‹ Médiations sur les épîtres et les évangiles des dimanches et des fêtesChapitre 33 sur 103 · ACTES DES APOTRES, X · texte numérisé non relu

ACTES DES APOTRES, X

Alors Pierre prenant la parole dit : Vous savez que la Parole a été annoncée dans toute la Judée, en commançant par la Galilée, après • le baptême que Jean a prêché. Vous avez entendu parler de Jésus de Nazareth, que Dieu a oint de son esprit et revêtu de sa force, qui a passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient sous la puissance du diable, parce que Dieu était avec lui. Nous sommes témoins de toutes les choses qu'il a faites dans la Judée et à Jérusalem, où on Ta fait mourir en l'attachant à une croix. Mais Dieu l'a ressuscité le troisième jour, et il a voulu qu'il se fit voir, non à tout le peuple, mais à des témoins choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui, après qu'il a été ressuscité d'entre les morts. Et il nous a commandé de prêcher au peuple et d'attester que c'est lui qui a été établi de Dieu pour être le juge des vivants et des

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tmoTti, Tous les prophètes lui rendentce témoil^iage, qm tons, ceux qui croient en lui reçoiîrenl par son nom la rémission de leurs péchés.

^ L'Église nous &it lire aujourd'hui les paroles issées par Pierre au centurion Corneille et à parents et amis^ tous païens , mais qui furent s de la grâce à cause de leur pieté et de bonnes œuvres : ce qui attira sur eux TeSudu Saint-Esprit et le bienfait du baptême, m de plus simple que cette prédication , qui txpose dans un récit presque historique les dogmes principaux du christianisme, la mission de Jésas de Kazajrâfli oint de TEsprit-Saint et de la vertu d'en lant, ses bienfaits et ses miracles dans toute la Iodée, dont ses apôtres ont été témoins; sa mort Ht k croix, sa résorrection qu'ils affirment, }aisqa'ils Tout ?u vivant après sa mort et ont vécu Ivec lui; la mission qu'il leur a dcmnée d'enseigner sa doctrine à toutes les nations, leur annonçant qull a été établi le juge des vivants et des morts, etc[ue, couformément à la parole des prophètes, les pédiés seront remis à ceux qui croiront en son Btm. Repassons donc en notre esprit par la méditation de ee jour ces mérités fondamentales de la fdigîoiiy dtibt Tannoace a touché si profondément le cfieur de Corneille et de ceux qui l'entouraient,

et surtout la résurrection du Sauveur, qui est comme le centre de tous les dogmes, raboutissaot de toutes les prophéties, et le principe de toutes Iq^ grâces. Et comme il est dit que quand Pierre ent cessé de parler, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui avaient entendu son discours, espérons aussi qu'en méditant ces mêmes paroles du priûce des apôtres et les recevant dans notre âme avôC une foi vive en la vertu du nom de Jésus-Christ qu'elles manifestent, nous attirerons aussi en nous les dons de TEsprit-Saint, qui nous rendra capable de parler la langue du ciel et de glorifier Dieu.

Ce jour-là, deux des disciples de Jésus allaient à un bourg nommé Emmaûs, éloigné de soixante stades de Jérusalem, et ils s'entretenaient de tout ce qui venait d'arriver. Or, pendant quHs conversaient et raisonnaient ensemble, Jésus lui-même s'approcha et se mit à marcher àveC eux. Mais leurs yeux étaient comme fermés, en sorte qu'ils ne le reconnaissaient point. Il leur dit : De quoi vous entretenez-vous ainsi en marchant, et pourquoi êtes-vous tristes? L'uû d'eux, nommé Cléophas, lui répondit : Êtes-

