‹ Médiations sur les épîtres et les évangiles des dimanches et des fêtesChapitre 15 sur 103 · CINQUIÈME DIMANCHE APR. L'EPIPHANIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME DIMANCHE APR. L'EPIPHANIE

L'idée principale de cette épttre est l'unité à laquelle tous les hommes sont appelés en Jésus* Christ, dont ils doiyent former le corps mystique ou rÉglise. Ils en deyiennent les membres par le baptême, et avec la grAce qu'il leur confère et qui aide leur bonne Volonté dans sa lutte contre r^îsme naturel, tendant à les diviser et à les opposer les uns aux autres, ils peuvent arriver à nrre de la même vie dans la paix en Jésus-Christ. Pour cela ils doivent avant tout accomplir les devoirs de la justice et de la BMséricorde, se supportant les uns les autres, et s'entre-pardonnant comme le Père céleste leur a pardonné. Mais ils ne seront foncièrement unis que par l'exercice de la charité, qui est le lien de la perfection ; d'abord parce que déjà ici-bas elle est le couronnement de toutes les vertus, complétant l'observation de la la loi par l'amour de Dieu et du prochain jusqu'au «acrifice de soi, jusqu'au dévouement de tout son itre; et ensuite parce que seule elle subsistera ins l'éternité entre Dieu et les âmes , et les âmes «Btre elles, quand la foi aura cessé par l'éviiesicBy Tespérance par la possession, et que Dieu sera tout en tous par l'amour : ce qui est la consommation de l'unité et du bonheur. Que si la diarilé de Jésus habite en vous avec lespril de «a parole, vous vous instruirez les uns les autres dans la sagesse , en participant par la foi à la

même doctrine. Vous vous édifierez mutuellement en chantant les louanges du Seigneur, exprimant en commun votre reconnaissance par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels; et, étant ainsi formés et soutenus par l'enseignement et le culte, vous vous efforcerez dans votre conduite de tout faire au nom de notre Seigneur Jésus- Christ, en rendant grâces à Dieu notre Père.

Jésus proposa au peuple cette parabole : !e royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé du bon grain dans son champ. Mais pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint, sema de l'ivraie et s'en alla. L'herbe ayant donc poussé et monté en épis, l'ivraie parut aussi. Alors les serviteurs du père de famille vinrent le trouver et lui dirent : Seigneur, n'avez -vous pas semé du bon grain dans votre champ, d'où vient donc qu'il y a de l'ivraie? Il leur répondit : C'est mon ennemi qui l'y 8 semée. .Et ses serviteurs lui dirent : Voulez- ♦ vous que nous allions l'arracher? Non, leui répondit-il, de peur qu*en arrachant Fivrai^

VOUS ne déraciniez aussi le bon grain. Laissez croître l'un et l'autre jusqu'à la moisson, et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : Arrachez premièrement Fivraie et liez-la en bottes pour la brûler : puis amassez le blé dans mon grenier.

Jésus dit ailleurs (Luc, "Vin, 11) : « La semence est la parole de Dieu; le monde est le champ où elle est semée, et celui qui sème la bonne semence est le Fils de l'Homme. » La semence mauvaise ou l'ivraie est donc toute parole qui ne produit point les mêmes fruits que la parole divine; donc des fruits du mal qui ressemblent par le dehors à ceux du bien jusqu'à ce qu'ils soient mûrs. C'est à la moisson seulement qu'on peut les séparer utilement. L'ennemi du père de famille répand au milieu du bon grain une mauvaise graine qui lui est semblable pour le gâter et Tétouffer, ou autrement il n'y a pas une vertu que le démon ne s'efforce de pervertir par le venin qu'il y mêle en secret. Ainsi, il cherche à corrompre la foi par les doutes, par les hérésies, par les opinions erronées ou téméraires, par les superstitions, le fanatisme ou l'intolérance. H jette dans la piété les semences du pharisaïsme ou du relâchement, dn rigorisme ou des accommodements avec l'esprit

du monde. Il gâte la charité par la vaine gloire, la justice propre, le désir de commander, on la recherche de soi-même plus que de la gloire de Dieu ou du bien du prochain. Il fait tout cela la nuit, c'est-k-dire en se cachant pour n*être point vu, et quand dorment les serviteurs du père de fanûlle qui devraient garder son champ. Tel est le triste résultat de la négligence ou de l'incurie des parents, des maîtres, des directeurs des aines et des âmes elles-mêmes, s'endormant dans une fausse sécurité, et n'accomplissant pas la parole de Jésus- Christ, qui recommande de veiller et de prier pour ne pas entrer en tentation. Cependant vient le moment oii l'ivraie se montre par ses fruits. Alors ceux qui l'ont laissé semer et croître jusque-là voudraient, par un zèle exagéré ou imprudent, Tarracher tout de suite, au risque d'enlever le bon grain avec le mauvais; car ils sont mêlés ensemble. Le maître veut, au contraire, qu'on les laisse mûrir jusqu'à la moisson, où s'opérera la séparation définitive : et, en effet, il y aurait eu plus de pertes dans un arrachement prématuré, à cause du bon grain gâté, qu'il n'y en aura par le dommage apporté au bon par le mauvais, croissant jusqu'au bout en commun. La parabole nous donne la leçon et l'exemple de la patience intelligente, qui sait tolérer le mal et ceux qui le commettent dans une certaine mesure, soit pour ne

