AC T K I I
Mais l'amour de mes lils, mon intérêt pour vous,
La raison... me soutient!...
MÉDKE.
Quoi ! vous pensez à nous ?
JASON
Oui. Quel est votre sort? Le sort d’une indigente !
Vos fils n’ont pour soutien qu’une aumône outrageante, Vos jours sont un long deuil, vos nuits un long effroi,
Etde tant de malheurs, quelle est la cause? Moi.
>1 ÉDÉE.
Qu’importent ces tourments, si ces tourments s’apaisent Dès que vous êtes là?
JASON
Cependant ils me pèsent ;
D’autant plus qu’en vos maux je ne puis rien pour vous. Que l’implacable sort m’abat des mêmes coups, Qu’impuissant contre lui, je parais son complice.
Un tel rôle est honteux, et je veux qu’il finisse.
MÉOÉE.
Vous savez pour cela des moyens?
JASON
' Tout-puissants! .
Ah !
JASON
Tout dépend de vous !
Après un moment de silence.
Aimes-tu les enfants?
M É D É E , avec passion .
Si je les aime !
JASON
Eh bien, prouvc-le donc!
MÉDKE, vivement.
De grâce,
Comment ?
M t. trÉ K.
JASON. - -i
En terminant leur honte et leur disgrâce !
Comment?
JASON
En t’immolant aujourd'hui pour leur bien MÉDÉE.
Mais Comment donc ! comment !
JASON
En brisant un lien
Qu’à l’égal des forfaits le ciel semble maudire,
Auquel il attacha le crime et le délire,
Qui contraint nos enfants à fuir, à mendier...
MÉDÉE
C’est?...
JASON
Notre mariage !
MÉDÉE, froidement.
Ah’ me répudier!
JASON
Je le pourrais, -nos lois n’en font pas un parjure ; Mais votre dévoûment repousse celte injure :
Je veux qu’un désir libre, un mutuel effort Jusqu’en nos nœuds brisés atteste notre accord.
MÉDÉE
Mais je ne saisis pas, bien que je m’en efforce,
Ce que nous gagnerons à cet heureux divorce.
JASON
Une fois désunis, nous sommes libres.
MÉDÉE
Bien...
Mais après?
x JASON.
Vous pouvez dans un nouveau lien...