VOUS si étranger dans Jérusalem, que vous ne sachiez point ce qui s'y est passé ces jours-ciî It quoi? leur dit-il. Ils lui répondirent : Tout ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui a été un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et de quelle manière les princes des prêtres et nos ffîagistrafs l'ont livré pour être condamné à mort et l'ont crucifié. Or, nous espérions que ce serait lui qui rachèterait Israël, et cependant voilà le troisième jour écoulé depuis que ces choses sont arrivées. Il est vrai que quelques iemmes, de celles qui étaient avec nous, nous ont effrayés. Car ayant été avant le jour à son sépulcre et n'y ayant point trouvé son corps, elles sont venues dire qu'elles ont vu des anges quiafiirment qu'il est vivant. Quelques-uns des nôtres sont allés aussi au sépulcre, et ont trouvé les choses telles que les femmes les avaient rapportées, mais pour lui, elles ne l'ont pas vu. Alors il leur dit : 0 insensés, dont le cœur est tardif à croire ce que les prophètes ont annoncé, ne fallait-il pas que le Christ souffrît toutes ces choses et qu'il entrât ainsi dans sa gloire? Puis,

commençant pmr Moïse, et ensuite par tous kê prophètes , il leur expliquait ce qui avait él6 ^it de iui dans les Écrittires. Lorsqu'ils fureal près du bour^ où ils allaient, il lit semblsot d'aller plus loin. Mais ils le retinrent en lui disant : Restez avec ih)us, parce qu'il est tard, d le jour est d^ sur son déclin. U entra doœ av^ eux; mais, comme ils étaient à tabte, 8 prit le pain, le bénit, le rompit et le leur donna. Aussitôt leurs yeux s'mivrirent et ils le reconnurent; mais il disparut à leurs regards. Ha se dirent alors Tun à l'autre : notre cœur n'était* il pas tout brûlant, pendant qu'il nous pariatt sur la route et nous expliquait les Écritures? ft se levant à l'heure même, ils retournèrent à Jérusalem et trouvèrent les onze apôtres et cettx qui dâneuraient avec eux assemblés, qui leur dirent : le Seigneur est réellement ressuscité et il a apparu à Simon. Et ils racontèrent euxmêmes ce qui leur était arrivé «ur la route, et comment ils l'avaî^it reconnu à la fraction du pain.

Nouveau témoignage en faveur de la résurrection du Sauveur I Deux de ses disciples l'ont vu.

Umm DB PAQUES* 271

bi «lU parlé, et ont Biasgé arec Im an bourg d^knmaûs. Ss ne l'ont pus reconnu d'abord, parce ||6 leurs yens étaient comme obscurcis par les iMtes de leur esprit et l'incertitude de leur cœur. & parole y qui les araît lahsés aveugles, bien fi'eUe eât édianffé leur ftme, quand il leur ex{^fuit le sens des Écritures, n'avait pu exciter leur M «n sa résurrection. Mais s'ils ne l'avaient point Hmmu en l'entendant parler, ils le reconnurent M aussitôt à la consécration et à la fraction du fm^ qu'il leur donna à manger, comme au jour 4ê Finstitution de reucharistie. C'est la vue et le g»6t du pain descendu du ciel, qui les convainquit èi la présence du Seigneur, et qu'ainsi il était nHiificité. Ils ont vu de leurs yeux en même temps fM par la mimducation de son corps ils l'ont reçu «t^enti dans leur cœur. Aigourd'hui encore, tant èà siècles après la résurrection du Sauveur, et foand les innombrables merveilles opérées dans le Bïende par sa doctrine affirment sa présence et tt puissance dans son Église, avec laquelle il a fKmiis d'être jusqu'à la consommation des siècles, Ija encofê des disciples d'Emmatis sur toutes kl veies du monde. Bs passent leur vie à s'entreteoif ^asemble de la vérité de la religion, de totttes les preuves qu'on en donne, des objecter qu'on leur oppose, et au milieu de cette cou* averse sans fin et qui n'aboutit pas, leur esprit

reste dans le doute et leur âme dans la tristesse, parce que leur foi est nulle ou faible. Ils rencontrent aussi une fois ou l'autre sur leur cheniiii Jésus qu'ils ne reconnaissent pas, et qui daigm les instruire soit paroles Écritures ou un bon liv» qui leur tombe sous la main , soit par les pi^ rôles édifiantes qu'ils entendent de temps à antm à l'église ou de la bouche d'un chrétien fidèle. Qs écoutent avec intérêt; leur cœur en est même échauffé au moment où la parole le pénètre. Mais cette impression s'efiace bientôt; cette ardeur s'éteint, et ils ne reconnaissent point le Sauveur qui leur parle. Oh! qu'ils aillent seulement jusqu'au bout, et qu'au moment où Jésus semble vouloir les quitter , parce que le jour baisse daaft leur âme à cause des ténèbres de leur incrédulité' qu'ils aient la bonne intention de le retenir, fût-ct même au titre d'étranger, et parce que sa parc^ les a touchés, lui offrant l'hospitalité chez eui^ afin de rester un peu plus de temps avec lui; et alors, s'ils ont le bonheur d'arriver, comme les disciples d'Emmaûs, à la fraction du pain du ciel> leurs yeux s'ouvriront , la lumière de la foi y entrera, et ils reconnaîtront Celui qui, après s'être immolé pour les racheter , peut seul leur rendre l'éternelle vie par l'alimentation divine de son corps et. de son sang. En un mot, beaucoup restent incrpyants et méconnaissent la divinité de

