ACTE l
En de plus afïreux maux, me seriez-vous fidèles?
LES JEUNES FILLES
Nous pleurerons, si tu pleures...
Vous pleurerez.
Après un silence
De tous les êtres par des êtres engendrés La femme, je le crois, est le plus misérable. D'abord, d'or ou d'argent, de nefs, de sol arable, (Ou d'un prix plus atroce en de sanglants accords!) Il lui faut acheter le maître de son corps, L'époux. Choix périlleux. Erreurs définitives. Car un mauvais renom suit les tristes captives De l'hymen, qu'en chassa l'injure des dégoûtsj Et l'épouse ne peut répudier l'époux.
Sans doute le cœur frais des vierges s'intéresse
A la surprise d'or de la neuve caresse ;
Et la femme se plaît à vivre et c'est charmant
Lorsque la paix d'un double et tendre assentiment
Fait les repas joyeux et claire la demeure
Et doux, le lit ! Sinon, il vaut mieux qu'elle meure.
Quand les hommes sont las des plaisirs trop permis
Ils ont les jeux, les vieux et les jeunes amis ;
Ils boivent aux festins sans encourir de blâme...
Mais la femme vit seule, et pour une seule âme !
Ils s'arment pour la guerre et tentent les périls
Tandis que nous filons a heureuses », disent-ils...
Violente
Le fardeau grossissant que notre flanc balance,
Plus lourd qu'un bouclier, blesse autant que la lance,
Et la femme, en l'effort où son ventre se fend,
Plus qu'eux à faire un mort, risque, à faire un vivant!
Les femmes qui l'approuvent, se rapprochent encore. Elle baisse la voix, elle se rassied.
Mais, ô tristes, voici la plus infortunée! Vous habitez la ville où votre mère est née; Vieille, tu te souviens de tout ce que tu vois, Si l'on te parle mal, tu reconnais la voix Et c'est une douceur doiit s'émousse l'offense.