ACTE II
Mais, lâche, on se rira de ta rage éphémère !
(( Se venger, elle? non, elle est trop bonne mère! »
Et ceux-ci souffriront, sans gîtes, sans parents,
Moinsheureuxqu'autombeaudansleurs berceaux errants.
Donc, \ous mourrez, mes fils; c'est chose dite et faite.
0 plus horrible effort — Xoire Hécate, es-tu prête? —
A leur donner la nuit qu'à leur donner le jour!
N'importe ! et si Tardent soleil qui tour à tour
Dans l'or ou dans la pourpre éblouissante règne,
Ne veut pas voir l'atroce action, qu'il s'éteigne!
— Mais il brille, voyez, et l'heure est loin encor.
Donnez vos mains, vos bras, ailes au frêle essor,
Que je les baise! Ils oirt la peau tiède et si rose.
Vous serez blancs et froids. Votre père en est cause.
O cœur amer, ô cœur furieux, tu te fends
En pleurs de miel au souffle aimé de mes enfants!
I.es femmes du chœur s'approchent, par groupes, de Médée. Elles donnent des fleurs aux entants qui les donnent à Médée.
LES VIEILLES
Toujours en l'âme maternelle, Le plus fier courroux est lié d'amour j Tel un chaînon d'or retiendrait une aile D'aigle sauvage ou de vautour.
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LES JEUNES FILLES
Sous l'épine et la noire feuille Une fleur mortelle éclôt dans le bois ; Mais lorsqu'un enfant qui passe, la cueille,
C'est une rose entre ses doigts.
LES JEUNES FEMMES
Les gencives saignant de proie, La louve qui gronde en rongeant des os A ses petits loups qu'elle allaite et choie
Comme la brebis ses agneaux.
Les groupes agenouillés ou penchés environnent gracieusement, tendrement, Médée et les enfants
qu'elle caresse.
Jason sort du palais précédé par le gouverneur.
LE G0U\TERNEUR
Oui, j'ai peur, connaissant ce cœur fourbe et hautain, Qu'elle n'achève en deuil la pompe du festin ; Gagne au moins qu'elle reste en repos jusqu'à l'heure Où, les hôtes partis, en clora la demeure