J&ns-Ghrist et de son Église , même en écoutant sa parole et en admirant TÉvangile, parce qalls en restent anx paroles, et ne vont pas jusqu'à la sainte coomiunion et à la confession qui y prépare. Ils parlent de Jésus-Christ et en entendent parler, mais ils ne vivent point avec hi, ils ne vivent point de lui^ et ne recevant pas le pain du ciel, ils ne participept pas substantidlement à la vie divine.

PRATIQUE

Qtie celui qui a le malheur de n'avoir point la foi, agisse comme le centurion CorDeille , que sa justice ^ ses bonnes œuvres rendaient agréable à Dieu. On arrive bientôt à croire à l'Évangile , quand on essaye ancèrement d'en pratiquer les vertus, et la grâce ne mancpe jamais à celui qui cherche là vérité et le i»eD avant tout. Que si une fois la grâce vous a mis axas le chemin du salut, oh ! qu'on aille courageuse- Bient jusqu'au bout, et on reconnaîtra le Dieu fait homme au sacrement de son amour.

FRiiRE.

Daignez, divin Jésus, rester avec nous par les effets du sacrement de votre amour, afin que, éclairés et fortifiés par les grâces qui coulent de cette source de lumière et de force , nous soyons tellement unis

à Yous ici-bas par lar pureté de nos moBurs et la linr* veur de notre dévotion cpie, en quittant la terre, nous puissions aller jouir avec vous d'une nouyelle vie dans le ciel !

fiPITRE (1 Jean, Y, 4-19)«

Toot ce qui est né de Dieu vainc le m<mde, et la victoire qui vainc le monde est notre fiù. Qoi est victorieux du monde» sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu? C'est ce même Jésus-Christ, qui est venu par Teau et le sang, non dans Teau seulement, mais dans Teau et le sang. Et c'est l*Esprît-Saint qui rend témoignage que le Christ est la vérité. Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Verbe et le Saint-Ssprit, et ces trois soDt un. Il y en a aussi trois qui rendent témoignage sur la terre, Fesprit, Feau et le sang, et ces trois sont un. Si nous recevons le témoignage des hommes, celui de Dieu est plus grand, et ce plus grand témoignage est celui que Dieu a rendu à son Fils. Celui qui croit au Fils de Dieu a le témoignage de Dieu en lui.

On nait de Dieu par le baptême et par la M :

par le baptême qui régénère Tâme en la purifiant de la tache du péché et lui transmettant la vie divine : par la foi, opérant par la charité et accomplissant les œuvres de Dieu, conmie Jésus le dit aux juifs qui revendiquaient le titre d'enfants de Dieu : Si vous étiez les enfants de Dieu, vous feriez les œuvres de Dieu ; mais vous êtes les fils du démon, parce que vous en faites les œuvres. (Jean, VIII, 44.) Et il est écrit ailleurs : Ceux-là sont les enfants de Dieu qui sont animés de son esprit. {Rom, y VIII, 14.) C'est par la foi que le monde est vaincu; c'est-à-dire que dans les chrétiens fidèles l'Esprit divin a triomphé de l'esprit mondain, et gouverne leur vie. Est-ce qu*il gouverne réellement la nôtre ? Et dans tout ce que nous faisons et disons , est-ce lui qui a la principale part? Sans doute, nous sommes nés de Dieu par la régénération du baptême. La vie divine nous a été communiquée ; mais elle peut mourir en nous par le péché , sinon la puissance de celte vie, au moins la jouissance du privilège des enfants de Dieu.

