ACTE I
Pardonne, ô déesse ! pardonne,
Si je déserte dans ce jour,
Pour la maternelle Latone,
Ta jeune et virginale cour.
L’amour parle, l’amour m’entraîne,
L’amour, dont la loi souveraine Fait tout plier, excepté toi !
Ta mère a connu sa puissance,
Le monde lui doit la naissance !
Pardonne-moi !... pardonne-moi !...
La musique s'arrête, et Creuse s’adresse à sa nourrice.
Chère nourrice, mets aux pieds de la statue La fleur de mes cheveux par le fer abattue,
Et nous, au temple même, allons, avec nos vœux,
Déposer les fruits mûrs et les pains savoureux.
Elles entrent dans le temple, au bruit de la musique qui recommence doucement et qui s'éteint peu à peu.