‹ MédéeChapitre 45 sur 90 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Erynnis pourrait, daignant n'entendre;, Faire, en l'époux ingrat, soufïrir le père tendre...

JASON

Que parles-tu toujours d'ingratitude ! Assez ! Ton art me seconda, je le crois, je le sais. Mais ce n'est pas à toi que Jason, qu'on encense, S'il t'a dû sa grandeur, doit sa reconnaissance; Et pour me sembler pas de ma dette oublieux, Il me suffit, royal, de rendre grâce aux dieux.

Dis par quel dieu, hors moi, ta valeur fut guidée?

JASON

Cypris règne sur l'homme et les dieux et Médée ! Par le plaisir Iragile et ie rut souveraiû

Elle est la force en fleur et la grâce en airain; Ce qu'on pense accorder, c'est elle qui le donne, Ce qu'on pense vouloir, c'est elle qui l'ordonne ; Tu crois t'appartenir? non pas, tu te soumets; Et tu m'as bien servi, parce que tu m'aimais.

Parle encore, j'écoute et je suis étonnée.

JASON

Ton salaire de tout, c'est de t'être donnée !

Ce n'est pas moi que du plus hideux des dragons

Et des taureaux et des champs en guerriers iéconds

Et d'Aetès suivant, pareil au loup vorace,

La piste de son or dans le sang de sa race.

Tu sauvas ! c'est ton vœu de moi, c'est ton désir

Du héros qui te plut, Médée, et ton plaisir,

Et le premier hymen sous la lampe d'un astre!

Va-t'en de mon exil, monstre, et de mon désastre! Et tremble!

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