Les paroles suivantes, qui paraissent si mystérieuses à première vue , s'expliquent par la vertu du baptême, où il y â troi§ choses qui rendent témoignage ici-bas à la vérité et à la grâce de Jésus-Christ. Ces trois choses, qui en effet n'en îotX qu'une dans le sacrement de la régénération,

en sont les éléments nécessaires ^ à savoir Teau, qui est la matière du sacrement; TEsprit-Saint qui descend en elle avec ses dons par les paroles sacramentelles, et dans l'effusion du Saint-Esprit sont communiqués à cette eau les mérites du sang expiateur et propitiateur de la victime divine, immolée pour le salut du monde. Donc sur cette terre, parmi les hommes, la vie divine se «Bunifeste et se transmet par trois choses qui n*en sont qu'une et qui rendent témoignage à Jésus- Quisl, comme au ciel, dans Téternité, la vie infinie s'exerce par les trois personnes divines, le Père, le Fils et le Saint-Esprit , qui sont un seul Dieu. Or, le témoignage de la divinité est dans l'expression même de sa vie : au ciel, dans l'inefiable conmierce des trois personnalités divines: sur la terre , par l'esprit , l'eau et le sang , qui régénèrent l'âme humaine et la font participer à Péternelle vie par la grâce, au moyen de la foi en la divinité de Jésus-Christ, auquel le Père a rendu témoignage en l'appelant son Fils bien-aimé , le Fils en affirmant qu'il est un avec son Père, et le Saint-Esprit en descendant visiblement sur lui.

Sur le soir du même jour^ qui était le pre-

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278 DIMANCHE DE QITASIMODG.

mier de la semaine, les portes du liea où les disciples étaient assemblés étant fermées de peur des juifs, Jésus vint et se tint au milieu d'eux et leur dit : La paix soit avec vous. Ce qu'ayant dit, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples eurent donc une grande joie de voir le Seigneur. Alors il leur dit ime se^ conde fois : La paix soit avec vous. Gomine * mon Père m'a envoyé, je vous envoie. Ayant dit ces mots, il souffla sur eux et leur dit : Recevez le Saint-Esprit; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez^ et seroat retenus à c^ix à qui vous les retiendrez* Or Thomas, l'un des douze, appelé Didyme, n'était pa« avec eux, quand Jésus vint Les autres dîsciplet lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur répondit : Si je ne vois dans ses mains la trace des clous et si je ne mets mon doigt dans le trou des clous, et ma main dans la plaie de son côté, je ne le croirai point Huit jours après, les disciples étant encore dans le même lieu et Thomas avec eux^ Jésus vint, les portes étant fermées, et, se tenant au milieu d'eux, il leur dit : La paix soit avec tous. Il dit

eBsuHe à Tliomas : Portez ici votre doigt, et considérez mes mains. Approchez votre main, mettezJa dans mon c6lé, et ne soyez pas incrédule, mais fidèle. Thomas répondit et lui dit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dît : Vous avez cruf Thomas, parce que vous avez vu. Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu. Jésus . afoità la vue de ses disciples beaucoup d'autres miracles, qui ne sont point écrits dans ce livre. Mais ceux-ci sont écrits, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom.

Jésofi presque aussitôt après sa résurrection parait à l'improviste au milieu de ses disciples eafennés par la crainte des juifis; et bien qu'il soit revêtu de son corps vainqueur du tombeau et {Confié par la résurrection, comme il était sorti avec sa chair du sein virginal de Marie, dit le pape saint Grégoire , ainsi il entre dans le cénacle, quoique les portes en soient fermées. Et cependant cette chair incorruptible et palpable, il la montre ^ la donne à toucher à ses apôtres. Il vient leur apporter le premier fruit de sa mort et de sa lésanrection, la paix, la paix véritable, que le i&oode ne peut donner et qui surpasse tout sen-