pas smener Tm mal pins grand , soit dans l'espoir de changer ou de guérir celui qui existe. C'est le gonremement de la Providence en ce monde, qui permet beaucoup de choses contraires à la loi et à ses desseins par respect de la liberté qu'elle a donnée anx hommes, pour leur accorder le temps de s'amender et de revenir à bien, ou enfin pour lasser le mal s'épuiser par son cours et en luinême^ sûr que le jour de la réparation de la justice et de Tordre arrivera en^son temps. Ainsi agit l'Église avec les pécheurs. Elle use de la plus grande indulgence à leur égard, ne rompant point le roseau brisé, n'éteignant pas la mèche qui fume encore. Ainsi faut-il agir dans l'éducation de l'enfance, où l'ivraie est toujours mêlée au bon grain. On est souvent obligé de tolérer des défauts, qu'on ne pourrait enlever sans nuire à des qualités qui y sont impliquées. Dans l'ordre moral , dit saint Chrysostome, le mauvais grain peut devenir bon par la possibilité du repentir, de la conversion et du retour à Dieu. En outre, dit saint Jérôme, en ce monde les bons encore faibles ont besoin d'être i&êlés aux méchants qui les rendent meilleurs en exerçant leur vertu , et c'est pourquoi Dieu les tolère.

PRATIQUE

Gardons-nous bien de vouloir réparer par un «èle

du monde. Il gâte la charité par la vaine gloire, la justice propre, le désir de commander, ou la recherche de soi-même plus que de la gloire de Dieu ou du bien du prochain. Il fait tout cela la nuit, c'est-à-dire en se cachant pour n*êlre point vu, et quand dorment les serviteurs du père de famille qui devraient garder son champ. Tel est le triste résultat de la négligence ou de l'incurie des parents, des maîtres, des directeurs des aines et des âmes elles-mêmes, s'endormant dans une fausse sécurité, et n'accomplissant pas la parole de Jésus- Christ, qui recommande de veiller et de prier pour ne pas entrer en tentation. Cependant vient le moment où l'ivraie se montre par ses fruits. Alors ceux qui l'ont laissé semer et croître jusque-là voudraient, par un zèle exagéré ou imprudent, l'arracher tout de suite, au risque d'enlever le bon grain avec le mauvais ; car ils sont mêlés ensemble. Le maître veut, au contraire, qu'on les laisse mûrir jusqu'à là moisson, où s'opérera la séparation définitive : et, en effet, il y aurait eu plus de pertes dans un arrachement prématuré, à cause du bon grain gâté, qu'il n'y en aura par le dommage apporté au bon par le mauvais, croissant jusqu'au bout en commun. La parabole nous donne la leçon et l'exemple de la patience intelligente, qui sait tolérer le mal et ceux qui le commettent dans une certaine mesure, soit pour ne

{AS «mener xm mal plm grand , soit dans l'espoir de changer on de guérir celai qni existe. C'est le gouvernement de la Providence en ce mosde, qui permet beaucoup de choses contraires à la loi et à ses desseins par respect de la liberté qu'elle a donnée aux hommes, pour leur accorder le temps de s'amender et de revenir à bien, ou enfin pour laisser le mal s'épuiser par son cours et en luimême, sûr que le jonr de la réparation de la justice et de Tordre arrivera en^son temps. Ainsi agit l'Église avec les pécheurs. Elle use de la plus grande indulgence à leur égard, ne rompant point le roseau brisé, n'éteignant pas la mèche qui fume encore. Ainsi faut-il agir dans l'éducation de l'enfance, où l'ivraie est toujours mêlée au bon grain. On est souvent obligé de tolérer des défauts, qu'on ne pourrait enlever sans nuire à des qualités qui y sont impliquées. Dans Tordre moral , dit saint Chrysostome, le mauvais grain peut devenir bon par la possibilité du repentir, de la conversion et du retour à Dieu. En outre, dit saint Jérôme, en ce monde les bons encore faibles ont besoin d'être îûêlés aux méchants qui les rendent meilleurs en exerçant leur vertu , et c'est pourquoi Dieu les tolère.

Gardons-nous bien de vouloir réparer par un zèle

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