‹ Medee tragedie en trois actes et en versChapitre 13 sur 56 · MÉDÉE, MÉLANTHE, LYCAON · texte numérisé non relu

MÉDÉE, MÉLANTHE, LYCAON

MÉDÉE

Orphée !... un chant de joie !... un doux chant d’hyménée! . . . Naguère, aussi, naguère à l’autel amenée,

Je crus... et maintenant... O Jason ! cher Jason !

Es-tu mort ? as-tu fui ? Quelque sombre prison Te retient-elle au loin ? Où donc es-tu, mon maître ?

Où donc es-tu ?

MÉLANTHE, à sa mère.

Je suis bien las.

MÉDÉE , avec douleur.

Cher petit être !...

Tu me brises le cœur ! Pas d’abri ! pas d’appui !...

Ce rocher nu, voilà votre couche aujourd’hui !...

LYCAON

La faim nous affaiblit plus encor que la route.

MÉDÉE

Avec désespoir.

Ne pouvoir épuiser ses veines goutte à goutte,

MÉDÉE

Et leur dire : Prenez, buvez!... nourrissez-vous!

Avec résolution.

Du courage pour eux !

Aux enfouis.

Mettez-vous à genoux ;

Prenant aux pieds do la statue deux rameaux de suppliants.

Prenez ces deux rameaux ornés de bandelettes.

LYCAON

Pourquoi donc V

MÉDÉE

Pour paraître, hélas ! ce que vous êtes,

Des suppliants !

LYCAON

Et qui faudra-t-il supplier ?

Celle qui, dans ce temple, est encore à prier...

LYCAON

Que lui dirons-nous ?

MÉDÉE

Rien!... à votre seule vue,

Son âme, je le crois, doit se sentir émue :

Un jour d’hymen, quelle est la vierge de seize ans Qui ne s’attendrit pas sur de petits enfants?

Apercevant Creuse.

La voici.

Médée fait un pas en arrière.

LYCAON

Tu pars !...

MÉDÉE

Non, mais que votre détresse Sans nul appui d’abord à ses yeux apparaisse :

Pour des enfants tout seuls on a plus de pitié.

Elle se retire au fond.

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