timent. La paix soit avec vous, lôur dit-il, ea apparaissant au milieu d'eux. C'est la paix du ciel qu'il vient d'en faire descendre, en satisfaisant par son grand sacrifice à la justice divine, en payant la dette de l'humanité dont il a lavé les iniquités dans son sang, pour la réconcilier avec Dieu. Donc d'abord la paix de* Thomme avec Dieu , conclue par le Médiateur au prix de son sang, en sorte que la sentence de mort portée contre l'homme coupable a été effacée , la guerre entre Dieu et Thomme a cessé , et la voie du ciel est rouverte au genre humain avec la source des grâces et de l'éternelle vie. Puis la paix des hommes entre eux par l'infusion de l'amour divin ou de la charité, dont son esprit enflammera leur cœur ; et alors ils s'aimeront les uns les autres, comme Dieu les a aimés, c'est-à-dire jusqu'au sacrifice , avec désintéressement, sans retour sur soi-même, sans les compensations de la justice, sans les calculs de la prudence variables comme les intérêts et les circonstances. Il met la paix entre eux en leur apprenant à s'aimer les uns les autres comme il les a aimés, c'est-à-dire jusqu'à donner sa vie pour ce qu'on aime. (Jean, VÛI, 34). Enfin la paix avec soi-même , ou la paix de la conscience, qui naturellement s'accusant et se justifiant par des pensées contraires, ne trouve jamais en elle toute seule et par ses seules lumières

une règle infaillible du bien et du mal ni la sanction définitive et sans appel de ses jugements et de ses actes. Le Sauveur, en douant et investissant ses apôtres du pouvoir de remettre ou de retenir les péchés y de lier et de délier au ciel et sur la terre, donne aux coupables par Tinstitution dn sacrement de pénitence le moyen certain de reconnaître le mal en eux, de s'en délivrer, et de retrouver la paix véritable de la conscience par l'absolution du péché accordée au nom de Jésus- Ghrist par son ministre .

Cet évangile , qui nous apprend quelle est la véritable paix et d'où elle vient, nous montre aussi en quoi consiste la vraie foi, ou du moins la plus efficace pour le salut et le bonheur, la foi la plus parfaite. L'incrédulité de saint Thomas, qui pour le dire en passant a amené la preuve la plus fiappante de la résurrection de Jésus-Christ, puisqu'il n'y a cru qu'après avoir vu dans les mains du ressuscité les marques des clous et touché la plaie de son côté , cette incrédulité, qui ne céda qu'à l'évidence sensible , a fait dire à Notre- Seigneur, que les plus heureux sont ceux qui croient sans avoir vu, adhérant spontanément à la vertu de la parole qui les touche, à la grâce ^ les gagne ^ sans que leur raison ait besoin de discuter ni de rechercher les motifs de crédibilité, ce qui du reste ne lui est pas défendu.

28a DIMAI?GHE DE QUASIIfODO.

Dans une telle foi la part de Dieu est plas grande, parée que l'homme y met moins du sien, et c'est pourquoi elle est plus parfaite. Aussi Jésus^Ghrist répondait à cette femme qui s*écriait devant lui : c Heureuses les entrailles qui vous ont porté et les mamelles qui vous ont allaité : « Plus heureux • eeux qui écoutent la parole de Dieu et qui rac* « compÛssent 1 » Il disait encore dans le même sens aux juifs incrédules : « Si vous ne croyez point à ma parole^ croyez au moins à mes œuvres; » indiquant par là que la foi est d'autant plus excellente qu'elle est plus simple , produite immédiatement dans Tâme par l'efficacité de la parole divine et ayant moins besoin de raisonnements et de preuves pour s'étayer et se consolider. Bien que la foi amenée par les miracles soit très-bonne en ellemàoae , celle qui n'en a pas besoin, et qui ressort principalement de la grâce, est encore meilleure.

PRATIQUE

Attachons^nous par toute la puissance de notre intelligence et de notre volonté à TÉglise de Jésus- Christ, qui a reçu du divin Maître le dépôt de la parole étemelle, avec la grâce de le conserver pur et sans altération, Jésus-Christ lui ayant promis d'être avec elle jusqu'à la consommation des siècles. Nous ne plMsoBs à Dieu qu'en raison de notre foi.

PRIÈRE

Faites, Dieu tout-puissant, qu'après avoir célébré les fêtes consacrées au mystère de la pàque, nous en conservions Pesprit par votre grâce dans toutes les actions de notre vie. Par Notre-Seigneor, etc.

