ACTE III
JASON
Accourez tous, avec des leviers et des pioches !
Dos serviteurs arrivent en tumulte
Faites sauter ces murs et renversez ces roches,
Les serviteurs assaillent la porte
Vous n'êtes pas assez !
Vers le palais
D'autres !
Aux femmes :
Donnez l'éveil !
Mais à ce monent, comme d'elle-même, la plus haute roche et d'autres roches se détachent, s'éboulent, refoulant la troupe ruée, et l'on voit, vêtue d'un manteau de pourpre royale, assise en un char magnifique, ses enfants sur ses genoux, somptueuse aussi, Médée parmi les guerriers d'Egée, les lances dardées et luisantes, et autour d'elle, sur elle, le matin est si rouge qu'elle semble trioni» plier au milieu d'une apothéose sanglante.
Jason n'atteindra pas la fille du Soleil !
JASON ébloui d'horrear
Elle fuit ! 0 Médée, ô monstre ! s'il te reste De l'âme humaine en ta divinité funeste, N'emporte pas les corps de mes enfants chéris ! Que je puisse du moins, de mes doigts attendris, Coucher dans le tombeau les fils de mes entrailles.
Je leur ferai de plus illustres funérailles !
Toi, sache ton destin. Sans serviteurs ni chefs.
Seul, pauvre, errant, réduit h radouber les nefs,
Tu tomberas sous un effondrement de planches !
Les planches de la nef chantante, aux voiles blanches,
Qui te porta naguère, avec sa cargaison
De crimes, vers l'opprobe et vers la trahison.
Mais moi dans la splendeur du soleil qui me dore
Je monte à l'horizon comme une horrible aurore !