains et voudrais lui parler, femme ancienne
Dont les yeux ont souvent pleuré.
ACTB I 25
LA. NOURRICE
Quand on la trouble en sa douleur elle est pareille. Roulant les yeux, h la lionne qu'on réveille. Cependant je t'obéirai.
Elle se lève et monte vers Médce, tandis que parlent les jeunes femmes corinthiennes et que le jour revient tout à fait.
LES JEUNES FEMMES
Souvent l'époux trahit;
Mais, sans douleurs trop vastes,
Celles des humbles castes
Ont l'auguste profit
De leurs tendresses chastes :
Le berceau près du lit.
Sur la scène, et s'avançant appuyde h l'cpaule do la nourrice. — Le jour réel a reparu.
Soit, je leur parlerai. — Mais toi, d'abord, nourrice. Réponds. Lorsque Creuse (oh ! que ce nom périsse !)
Venait parmi les chants du cortège fleuri, Quelle robe avait-elle eu suivant son mari ?
LA NOURRICE
Je ne sais.
Rose ou blanche ? Enfin, lui seyait-elle, Cette robe ? Creuse était belle ?
LA NOURRICE
Non...
MÉDÉB
Be]l( Et quel voile devant la pudeur de ses yeux ?
Un voile léger, d'or.