ÊPITRE (1 Pierre, II, 21-25),

Si en faisant le bien vous souffrez avec patience, c'est là ce qui est agréable à Dieu. Car c'est à quoi vous avez été appelés, parce que Jésus-Christ a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous marchiez sur ses traces, lui qui n'avait commis aucun péché, et de la bouche duquel aucune parole trompeuse n'est jamais sortie. Quand on l'a chargé d'injures, il n'a point répondu par des injures; quand on l'a maltraité, il n'a point fait de menaces; mais il s'est livré entre les mains de celui qui le jugeait injustement. C'est lui qui a porté nos péchés dans son corps sur la croii, afin que, étant morts au péché, nous vivions pour la justice. C'est par son sang que vous avez été guéris. Car vous étiez comme des brebis égarées; mais maintenant vous êtes retournés au Pasteur et à l'Évêque de vos âmes.

Nous lisons et relisons le livre de rimitation de Jésus-Christ^ nous radmirons, et dans l'édifi- •cation qu'il nous procure et les bons sentiments qu'il excite en notre cœur, nous nous promettons de suivre les préceptes et les exemples qui y sont contenus. Nous nous croyons un peu meilleurs et plus avancés dans le bien , si après avoir ressenti la joie que procure le goût de la vérité, nous nous sentons plus disposés à la réaliser. Cependant, qu'il survienne, au moment où nous y pensons le moins, une injustice ou ce que nous î^rdons conmie tel, un mauvais traitement , un procédé inconvenant, une parole injurieuse ou teulemeut désagréable, enfin un manque quelconque dans les égards que nous croyons nous être dus, le refus voulu ou non d'une naarque d'estime ou d'honneur, et nous, qui sommes appelés à suivre Jésus-Christ dans sa voie douloureuse jusqu'au Calvaire , et qui ne pouvons prendre part à sa gloire qu'en participant à ses souffrances, BOUS oublions les recommandations si persuasives de V Imitation, et le ressentiment du mal ixxùX nous nous croyons la victime absorbe toute Botre âme'. Nous avons encore quelque patience, et à grand'peine , si notre conscience nous convainc d'avoir mérité ce que nous souffrons, et de nous l'être attiré par notre faute. Mais elle BOUS échappe la plupart du temps , quand nous

886 PEUXIÈME-DMANCHE APRÈS PAQUES.

pensons être maltraités injustement. Et cepen?dant, même aux yeux de la raison, qui peut se dire parfaitement innocent? N'avons-nous poisi péché un jour ou l'autre , même sans en avoir gardé le souvenir? La justice perd-elle ses droite avec le temps, et ne peut-elle point ressaisir h coupable échappé à sa vindicte dans une autre occasion et sous une autre forme? Bien que m» conscience ne me reproche rien, dit saint Paul^ je ne suis pas innocent pour cela. (1 Cor., IV, 4^ Notre récrimination dans ces cas est encore plu% insensée aux yeux de Dieu ; car l'efficacité de Tespiation par le sacrifice de Jésus-Christ vient jus-» t£ment de ce qu'il a souffert innocent. S'il eût é\& coupable, son supplice eût été juste et n'aurail profité qu'à lui. La victime pure a seule une vertu expiatoire pour les autres. Le chrétien ne peut donc participer aux mérites salutaires du Rédempteur, qu'en souffrant avec lui et comme lui, c'està-dire sans ravoir mérité, ou en victime innocente. Pour imiter vraiment, complètement Jésus-Ghrjst , il ne lui suffit point de subir avec résignation un châtiment mérité, ce qui est déjà beaucoup. Car Jésus-Christ n'avait mérité aueuo châtiment, lui qui n'avait pas commis le pédié , et dont le mensonge ou la ruse n'avaient jamais souillé les lèvres. La perfection, le mérite infini du Sauveur est dans son sacrifice, qui donne sa

fie pour le coupable et snbit innocent et à sa place la p^e et la mort qu'il a méritées. C'est poar<quoi, ainsi qu'il l'a enseigné^ il Tainc le mal par le lûen (Rom. y XII, 21), et absmrbe la mort dans la victoire. (1 Cor., XV f 34.) Voilà ce que nous devons tâcher de faire suivant nos forces pour devenir véritablement chrétiens, pour imiter pleinement le £vin Maître, et c'est dans ce sens que l'Apôtre dit dans la même Épître : quelle gloire y a-t-il d'endurer de mauvais traitements pour vos fautes? Hais si en faisant le bien vous les souffrez avec patience , c'est là ce qui est agréable à Dieu; car c'est à quoi vous avez été appelés, puisque le Ghrîst a souffert pour nous , vous laissant son exemple «fin que vous suiviez ses traces.

