ACTE II
Mais non, ce mot n'en dit pas assez, il te vante !
Pompeux, royal, charmant, fier des espoirs qu'invente
Le nuptial désir d'un bonheur inconnu,
Il est venu vers moi, le traître, il est venu !
Et je ne sais quoi s'offre avec plus d'abondance
De son ignominie ou de son impudence.
Mais je me plains à tort. Tu fis bien de venir !
Les rancœurs que mou sein ne peut plus contenir,
Je m'en allégerai sur tes lauriers sublimes !
Et je crîrai si haut qu'on entendra tes crimes
Des sables de Colchide aux écueils samiens.
JASON
Eh! de quels crimes donc m'accuses-tu?
Des miens !
— Pour qu'un bel étranger triomphât sans alarmes Des mcuglementsdefeu, des champsauxmoissons d'armes, Du rôdeur tortueux qui gardait la Toison, J'ai renié le Temple et trahi la Maison. Aétès au cher cœur, dont la vieillesse tendre
HEOEE
Souriait de me voir et riait de m'entendre.
Je l'ai laissé ! Comme il nous poursuivait, mon fer
Dispersa par morceaux la fraternelle chair
Afin que s'attardât de repère en repère
Au meurtre épars du fils le désespoir du père !
Et dans ton lolchos, sous ton cher Péliou,
Pour la sécurité de ta rébellion,
On a vu, grâce au bon conseil qui les décide,
Des innocentes sœurs la troupe parricide
Faire tourner, la manche au coude, dans le sang
De livides hideurs passant et repassant !
JASON
C'est pour ces crimes-là que la Grèce t'abhorre !
MEDEB
C'est par ces crimes-là que la Grèce t'honore !
JASON
Qui n'y mit point la main n'en porte pas le faix.