LES VIEILLES FEMMES CORINTHIENNES
Quoi! n'avalt-cllc pas des fils?
LA SERVANTE
Elle en a deux Que Ton garde au palais, des jouets autour d'eux; Et l'on prend soin de leur enfance délicate. Mais elle rôde, horrible, aux creux autels d'Hécate, Seuil d'airain noir, mur d'âpres roches où, rampant, Le lierre dès le soir se détire en serpent.
LES JEUNES FILLES Avisant la femme vêtue de sombre, qui rêve, étendue sur les rochers, pareille à eux
Et quelle est celle-ci qui médite, accoudée Vers le lointain?
LA SERVANTE
C'est la nourrice de Médée.
Souvent l'étrange rêve à son pays natal...
Toutes s'approchent de la forme obscure et la considèrent curieusement, craintivement. Elle remue à peine, remue davantage, se soulève, se tourne, livide, triste, aux longues tresses blanchissantes.,. Les Corintliiennos et les servantes s'écartent, cellcs-liV vers la ville, celles-ci vers le palais, et formeront deux groupes attentifs, inclinés vers la forme mystérieuse, qui, san« les voir, parle d'abord, comme en rêve, d'une voix lointaine et déchirée.