STàNGILE selon saint JEAN, X, tt-lC

Je suis le bon pasteur. Le bon pasteur doime sa vie pour ses brebis. Mais le mercenaire, et celui qui n'est point le pasteur et à qui les brehU^'appartieBuent point, voyant venir le loup, abandonne les brebis et s'enfuit, et le loup les ravit et ditqperse le troupeau. Or, le mercenaire s'enfhît parce qu'il est le niercenaire et qu'il ne se niet point en peine des brebis. Moi, je suis

le bon pasteur, et je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connatt, et comme je connais mon Père, et je donne ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'aufï'es brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène aussi. Elles écouteront ma voix, et il n'y aura qu'un troupeau et un pasteur.

Vérité bien consolante et qui nous est présentée sous la forme la plus douce. Jésus est le bon pasteur, et nous sommes ses brebis. Il connaît ses brebis, et ses brebis le connaissent. A quels signes les reconnaît-il, et comment le reconnaissentelles?

P Les brebis fidèles écoutent la voix du pasteur. Cette voix se fait continuellement entendre dans rÉglise, qui est la bergerie du ciel sur la terre, par la prédication, par les instructions, parla lecture des saintes Écritures, par la direction particulière. Car non-seulement le pasteur parle pour toutes les brebis, mais encore il les appeUe chacune par leur nom, pour leur recommander en particulier ce qui peut leur être utile ou les préserver du mal. Sa voix se fait encore entendre au fond de leur cœur par le ministère des bons ang^ et les inspirations secrètes de la grâce.

2*" Les brebis suivent leur pasteur, parce qu'elles le connaisseut. U marche devant elles et elles suivent ses pas. C'est la pratique exacte et consciendense des préceptes et des conseils du divin Maître ; c'est l'observation pieuse des commandements de Dieu et de l'Église. Vous aimerez Dieu par-dessus tout et votre prochain comme vous-même. Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. Snpportez-vous l'un Tautre, et aidez-vous réciproquement à porter votre fardeau. Aimez-vous les nns les autres comme je vous ai aimés. Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. C'est l'imitation de Jésus-Christ par le renoncement au inonde et à soi-même, par l'acceptation et le portement de sa croix.

3' Elles fuient l'étranger parce qu'elles ne connaissent point sa voix. L'étranger est celui qui n'entre pas dans la bergerie par la porte, mais de tonte autre manière. C'est le voleur, le brigand qni n'y pénètre que pour la piller et la bouleverser. C'est le loup ravissant, qui cherche à enlever et à disperser les brebis. Satan ou l'ennemi de Dieu est le chef de ces brigands qui menacent sans cesse le bercail divin ou l'Église, tâchant de l'en- Yahir, de la ruiner par ses satellites, anges ou hommes, tlévoués à sa méchanceté, et qui lui servent d'instruments pour déchirer les brebis et les arracher à leur pasteur, s'efforçant de les séduire

par Tesprit du monde contraire à l'esprit de Jésns- Ghrist, les tentant par toutes les voies de la eoncurpiscence pour les éloigner ^e Dieu.

Les brebis reconnaissent le bon pasteur à ses bienfaits :

1^ C'est lui qui leur ouvre la porte. Je suis U porte^ dit Jésus-Christ; celui qui entre par moi sera sauvé ; il entrera, il sortira, et trouvera les pâturages. Jésus, en effet, nous a rouvert la porte du ciel gardée depuis le péché par Tépée flam* boyante de Fange. On ne va au Père que par lai| et il s'est appelé lui-même la voie, la vérité et la vie. Il a dit à ses disciples : Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie ; et c est par lui et en son nom que les pasteurs qu'il a établis sur la terre pour soigner son bercail en ouvrent la porte par le baptême qui régénère les âmes, par la pénitence qui les ressuscite, parl'exlrême-onction qui les fortifie dans le passage de la mort à la vie.

2** Le bon pasteur vient donner la nourriture aux brebis, afin qu'elles aient la vie et qu'elles l'aient plus abondante. Il la leur présente sons toutes les formes, en raison de leur faiblesse ou du degré de leur force, à savoir : le lait de Tinstniction familière, le pain plus solide de la parole. ^pe^. . trinale, le sel de la sagesse, leau qui jailiit|^iq(i£à la vie éternelle, et enfin le pain vivant désbefidjit du ciel, aliment au-dessus de toute subslant^^ 'id'

le sang divin de Jésus-Christ, qui est le vrai breu» Tige. Je lear donne la vie éternelle, dit le San* veur, et ils ne périront jamais.

d"" ËQfîn le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Il les défend contre le loup, contre ses tio* lenoes ou contre ses ruses. Jésus^Ghrist a passé M vie sur la terre à faire le bien et à combattre le BHtl. H a easeigné à tous la loi de Dieu et leB ineyens de l'accomplir; à tous ceux qui ont voulu l'éooater, il a promis son esprit et sa grâce, pour combattre le mal à leur tour et en triompher. U a véca parmi les hommes pour les instruire, les guérir, et les mettre dans la voie de la lumière et de la justice ; puis il est niort pour les racheter, et par l'effusion de son sang, qui a payé leur dette à la justice divine, il les a arrachés au joug de Sataui il les a délivrés et réconciliés avec Dieu. Bon pas* teor, il a donné sa vie pour ses brebis, et ses apôtres, ses disciples, tous ceux qu'il a établis sur la terre pour gouverner son troupeau ou quelquesunes de ses brebis, doivent faire ce qu*il a fait dans sa vie et par sa mort. De là la responsabilité et la sollicitude du pasteur des âmes, afin de les conduire dans la bonne voie, ou de les y ramener <iuand elles s'en écartent; de les nourrir de Taliment salutaire en les préservant de toute chose malsaine ou empoisonnée, et enfin de les protéger par sa vigilance et son courage contre l'ennemi *

qui tâche de les ravir par la violence ou la séduction, en les défendant^ s'il le faut, jusqu'au péril de ses jours et en donnant sa vie pour elles.

Les dernières paroles de cet évangile, qui sont celles de Notre-Seigneur, annoncent nettement l'unité de TÉglise en ce monde, et non pas la diversité des églises, comme le veulent les protestants. Le Sauveur, qui regarde tous les hommes comme ses brebis, puisqu'il est venu pour les sauver tous, ne veut pas qu'ils restent en d'autres bergeries. Il faut les ramener, dit-il, en leur annonçant ma parole, et quand ils l'auront entendue, il n'y aura plus qu'une bergerie et un pasteur. C'est ce que fait avec foi, avec constance, avec charité, et sans jamais se lasser, la véritable Église, l'Église une de Jésus-Christ, l'Église catholique, par la prédication dans toutes les parties du monde, par tous les moyens de la propagation de la foi ; et ceux qu'elle envoie ainsi porter la parole divine jusqu'aux extrémités de la terre pour ramener au bercail unique les brebis dispersées du Sauveur, ceux-là, à l'exemple dupasteur, donnent aussi leur vie et versent tout leur sang pour accomplir la parole de Jésus-Christ et compléter son troupeau.

PRATIQUE

• Brebis de Jésus-Christ, ne faisons rien dans le ber-

cail ou hors du bercail sans la permission du pasteur (pà est chargé de nourrir et de diriger notre âme ; et qoand le loup ravissant tourne autour d'elle, cherchant à la dévorer ou à la séduire, invoquons son se- Gûurs, et faisons exactement tout ce qu'il nous commandera pour nous sauver.

PRiiRE.

0 Dieu de bonté et de miséricorde, qui êtes mort sur la croix pour nous procurer la vie éternelle, daignez, lorsque nous sommes dans Taffliction, dans la souffrance et les tribulations, dans le feu de la tentation, dhignez ranimer notre courage et notre espélance, et faire briller à nos yeux la gloire que vous préparez dans le ciel à tous ceux qui vous restent attachés comme les brebis le sont à leur pasteur. Ne permettez pas que nous nous séparions jamais de TOUS, pour devenir la proie du loup ravissant.

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